L’incendie déclaré à Saumos le mercredi 22 juillet, propagé jusqu’aux portes de Cestas, a ravagé près de 80 hectares de dispositifs expérimentaux au domaine de Castillonville, espace naturel sensible de la Gironde. Une perte scientifique lourde pour l’INRAE, dont plusieurs programmes européens et internationaux se trouvent brutalement amputés.
Les flammes ont balayé près de trente années de travaux. Au domaine de Castillonville, espace naturel sensible girondin, l’incendie parti de Saumos a détruit quelque 80 hectares de parcelles expérimentales et d’observatoires scientifiques gérés par l’INRAE. Un coup dur pour la recherche forestière, amputée brutalement de programmes de référence qui documentaient l’adaptation des forêts aux changements globaux.
L’engagement des sapeurs-pompiers, mobilisés sous l’égide des pouvoirs publics avec le concours des responsables d’unités, a permis de préserver l’essentiel : bâtiments, équipements scientifiques et autres terrains expérimentaux du domaine de Cestas, soit plus de 300 hectares au total. Les deux arboretums du site ont, eux aussi, été relativement épargnés par les flammes.
Un conservatoire génétique en cendres
Parmi les dispositifs détruits figure le conservatoire de ressources génétiques du pin maritime, collection de provenances diverses qui alimentait des travaux de sélection et d’amélioration. D’autres parcelles, destinées à tester le mélange d’espèces sur les services écosystémiques ou à modéliser la dynamique de croissance du pin maritime, ont également disparu. Plusieurs infrastructures s’inscrivaient dans des programmes de recherche européens et internationaux, comme OptFORESTS.
Les observatoires, mis en place et suivis depuis parfois plusieurs décennies, documentaient l’effet du dérèglement climatique sur les arbres et les organismes associés. Ils permettaient d’étudier l’impact des bioagresseurs sur les écosystèmes forestiers, de comprendre les mécanismes d’adaptation des forêts face aux perturbations multiples et d’évaluer des itinéraires sylvicoles conciliant production de bois, préservation de la biodiversité et adaptation aux aléas environnementaux.
Un maillon central de la recherche européenne
La perte dépasse largement le cadre régional. Intégrés à des réseaux scientifiques de référence, les dispositifs disparus produisaient des connaissances indispensables pour anticiper les impacts des changements globaux et accompagner l’adaptation des forêts. Des équipes de Nouvelle-Aquitaine, mais aussi des partenaires académiques européens et internationaux, se trouvent privés d’un outil de travail patiemment accumulé au fil des ans.
La destruction met un terme à des observations menées sur le long terme. Elle renforce toutefois la détermination des chercheurs à concevoir de nouveaux dispositifs et à poursuivre des travaux jugés fondamentaux pour l’avenir des massifs forestiers.
Rebâtir pour les forêts de demain
Fortes de leur implication dans les programmes régionaux (GRIFON), nationaux (FORESTT) et internationaux (OptFORESTS), les équipes et la direction générale d’INRAE entendent faire de cette reconstruction l’occasion de déployer une nouvelle génération de dispositifs expérimentaux. L’objectif : répondre aux questions scientifiques et sociétales posées par les changements globaux, en concertation avec les partenaires scientifiques et professionnels du secteur.
La tâche s’annonce colossale. Mais la mobilisation des chercheurs, éprouvée par l’épreuve du feu, reste intacte. Les forêts de demain dépendront directement des connaissances produites par ces nouveaux observatoires.

















