L’industrie privée de la fusion nucléaire a dépensé 538 millions de dollars en achats auprès de ses fournisseurs en 2025, soit une hausse de 24 % sur un an. Selon le rapport 2026 de la Fusion Industry Association (FIA), ces investissements devraient atteindre 681 millions de dollars en 2026, alors que le secteur accélère sa transition vers des machines productrices d’énergie.
Le secteur privé de la fusion nucléaire consolide ses bases industrielles. Publié le 23 juin 2026 à l’occasion du premier salon de la chaîne d’approvisionnement organisé par la Fusion Industry Association (FIA) à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, le rapport annuel de l’association fait état de 538 millions de dollars consacrés aux achats dans la chaîne d’approvisionnement en 2025. Ce montant représente une progression de 24 % par rapport à 2024.
L’enquête, menée auprès de 25 entreprises spécialisées dans la fusion et de 67 fournisseurs couvrant environ la moitié des développeurs privés du secteur dans le monde, dessine une filière en phase de structuration accélérée. Les prévisions pour 2026 tablent sur une nouvelle hausse de 27 %, pour atteindre 681 millions de dollars.
Un cercle vertueux qui s’amorce
Andrew Holland, PDG de la FIA, observe une inflexion dans la dynamique du secteur. « Nous observons des signes d’assouplissement de la situation de blocage soulevée dans les rapports précédents, à mesure que les relations avec les fournisseurs s’améliorent et que des fournisseurs nouveaux et existants investissent dans l’augmentation de leurs capacités », explique-t-il. Le problème dit de « l’œuf et la poule » les entreprises de fusion attendant des investissements dans leur chaîne d’approvisionnement tandis que les fournisseurs réclament des contrats long terme semble s’atténuer.
Les données recueillies confirment cette tendance. Ainsi, 70 % des entreprises de fusion ont constaté que des fournisseurs établis se sont repositionnés pour servir le secteur au cours des douze derniers mois. Parallèlement, 75 % des fournisseurs interrogés ont investi dans le développement de leurs capacités dédiées à la fusion, avec des montants compris entre 30 000 et 65 millions de dollars. Ces résultats prolongent la dynamique observée en 2024, année durant laquelle les dépenses de la chaîne d’approvisionnement avaient bondi de 73 %, à 434 millions de dollars.
Des goulets d’étranglement tenaces
La montée en puissance du secteur se heurte toutefois à des contraintes techniques persistantes. Près de la moitié des entreprises de fusion interrogées identifient les systèmes d’alimentation électrique et les technologies de gestion thermique comme des freins actuels. 48 % d’entre elles désignent les systèmes du cycle du combustible de fusion nécessaires à la production et au maintien des combustibles à l’échelle commerciale comme une source d’inquiétude pour l’avenir. L’accès aux matériaux capables de résister à des conditions extrêmes, en particulier les matériaux de première paroi, est mentionné comme problématique par 40 % des répondants.
Une compétition industrielle avant d’être technologique
Andrew Holland replace ces évolutions dans une perspective plus large. « Le « vainqueur » de cette course à la fusion ne sera pas le pays qui y parviendra en premier, mais celui qui disposera de la chaîne d’approvisionnement la plus solide et la mieux intégrée », affirme-t-il.
Le rapport de la FIA préconise quatre axes d’action telles que cultiver un écosystème de fournisseurs dédié à la fusion, accélérer la standardisation des composants, combler les lacunes de financement et simplifier la réglementation. Ces mesures visent à répondre à une demande croissante en énergie, portée par la crise énergétique mondiale et les besoins des infrastructures d’intelligence artificielle.
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