L’agence spatiale américaine a sélectionné la société Venturi Astrolab comme l’un des deux fournisseurs d’un astromobile lunaire pour Artemis. Baptisé CLV-1, le véhicule embarque des technologies développées par Venturi Space en France, en Suisse et à Monaco. Livraison prévue d’ici 2028.
Un véhicule développé à Monaco, assemblé aux États-Unis et destiné à sillonner le pôle Sud lunaire d’ici 2028. La NASA a officialisé sa décision de retenir Venturi Astrolab, Inc. comme l’un des deux fournisseurs d’astromobiles habitées pour la campagne Artemis. Le contrat prévoit le développement, la livraison et les services associés du Crewed Lunar Vehicle, ou CLV-1, un rover conçu pour transporter astronautes et équipements tout en menant des opérations robotisées à distance.
L’annonce récompense une stratégie industrielle fondée sur la complémentarité transatlantique. D’un côté, Astrolab, jeune pousse californienne fondée par Jaret Matthews, apporte l’architecture du rover FLEX dont dérive le CLV-1. De l’autre, Venturi Space, entité du groupe monégasque Venturi, fournit trois sous-systèmes déterminants pour la mobilité et l’endurance énergétique du véhicule.
Une nouvelle génération de rover compact
Le CLV-1 s’inscrit dans une philosophie repensée de la mobilité lunaire. La NASA privilégie désormais des véhicules plus compacts, livrés selon des calendriers resserrés. Une approche qui rompt avec le gigantisme du Lunar Roving Vehicle des missions Apollo et qui répond aux contraintes logistiques du programme Artemis. L’agence prévoit que les astromobiles financées dans ce cadre atteindront la surface lunaire avant la fin de la décennie.
Contrairement aux rovers non pressurisés d’Apollo, le CLV-1 pourra être piloté à distance lors de phases non habitées. Une capacité qui étend le champ des opérations scientifiques entre deux sorties extravéhiculaires.
Roues, batteries et pilotage énergétique
Les trois contributions de Venturi Space conditionnent directement la capacité du rover à opérer dans un environnement où les températures oscillent entre -240 °C et +130 °C.
Les roues hyper-déformables constituent la première brique technologique. Développées à partir de matériaux élaborés par Venturi Space, elles absorbent les irrégularités du régolithe, limitent l’enfoncement et maintiennent une traction constante sur des pentes accusées. Leur architecture évite les risques de crevaison tout en s’adaptant aux contraintes thermiques extrêmes.
Les batteries haute performance forment le deuxième pilier. Conçues et assemblées pour garantir une alimentation stable, elles intègrent un dispositif de régulation thermique qui préserve la disponibilité énergétique du véhicule. Un paramètre fondamental lorsque surviennent les nuits lunaires, dont la durée peut atteindre l’équivalent de quatorze jours terrestres.
Le système de gestion des batteries, troisième composant, agit comme le cerveau énergétique de l’ensemble. Il surveille l’état des cellules en continu, assure leur équilibrage et veille à la sécurité du système lors des cycles thermiques, des phases de roulage et des longues périodes de veille imposées par l’absence de rayonnement solaire.
Une ambition européenne en filigrane
Au-delà du contrat Artemis, les technologies développées par Venturi Space alimentent un second programme : MONA LUNA, astromobile européenne destinée à soutenir les ambitions du Vieux Continent en matière d’exploration lunaire. Une première mission est envisagée aux alentours de 2030, marquant une volonté de duplication technologique entre les deux rives de l’Atlantique.
« En six ans, grâce à la confiance de notre partenaire Venturi Astrolab et à l’impulsion de notre Président Gildo Pastor, nous avons développé des technologies de rupture pour l’un des environnements les plus hostiles jamais explorés : le pôle Sud lunaire », a déclaré le Dr. Antonio Delfino, Directeur des Affaires Spatiales de Venturi Space.
Gildo Pastor, Président de Venturi Space, a salué « le travail accompli par nos équipes en France, en Suisse et à Monaco », tout en soulignant la rapidité avec laquelle Astrolab a trouvé sa place dans le paysage spatial américain.
La sélection par la NASA place Venturi Space parmi les rares industriels européens dont les équipements fouleront directement le sol lunaire dans le cadre d’une mission habitée américaine. Une position qui pourrait faciliter l’émergence de coopérations futures entre les programmes Artemis et les initiatives lunaires européennes.
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