Dès le 1er novembre, le prix du gazole pourrait baisser de 12 à 18 centimes par litre, selon l’estimation du gouvernement. Pour obtenir cette réduction, l’exécutif autorise la vente d’environ 10 millions de barils issus des stocks stratégiques. L’économie pourrait atteindre 9 euros sur un plein de 50 litres. Mais les stations indépendantes, dont certaines viennent de remplir leurs cuves au prix fort, risquent de ne pas pouvoir baisser leurs tarifs aussi vite qu’annoncé.
📌 L’essentiel en 6 points
- La vente d’environ 10 millions de barils de gazole est autorisée jusqu’au 31 janvier 2027.
- L’avantage obtenu doit être intégralement transmis aux clients, avec une répercussion à compter du 1er novembre.
- Le gouvernement espère une baisse de 12 à 18 centimes par litre de gazole, soit jusqu’à 9 euros sur un plein de 50 litres.
- Le fioul domestique est également concerné, mais le décret ne lui attribue aucune réduction chiffrée.
- Les stations indépendantes pourraient baisser leurs prix plus lentement, notamment lorsqu’elles détiennent encore du carburant acheté au prix fort.
- Elles devront néanmoins avoir répercuté la totalité de l’avantage reçu au plus tard le 31 mars 2027.
Ce que vous payez aujourd’hui
A ce jour, le gazole coûte en moyenne 2,387 euros le litre en France. Les stations les moins chères l’affichent à partir de 2,253 euros. Au prix moyen national, un plein de 50 litres revient à 119,35 euros. Le SP95-E10 se vend, lui, autour de 1,994 euros le litre, avec des tarifs qui descendent à 1,99 euro dans certaines enseignes. *
Le gazole continue pourtant de monter. Il coûtait environ 2,355 euros le litre une semaine plus tôt, soit 3 centimes de moins qu’aujourd’hui. Sur un mois, la hausse atteint environ 1 centime. La baisse attendue en novembre surviendrait donc après une nouvelle augmentation, et non dans un marché déjà orienté à la baisse.
Ce que prévoit le déstockage
Le décret publié au Journal officiel le 24 octobre autorise la vente d’un maximum de 1,6 million de mètres cubes de gazole, soit environ 10 millions de barils, jusqu’au 31 janvier 2027. Il s’agit d’un plafond de vente, pas d’un volume déjà écoulé.
Les stocks doivent être proposés aux opérateurs qui mettent les produits sur le marché, au coût moyen pondéré d’acquisition. L’avantage obtenu par rapport à la valeur de marché doit ensuite être intégralement répercuté jusqu’au client final. Le texte prévoit cette transmission à compter du 1er novembre, dans les meilleurs délais, avec la possibilité de l’anticiper avant même la réception de l’avantage. Il n’impose donc pas une baisse identique dans toutes les stations dès le premier jour.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également annoncé une baisse « des prix du gazole et du fioul domestique dès le 1er novembre pour tous les Français ». Le dispositif ne concerne effectivement pas que les automobilistes. Il vise aussi le fioul domestique, dont le prix approche les 2 euros le litre en cette fin octobre, ainsi que le pétrole lampant.
Pour aider les petites stations indépendantes rurales et les stations d’outre-mer à réduire rapidement leurs tarifs, l’État a aussi annoncé un soutien à la trésorerie. Il prend en charge les intérêts d’un prêt pouvant atteindre 5 000 euros par station éligible. Ce dispositif peut certes faciliter la transition, mais il ne remboursera pas les marges perdues.
Les cuves pleines au prix fort, un obstacle à la baisse
Les indépendants n’ont pas la puissance d’achat des grands réseaux. Ceux qui viennent de remplir leurs cuves au prix fort doivent encore vendre ce carburant. Réduire immédiatement le prix à la pompe peut alors absorber leur marge, voire les conduire à vendre à perte.
La baisse pourrait donc arriver à des rythmes différents selon les stations, leurs stocks et leurs approvisionnements. Le décret fixe toutefois une obligation. En effet, l’intégralité de l’avantage reçu doit avoir été répercutée aux clients au plus tard le 31 mars 2027. Cette échéance ne dispense toutefois pas les vendeurs de le transmettre « dans les meilleurs délais ».
Faut-il attendre pour commander son fioul ?
La question se pose aussi pour le chauffage. Le 26 octobre, Fioulmarket relevait un prix moyen de 1 919 euros pour 1 000 litres de fioul domestique, soit environ 1,92 euro le litre. La facture avait augmenté de 31 euros en une semaine.
Attendre novembre, c’est espérer bénéficier de la réduction liée au déstockage. Mais le décret ne garantit ni un montant précis pour le fioul ni une baisse immédiate chez tous les fournisseurs. Il impose de transmettre l’avantage obtenu, sans fixer de réduction uniforme en centimes par litre.
* Chiffres provenant du site : prix-du-carburant.com/

















