La start-up néerlandaise Equinox Ocean Turbines a validé en mer son prototype d’hydrolienne Mobula 5, déployé dans le détroit du Marsdiep, au nord des Pays-Bas. Annoncés le 25 août 2026, les essais confirment le fonctionnement intégré de la turbine et ouvrent la voie aux modèles Mobula 25 et Mobula 50.
Le détroit du Marsdiep, qui sépare l’île de Texel de la ville portuaire de Le Helder, a accueilli la première sortie en mer du Mobula 5. Le prototype à l’échelle 1:10, conçu par la start-up néerlandaise Equinox Ocean Turbines, a fonctionné pour la première fois hors d’un environnement d’essai contrôlé. L’opération ouvre une nouvelle phase de développement.
L’objectif de l’entreprise est d’exploiter l’énergie des courants marins, une ressource encore peu mobilisée. Accompagnée par InnoEnergy, la société développe une gamme d’hydroliennes destinée aux zones où les courants sont puissants et constants.
Au cours de la campagne, l’équipe a déployé puis récupéré le Mobula 5 avec succès. Les manœuvres d’immersion et de remontée à la surface ont mis en évidence les performances du système de contrôle d’assiette. Le rotor a été démarré puis arrêté, et de l’électricité a été produite. La chaîne cinématique, le système de prise de force et le générateur ont ainsi fonctionné de manière intégrée.
Un jalon technique atteint
À l’issue des essais, la technologie d’Equinox Ocean Turbines a atteint le niveau de maturité technologique 6 (TRL 6). L’échelle TRL, qui compte neuf niveaux, mesure la maturité d’une technologie. Le niveau 6 atteste qu’un prototype a été démontré dans un environnement représentatif des conditions réelles. Le résultat fournit un socle technique solide en vue d’un déploiement à plus grande échelle.
« Nous sommes fiers et ravis d’avoir validé la campagne en conditions réelles. Les essais en mer ont confirmé les choix de conception et les performances du système. Ils nous apportent aussi une expérience opérationnelle utile pour la prochaine phase de développement », a déclaré Pieter de Haas, PDG et directeur technique d’Equinox Ocean Turbines.
« Pour les investisseurs dans les technologies énergétiques émergentes, une étape de validation en mer revêt une importance particulière. Il s’agit de vérifier si des années d’hypothèses techniques, de modélisation et de validation au niveau des composants se traduisent par des performances concrètes en conditions réelles. La campagne du Mobula 5 fournit à EQOT des preuves opérationnelles utiles, alors que l’entreprise poursuit le développement de systèmes à plus grande échelle », a expliqué Jacob Ruiter, PDG d’InnoEnergy pour le Benelux et le Royaume-Uni.
Cap sur les modèles Mobula 25 et Mobula 50
Le Mobula 5 préfigure les systèmes de nouvelle génération. Equinox Ocean Turbines poursuit le développement du produit minimum viable Mobula 25, dont le déploiement est prévu pour 2028. En parallèle, l’entreprise prépare le Mobula 50, une turbine de 2 MW à taille réelle attendue pour 2030.
La société avance également sur la sélection de sites et le développement commercial avec des partenaires potentiels dans plusieurs zones de courants marins puissants :
- le Gulf Stream, au large des États-Unis ;
- le courant de Kuroshio, au large du Japon ;
- le courant des Aiguilles, au large de l’Afrique du Sud.
Un complément prévisible aux renouvelables variables
L’énergie des courants marins offre un complément prévisible à l’éolien et au solaire, plus variables. Dans les régions où les courants sont puissants et constants, elle peut fournir une électricité renouvelable fiable et ouvrir de nouvelles perspectives de production d’énergie propre. Pour les zones côtières exposées à des courants réguliers, la filière pourrait compléter le mix électrique sans dépendre des conditions météorologiques.
















