Le Groupe Unitel, Énergie Hub et Stellaria ont signé mi-juillet un mémorandum d’entente pour développer un hub multi-énergies intégré à Fos-sur-Mer. L’objectif : fournir aux industriels de la zone une alimentation électrique bas-carbone, compétitive et sécurisée, en associant réacteurs nucléaires modulaires et pilotage par intelligence artificielle.
Trois entités françaises, le Groupe Unitel, sa filiale Énergie Hub et la start-up Stellaria, ont officialisé leur intention de bâtir une infrastructure énergétique d’un genre nouveau sur le territoire de Fos-sur-Mer. Le projet, encore au stade de la conception, repose sur une association encore rare dans le paysage industriel hexagonal : des réacteurs nucléaires à sels fondus couplés à une plateforme numérique de pilotage fondée sur l’intelligence artificielle. L’ambition affichée est de fournir aux industriels de la zone une électricité à la fois bas-carbone, compétitive et sécurisée.
Une décennie de réflexion industrielle
Le Groupe Unitel, acteur des technologies, de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques, a cofondé avec l’État en 2022 le Laboratoire Fos/Berre. Le Laboratoire s’est consacré à l’étude des modèles énergétiques capables de répondre aux besoins futurs des grands bassins industriels européens. De ces travaux a émergé la conviction qu’un hub énergétique intégré constituerait une réponse adaptée aux besoins du territoire de Fos-sur-Mer, l’une des zones industrialo-portuaires les plus concentrées du pays. Pour porter l’initiative, Unitel a donné naissance au consortium Énergie Hub, une plateforme entièrement dédiée au développement, au financement, à la construction et à l’exploitation d’infrastructures énergétiques stratégiques.
Des réacteurs modulaires à combustible liquide
Le mémorandum d’entente avec Stellaria introduit une composante nucléaire inédite dans l’ensemble. Issue du CEA et de Schneider Electric, la jeune pousse développe des réacteurs à neutrons rapides à sels fondus, commercialisés sous l’appellation « Stellariums ». Leur particularité technique réside dans l’usage d’un combustible liquide capable, selon les données communiquées par l’entreprise, de consommer davantage de déchets qu’il n’en produit.
Le déploiement s’effectuera de manière progressive sur le site, chaque phase devant valider les hypothèses techniques et sécuritaires avant d’engager la suivante. Les installations fourniront à terme de l’électricité bas-carbone, de la chaleur industrielle ainsi que des services de flexibilité et de soutien au réseau électrique de la zone.
Un pilotage numérique intelligent
Le second pilier du projet réside dans la création d’une plateforme numérique intégrant l’intelligence artificielle. Conçue pour optimiser en temps réel la production et la consommation d’énergie, la plateforme permettra de piloter les réseaux, de gérer les capacités de stockage et d’anticiper les besoins des industriels. Les trois partenaires travailleront également à la structuration du financement global de l’opération et à la création d’une entité juridique dédiée, chargée de piloter le développement puis l’exploitation du hub.
Un calendrier encore ouvert
Stellaria a déposé en décembre 2025 sa Demande d’Autorisation de Création pour son Installation nucléaire de base Alpha auprès du ministère chargé de la sûreté nucléaire. La société a par ailleurs conclu en 2025 un premier contrat de précommande de puissance avec Equinix, groupe américain spécialisé dans les infrastructures numériques. Ces jalons confèrent une assise technique au projet foséen, sans toutefois en préciser le calendrier opérationnel. La nature progressive du déploiement laisse entrevoir un horizon de plusieurs années avant la mise en service des premières unités.
Pour Nicolas Breyton, président de Stellaria, « la signature de ce mémorandum constitue une étape importante pour l’avenir de l’industrie européenne. Nous sommes fiers de participer à ce projet d’envergure avec l’ambition de développer une infrastructure énergétique de nouvelle génération. Grâce aux réacteurs Stellarium à énergie autonome, nous accompagnerons les industriels du territoire de Fos-sur-Mer vers une production souveraine et bas-carbone. »
Kevin Polizzi, président du Groupe Unitel, replace l’initiative dans une perspective plus large : « L’industrie européenne entre dans une nouvelle phase où la maîtrise de l’énergie devient un facteur déterminant de compétitivité, de souveraineté et de résilience. Avec ce projet de hub multi-énergies, nous souhaitons proposer un modèle intégré associant production énergétique bas-carbone, intelligence numérique et capacité industrielle. Fos-sur-Mer constitue un territoire stratégique pour démontrer qu’une nouvelle génération d’infrastructures énergétiques peut accompagner durablement la dépollution de nos grands bassins industriels. »
Source : CP/ Stellaria – Groupe Unitel
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