Google a officiellement lancé mardi dernier la construction de son premier centre de données entièrement détenu et exploité en propre en Suède. Située à Horndal, dans le comté de Dalarna, l’installation créera une centaine d’emplois directs et s’inscrit dans la stratégie d’expansion européenne du groupe américain pour répondre à la demande en intelligence artificielle et services cloud.
Une pelletée de terre dans le froid du Dalarna, et c’est tout un chapitre industriel qui s’ouvre. Mardi, à Horndal, dans la municipalité d’Avesta, Google a officiellement lancé la construction de son premier centre de données développé, détenu et exploité en propre sur le sol suédois. L’aboutissement d’un processus entamé il y a près d’une décennie.
Un processus au long cours
Les premiers signaux remontent à 2017, année durant laquelle le groupe californien a procédé à l’acquisition de terrains dans la région forestière située à environ 160 kilomètres au nord-ouest de Stockholm. Les autorisations environnementales, délivrées par le tribunal foncier et environnemental suédois, ont suivi en juin 2021. Pourtant, le chemin jusqu’à la cérémonie de cette semaine aura été sinueux. Encore en mars 2026, la presse suédoise relevait l’absence de décision commerciale formelle de la part de Google, alors même que des travaux préparatoires de terrassement étaient déjà visibles sur le site.
L’inauguration de mardi lève toute ambiguïté. Le site de Horndal entre dans une phase de construction active, mobilisant près de soixante fournisseurs suédois. Google table sur la création d’une centaine d’emplois directs à temps plein une fois l’installation opérationnelle, auxquels s’ajouteront des milliers de postes indirects liés au chantier et à la chaîne d’approvisionnement locale. La firme avance un ratio de 2,3 emplois supplémentaires soutenus dans l’économie nationale pour chaque poste direct créé au sein du centre de données.
Architecture technique et intégration locale
Le data center de Horndal repose sur un système de refroidissement par air, une approche courante dans les climats nordiques où les températures extérieures permettent de réduire la consommation énergétique dédiée à la climatisation. L’installation intègre également des dispositifs de récupération de chaleur fatale, autorisant la redistribution gratuite de chaleur résiduelle vers les habitations et les entreprises des environs. Ce type de couplage entre infrastructure numérique et réseau de chaleur urbain suscite un intérêt croissant parmi les municipalités nordiques soucieuses d’optimiser leur bilan énergétique.
Parallèlement au chantier, Google a dévoilé la création d’un fonds de cinq millions d’euros destiné à financer des initiatives locales dans quatre domaines : l’éducation, le développement durable, la croissance économique et la formation professionnelle. L’entreprise affirme avoir déjà formé plus de 284 000 personnes en Suède aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle depuis le début de ses opérations dans le pays.
Une stratégie énergétique de longue haleine
La question de l’approvisionnement électrique constitue un pilier central du projet. Google a conclu, depuis 2013, sept contrats d’achat d’énergie éolienne en Suède, représentant une capacité cumulée supérieure à 700 mégawatts. Ces accords s’inscrivent dans la feuille de route de l’entreprise visant une couverture intégralement décarbonée, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, pour l’ensemble de ses sites.
La Suède, dont le mix électrique repose déjà largement sur l’hydroélectricité et le nucléaire, offre à Google un terrain favorable à cette trajectoire. La disponibilité d’une énergie fiable et peu carbonée constitue un critère structurant dans le choix d’implantation des infrastructures de calcul à grande échelle.
L’Europe comme territoire d’expansion
Le site de Horndal ne constitue pas une opération isolée. Il s’intègre dans une dynamique plus large d’expansion européenne destinée à absorber la demande croissante en capacités de calcul, tirée par les charges de travail liées à l’intelligence artificielle, aux services cloud et aux plateformes grand public du groupe. « Cela permettra aux entreprises, aux institutions publiques et aux citoyens d’accéder à nos technologies de manière encore plus efficace et plus rapide, soutenant ainsi la transformation numérique de la Suède », a déclaré Anna Wikland, directrice générale de Google Nordics.
Du côté des autorités locales, l’accueil est enthousiaste. Blerta Krenzi, présidente du conseil municipal d’Avesta, a qualifié l’événement de « coup de pioche historique » qui « marque le début d’un nouveau chapitre qui renforcera Avesta ». Reste à mesurer, dans les années à venir, la réalité des retombées économiques promises et l’empreinte environnementale effective de cette infrastructure massive dans un territoire jusqu’ici relativement épargné par l’industrialisation numérique lourde.
Source : GoogleCloud
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