Le centre multi-filières Maxival, situé à Villers-la-Montagne en Meurthe-et-Moselle, a injecté ses premiers mètres cubes de biométhane le 28 mai 2026 dans le réseau de transport de gaz NaTran. Conçue par Elcimaï pour le compte du SMTOM, l’unité de méthanisation valorise la fraction fermentescible des ordures ménagères de près de 150 communes.
Les premiers mètres cubes de biométhane produits par le centre multi-filières Maxival circulent désormais dans le réseau de transport de gaz NaTran. L’unité de méthanisation, implantée à Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle), a franchi l’étape décisive le 28 mai 2026, concrétisant plusieurs années d’études et de travaux menés sous la maîtrise d’œuvre d’Elcimaï.
Le Syndicat Mixte de Traitement des Ordures Ménagères (SMTOM) de la région de Villerupt, qui fédère près de 150 communes et quelque 191 500 habitants répartis sur la Meurthe-et-Moselle, la Moselle et la Meuse, avait initialement confié la conception de Maxival à un groupement d’entreprises incluant Elcimaï en 2006. À l’époque, la fraction organique des déchets était orientée vers le compostage. Près de vingt ans plus tard, le syndicat a renouvelé sa confiance au bureau d’études pour y adjoindre une unité de valorisation énergétique.
Conçu comme un centre de traitement multi-filières, Maxival se décompose en plusieurs pôles complémentaires. Le nouveau module de méthanisation constitue la dernière brique d’un ensemble pensé pour capter l’intégralité des flux de déchets du territoire. Convoyage de la matière, digestion, épuration du biogaz et désodorisation du bâtiment : l’ensemble des fonctions a été confié aux équipes d’Elcimaï dans le cadre d’une mission de maîtrise d’œuvre, tandis que l’atelier Muller Architecture pilotait les lots travaux et bâtimentaires.

Deux digesteurs « piston » pour une sobriété revendiquée
Le choix technologique repose sur la méthanisation en voie sèche continue, via deux digesteurs de type « piston ». Romain Martin, d’Elcimaï Ingénierie, en détaille la philosophie : « La partie organique des ordures ménagères était auparavant valorisée en compostage et le syndicat a souhaité évoluer vers la valorisation énergétique. Nous avons fait le pari d’installer deux digesteurs en voie sèche continue. Cette technologie permet un mélange et une dilution extrêmement réduits ; c’est un outil qui ne consomme pas d’eau, autre que les eaux pluviales récupérées, et très peu d’électricité. »
La fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM), soit un gisement annuel de 22 500 tonnes à 50 % de matière sèche, alimente les digesteurs. Une fois épuré, le biométhane rejoint le réseau de transport à une pression de 42 bars, pour un débit d’injection de 220 Nm³/h.
Un digestat calibré pour la future réglementation
Au-delà de la production de gaz renouvelable, l’unité se distingue par des volumes de digestat réduits et par une anticipation réglementaire assumée. La conformité de ce résidu au « Socle Commun » pour les matières fertilisantes et supports de culture, texte attendu pour le début de l’année 2027, a été intégrée dès la conception. L’horizon est clair pour l’ensemble des installations françaises : à défaut, la valorisation agricole du digestat devient impossible.
L’emprise au sol limitée de l’installation, couplée à une consommation électrique maîtrisée et à l’absence de prélèvement d’eau potable (seules les eaux pluviales sont utilisées), dessine un bilan environnemental que ses concepteurs estiment à la hauteur des exigences actuelles. La réception officielle des équipements est programmée pour l’été 2026.
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