Un consortium associant l’Écosse, le Kenya et le Pérou mobilise l’intelligence artificielle pour accélérer la sélection de la pomme de terre et d’autres tubercules, tandis que des acteurs polonais lancent des travaux sur les nouvelles techniques génomiques après le feu vert européen de juin 2026.
Un consortium international lance l’initiative « Genetic Acceleration through Artificial Intelligence for Root and Tuber Crops » (GAIN-RT). Il réunit le Centre national d’innovation pour la pomme de terre (NPIC) du James Hutton Institute en Écosse, le Centre international de la pomme de terre (CIP), l’Organisation kényane de recherche agricole et d’élevage (KALRO) et l’Université d’Egerton au Kenya.
Le programme déploiera des modèles d’intelligence artificielle pour prédire les variétés les plus aptes face aux stress climatiques, détecter des résistances aux maladies et améliorer l’efficacité de la sélection variétale. Les données génomiques, environnementales et de terrain doivent permettre de réduire les délais entre la recherche et la diffusion de variétés améliorées.
Un premier axe sur la pomme de terre
La phase initiale cible la pomme de terre. Une extension vers la patate douce et d’autres cultures est prévue. Le projet finance aussi la formation de scientifiques, avec une attention portée aux femmes et aux chercheurs en début de carrière, aux méthodes de sélection assistée par IA et à l’édition génomique.
« Cette collaboration exploite le potentiel de l’IA et des technologies émergentes, notamment l’édition génomique, pour contribuer à accélérer le développement de pommes de terre plus résilientes et d’autres cultures d’importance stratégique, soutenant ainsi un avenir plus durable et renforçant la sécurité alimentaire », a déclaré le professeur Ingo Hein, chercheur principal du Hutton et directeur adjoint du NPIC.
La Pologne avance sur les nouvelles techniques génomiques
Parallèlement, des entreprises polonaises de sélection végétale regroupées au sein du groupe KGS et l’Université de Silésie lancent un projet axé sur le blé d’hiver et la betterave sucrière. Il vise à accélérer l’amélioration des plantes au moyen des nouvelles techniques génomiques (NTG). Le lancement intervient après l’approbation définitive par le Parlement européen, en juin 2026, d’un règlement sur les plantes issues de NTG.
Le centre de recherche sur les nouvelles techniques génomiques de l’Université de Silésie prépare plusieurs chantiers :
- développement d’outils NTG pour les céréales ;
- sensibilisation du public ;
- mise en conformité avec le cadre réglementaire européen.
Un alignement entre IA, génomique et réglementation
Les deux programmes illustrent un alignement entre intelligence artificielle, génomique et cadre réglementaire. Les menaces climatiques sur les rendements et la sécurité alimentaire, en particulier pour les petits producteurs d’Afrique et des régions vulnérables, rendent nécessaire l’accélération de la sélection végétale. L’approbation européenne des NTG et les avancées de la génomique assistée par IA fournissent des bases scientifiques et juridiques pour progresser sur plusieurs fronts.
Pour les sélectionneurs, la réduction du temps de développement variétal constitue un levier opérationnel face à des conditions de culture plus variables. Les travaux en Écosse, au Kenya et en Pologne répondent à une logique commune, avec des priorités différentes selon les espèces et les marchés.
















