Un rapport sur la gestion de la pointe électrique

Serge Poignant (en photo), député de Loire-Atlantique et Bruno Sido, sénateur de la Haute-Marne ont remis la semaine dernière à Jean-Louis Borloo un rapport sur la gestion de la pointe de consommation électrique.

Ce rapport avait été demandé par le ministre à la suite de l’élaboration de la feuille de route énergétique de la France, présentée le 3 juin 2009.

"Les pointes de consommation d’électricité sont par définition les  consommations les plus élevées. Il existe plusieurs pointes de consommation d’électricité, car la notion de pointe dépend avant tout de la période et de la zone observée".

Le parc de production français est d’une puissance installée de 117 GW qui se décomposent en 63,3 GW pour le parc nucléaire, 25,4 GW pour le parc hydroélectrique, 4,3 GW pour le parc de production à partir des autres énergies renouvelables et 24,1 GW pour le parc thermique.

Le graphique ci-dessous, qui détaille la puissance appelée par type de moyen de production au cours de l’hiver 2008-2009, met en évidence la sollicitation très variable du parc installé en fonction de la filière :

– le recours au parc nucléaire en base avec modulation saisonnière ;
– l’utilisation du parc hydraulique à la fois en base (installations au fil de l’eau) et en pointe (lac et STEP1) ;
– l’exploitation des filières charbon et gaz en période de pointe ;
– le recours à la filière fioul uniquement en extrême pointe.

Un rapport sur la gestion de la pointe électrique

Conformément à la méthode du Grenelle Environnement, le rapport a été élaboré dans le cadre d’un groupe de travail multipartite rassemblant des producteurs, des fournisseurs, des agrégateurs d’effacement, des associations de consommateurs, des ONG, les syndicats, les gestionnaires de réseaux, les collectivités concédantes et les représentants des pouvoirs publics. Il vise à proposer des mesures pour maîtriser la demande d’électricité en période de pointe, et notamment favoriser l’effacement de consommation.

Le rapport contient une vingtaine de mesures ou de pistes de travail. Sur la base de ces propositions, Jean-Louis Borloo annoncera un plan d’actions opérationnel à l’occasion du prochain lancement officiel du projet d’expérimentation Linky d’ERDF (déploiement de 300 000 compteurs évolués à Lyon et en Indre-et-Loire).

Le projet de loi NOME ("Nouvelle Organisation du Marché Électrique") qui sera prochainement présenté en Conseil des Ministres prévoit la mise en place, sur le marché électrique, d’une obligation de capacité, afin de remédier à la situation actuelle qui veut que la mise à disposition de capacités d’effacement (voire même de pointe ou de base) ne soit pas reconnue et donc pas valorisée.

D’autres dispositions seront définies et proposées au Parlement dans le cadre de l’examen du projet de loi NOME.

 

Le rapport POIGNANT – SIDO est disponible ICI

 

En juillet 2009, le député S. Poignant avait également remis un rapport sur l’énergie photovoltaïque, voir l’article sur enerzine.

 

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marius76

précis et sans grosse erreur ni approximation sur le plan technique : nos parlementaires s’améliorent, bravo ! (à moins que, contrairement à d’autres rapports récents, ce ne soient pas les dits parlementaires ou leurs attachés qui l’aient écrit eux-mêmes, mais qu’ils aient laissé la plume aux professionnels de l’électricité ; si tel est le cas, ce serait la preuve que pour obtenir des rapports de qualité, il vaut mieux que les parlementaires encadrent le travail de professionnels, plutôt que de prendre leur place). Et on commence enfin à cerner les vrais problèmes : “la semi-base et la pointe sont les enjeux en investissement des prochaines années” (dernier encadré de la page 11) ; parce que les sur-consommations liées au chauffage sont de trop courte durée pour justifier le développement d’un nucléaire trop coûteux pour cela. Au passage, j’ai relevé une petite inexactitude en bas de page 10 : le niveau maximal de consommation réalisé à ce jour n’est pas de 92.4 GW le 7 janvier 2009, mais 93.1 GW atteints le 11 février 2010 (cf. ). Record qui a été battu sans tambour ni trompette, il est vrai, pour une température de l’ordre de -2°C seulement, alorsque le précédent un an plus tôt avait eu besoin d’une température de l’ordre de -3°C (je laisse à ceux qui ont de meilleurs yeux que moi le soin de préciser…) : c’est dire comme la sensibilité à la température continue d’augmenter, et qu’à poursuivre le développement du chauffage électrique, on n’en a pas fini des problèmes de pointe… Et on commence aussi à envisager de vraies solutions, notamment côté tarifs : – proposition 12 : la fin des tarifs sans horo-saisonnalité ; aujourd’hui, pour les particuliers, il n’y a que Tempo qui soit horo-saisonnalisé, les options “base” ou “heures creuses” ayant des prix identiques tous les jours de l’année ; à terme (dès que les moyens de comptage le permettront), les kWh vendus en hiver aux particuliers seront plus chers, comme c’est déjà le cas pour les industriels ou les gros clients tertiaires aux tarifs jaune et vert : enfin une incohérence qui disparaîtra – proposition 11 : mettre aussi de l’horo-saisonnalité dans le tarif de transport-distribution (TURPE) ; ce n’est pas nouveau, le ministère avait déjà tancé la CRE pour ne pas avoir mis de différenciation entre heures et saisons au moment de la révision tarifaire TURPE 3 fin 2008 ; mais l’écart de prix hiver/été pour les consommateurs finaux en sera encore accentué. Tout cela permettra plus d’équité et d’efficacité, comme il est écrit dans l’Annexe 2 (pages 28 à 34 ; au passage : chapeau à celui qui a écrit cette annexe, c’est un remarquable exercice de vulgarisation*) : “L’efficacité économique de la tarification de l’électricité suppose que chacun adapte son comportement aux coûts complets qu’il induit pour le système électrique. Il convient donc de facturer à l’ensemble des consommateurs un même prix pour un même service : c’est le principe d’équité. S’écarter de cette logique conduit inévitablement à ce que certains consommateurs en subventionnent d’autres”. ———————- * la forme est remarquable, mais sur le fond, il y a quand même des choses à redire : juger l’équité sur le “ruban implicite” annuel (p.29) est un peu court, il faudrait aussi regarder des “rubans implicites” été et hiver ; on sent un plaidoyer justifiant l’évolution tarifaire d’août 2009 (grace à la quelle ceux qui consomment le plus voient leur facture baisser, alors que pour l’ensemble des consommateurs particuliers, en moyenne, il y a eu hausse de 1,9% !)

Sicetaitsimple

Votre presentation est redoutable! Que le chauffage electrique ne soit pas responsable de la pointe journalière en hiver est un fait, j’en suis bien d’accord car c’est en hiver un quasi ruban à l’échelle journalière, mais quand même.. La courbe de charge saisonnière francaise, comparée à celle de ses voisins, est très marquée par la pénétration du chauffage electrique..Si EDF est obligé de construire des moyens de pointe , c’est bien du fait de cette pénétration. Je n’ai rien et je l’ai déjà dit contre un usage de l’electricité en chauffage notamment avec les normes d’isolation actuelles, mais bon, ne faisons pas dire à ce rapport ce qu’il ne dit pas….

Sicetaitsimple

le post précédent lui était destiné, j’ai oublié de le préciser

Sicetaitsimple

Désolé, mais pas d’accord… Pas d’accord parce que l’éclairage reste , et depuis le début de l’électricité,son usage premier. La pointe journalière de 19h en hiver est simplement liée à cette fonction première, elle sera peut-être atténuée par le developpement des lampes basses consommations, mais comme le disait EDF dans les années 80, “nous vous devons plus que la lumière”. Désolé encore, mais le problème de la pointe d’hiver ne se pose réellement ( du moins avec cette accuité) qu’en France . Ce n’est pas ou très peu un débat chez nos voisins, il n’y a qu’à regarder leurs courbes de charges annuelles pour s’en convaincre. Désolé enfin, si EDF construit ou maintient à des couts élevés des moyens thermiques de pointe, c’est complètement lié à cette saisonnalité extrème, qui impose de ne pas être défaillant quand tous les convecteurs sont à fond, en plus de tout le reste. Mais d’accord sur le fait que le chauffage peut contribuer à lisser (pas effacer) cette pointe.

Dan1

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