DHL Global Forwarding France a signé un partenariat avec la startup maritime Vela pour réserver de l’espace à bord d’un trimaran à propulsion éolienne. L’accord prévoit une liaison transatlantique décarbonée entre la France et les États-Unis à l’horizon 2027.
DHL Global Forwarding France ajoute une corde éolienne à son arc logistique. La filiale du géant allemand a conclu un partenariat avec Vela, startup maritime tricolore, pour réserver de la capacité de transport à bord d’un cargo propulsé par le vent. L’accord, officialisé le 22 juin, intègre DHL à la « cohorte pionnière » identifiée par l’armateur, aux côtés d’autres chargeurs séduits par la perspective d’un fret transatlantique quasiment neutre en carbone.
Un trimaran taillé pour la course au large
Conçu avec l’expertise de François Gabart, navigateur professionnel détenteur du record du tour du monde en solitaire et cofondateur de Vela, le navire emprunte aux voiliers de compétition océanique leurs lignes et leur rendement aérodynamique. Le trimaran de 67 mètres de long pour 25 mètres de large déploie 623 mètres carrés de voilure. Sa propulsion repose intégralement sur la force du vent en pleine mer ; un moteur conventionnel n’intervient qu’à l’approche des ports, pour les seules manœuvres d’accostage.
L’architecture du bâtiment intègre panneaux solaires et hydrogénérateurs, dispositifs qui produisent l’électricité nécessaire aux systèmes de bord et à la réfrigération des cales. Les soutes à température contrôlée, pensées pour les produits pharmaceutiques et autres marchandises sensibles, pourront accueillir un peu plus de 400 tonnes métriques de fret par traversée, soit environ 415 tonnes. La coque en aluminium, plus légère que l’acier des navires conventionnels, réduit aussi la pollution sonore sous-marine, un atout pour la faune marine.
Une liaison hebdomadaire programmée pour 2027
Vela a engagé la construction d’un premier navire dans un chantier naval philippin spécialisé dans les trimarans en aluminium. L’entreprise vise une flotte de cinq unités à l’horizon 2028, de quoi proposer une liaison transatlantique hebdomadaire entre la France et les États-Unis. Le lancement commercial du service est attendu pour début 2027.
Chaque rotation complète, chargement, traversée et déchargement, devrait s’effectuer en quinze jours. Un rythme qui positionne le service entre la lenteur du fret maritime classique et la rapidité du transport aérien, avec des émissions de gaz à effet de serre réduites de 99 % par rapport au fret aérien et de 90 % par rapport aux porte-conteneurs conventionnels, selon les projections de Vela.
Une niche pour les marchandises à forte valeur
Avec une capacité unitaire de 415 tonnes métriques, le trimaran reste un acteur modeste face aux géants des mers qui transportent plusieurs milliers de conteneurs. Pourtant, l’intérêt affiché par DHL et d’autres chargeurs comme le japonais Takeda Pharmaceutical, le fabricant de dispositifs médicaux Echosens ou l’entreprise de cosmétiques Greentech, indique un mouvement de fond. Les chargeurs, confrontés à des exigences croissantes de réduction d’empreinte carbone sur l’ensemble de leur chaîne logistique, cherchent des options crédibles pour leurs flux de marchandises à haute valeur ajoutée et leurs livraisons urgentes.
Le positionnement de Vela, à mi-chemin entre le transport aérien rapide mais polluant et le fret maritime lent mais économique, dessine une niche commerciale que l’entreprise entend occuper pleinement. L’engagement d’un opérateur de la taille de DHL apporte une validation industrielle à une technologie longtemps cantonnée au stade expérimental.
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