Un «couvercle» pour la chambre magmatique« Tout le magma n’est pas évacué lors de l’éruption qui a donné naissance à la caldera. Nous avons donc utilisé un modèle thermique pour déterminer comment ce magma résiduel évolue au fil du temps en fonction des variations de température, et quel rôle il joue dans le phénomène de résurgence », explique Luca Caricchi, professeur associé au Département des sciences de la terre de la Faculté des sciences de l’UNIGE. Le contact de ce magma résiduel avec la roche moins chaude qui entoure la chambre magmatique fait progressivement baisser sa température, entrainant une augmentation de sa viscosité. Il forme ainsi une sorte de film qui agit comme un couvercle pour la chambre magmatique et empêche le magma nouvellement injecté de remonter, prévenant une éruption. Les résultats obtenus par ce modèle thermique ont été corroborés par une approche expérimentale, dans lequel le magma résiduel a été remplacé par une couche de silicone et le nouveau magma par une huile végétale moins visqueuse. Le différentiel de viscosité entre ces deux éléments est équivalent à celui qu’on observe entre les deux types de magma. « Indépendamment de la profondeur de la couche de silicone, sa présence empêche systématiquement le nouveau magma, simulé par l’huile végétale, de remonter vers la surface », souligne Federico Galetto, chercheur au Département des sciences de l’Université de Roma Tre. Valerio Acocella, Professeur associé au Département des sciences de l’Université Roma Tre, et l’un des auteurs de la recherche, ajoute: «Notre modèle fournit un cadre théorique essentiel non seulement pour expliquer la résurgence des calderas, mais aussi la formation des réservoirs magmatiques responsables des plus grandes éruptions survenues sur Terre.»
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