Trouver du SP95 relève du parcours du combattant dans plusieurs régions françaises. Au 11 septembre 2026, 21 % des stations* en étaient dépourvues, contre seulement 2 % pour le gazole. Derrière ces ruptures en apparence massives, la France ne manque pas de carburant, elle encaisse une mosaïque de tensions locales, d’achats d’anticipation et des prix du diesel qui flirtent avec 2,30 € le litre.
📌 L’essentiel en 3 points
- Ruptures dispersées, pas pénurie nationale : 6 à 7 % des stations manquaient d’au moins un carburant au niveau national, avec des taux allant de 2 % (gazole) à 21 % (SP95).
- Des prix en forte hausse : SP95-E10 à 2,12 €/l, SP98 à 2,22 €/l et gazole à 2,29 €/l relevés le 8 septembre 2026.
- Une situation fluctuante : les ruptures refluaient dès le 8 septembre au soir, mais des tensions persistent localement, notamment dans l’Est, où la sécheresse du Rhin pèse sur la logistique.
8 à 10 % des stations touchées, mais de gros écarts selon le carburant
Le phénomène est réel, sa géographie est précise. Les relevés menés du 6 au 11 septembre 2026 situent la tension en Île-de-France, en Centre-Val de Loire, dans les Pays de la Loire et en Bretagne. À l’échelle nationale, 6 % à 7 % des stations manquent d’au moins un carburant, un chiffre qui masque des disparités fortes selon le produit recherché.
Le 11 septembre, 21 % des stations étaient en rupture de SP95, 12 % de SP98, 10 % d’E10 et 2 % de gazole. Lu à l’envers, le même relevé raconte une tout autre histoire : 98 % des stations disposaient de gazole, 90 % du E10, 88 % du SP98 et 79 % du SP95. Autrement dit, l’automobiliste qui cherche du gazole trouve presque toujours chaussure à son pied ; celui qui roule au SP95 doit composer avec une chance sur cinq de tomber sur une pompe vide.
Le 7 septembre, les comptages de ruptures donnaient encore 1 382 stations sans SP98, 873 sans E10, 752 sans SP95, 461 sans E85 et 319 sans gazole. Dès le lendemain soir, plusieurs de ces compteurs repartaient à la baisse, notamment sur le SP98 et le E10, signe que le réapprovisionnement suit.
Côté prix, la facture s’alourdit nettement. Un relevé du 8 septembre affichait le SP95-E10 à 2,12 €/l, le SP98 à 2,22 €/l et le gazole à 2,29 €/l.
Pénurie réelle ou effet d’optique ?
Le mot « pénurie » mérite d’être manié avec précaution. Les synthèses les plus récentes le martèlent : « l’écrasante majorité des stations-service reste pourtant correctement approvisionnée » et « il n’y a pas de manque général de carburant en France ». Ce que décrit l’épisode, c’est plutôt une succession de tensions de stock, d’achats d’anticipation et de ruptures ponctuelles.
Les ruptures ne se recouvrent pas d’un carburant à l’autre. Une station peut être à sec de SP95 et parfaitement fournie en gazole. Cette dispersion explique la cacophonie des chiffres qui circulent car selon le carburant observé et l’heure du relevé, la photographie change du simple au sextuple.
Détours, files d’attente et budget : ce que ça change concrètement
Pour l’automobiliste, la conséquence est d’abord une perte de temps. Détours vers une autre station, files d’attente, incertitude sur la disponibilité d’un carburant précis dans un rayon donné. L’arbitrage se fait désormais station par station, parfois heure par heure. Les outils de suivi en ligne, alimentés par les déclarations des stations, deviennent un réflexe avant de prendre la route.
La facture, ensuite. Avec un gazole à 2,27 €/l et un SP98 au-delà de 2,16 €/l, un plein de 50 litres coûte plus de 113 € pour un diesel et près de 108 € pour un véhicule essence premium. Le surcoût pèse directement sur les budgets des gros rouleurs, des artisans et des ménages dépendants de la voiture en zone rurale.
Enfin, l’incertitude elle-même nourrit le phénomène. Les achats d’anticipation, en vidant plus vite les cuves, transforment une tension logistique en rupture visible. Le retour à la normale, observé dès le 8 septembre au soir sur plusieurs carburants, dépend donc autant de la chaîne d’approvisionnement que du comportement des conducteurs.
* Source : selon le site penurie-carburant.fr, le SP95 classique n’est plus distribué que par environ 2 900 stations ; plus de 5 000 l’ont arrêté au profit de l’E10. Parmi celles qui le vendent encore, la rupture temporaire était d’environ 24 % le 12 septembre
















