Ford et Geely officialisent à Valence la production du novueau SUV Ford sur la plateforme modulaire GEA, via une coentreprise détenue à 66 % par Ford. L’usine espagnole tourne actuellement en dessous de sa capacité et devrait accueillir, une équipe, deux marques et cinq véhicules à partir de 2028.
Ford va assembler un nouveau SUV à l’usine d’Almussafes, près de Valence, en utilisant la plateforme modulaire électrifiée GEA de Geely, selon Automotive News. La décision matérialise le partenariat annoncé en juillet entre les deux constructeurs et illustre la dépendance croissante des groupes occidentaux aux systèmes d’ingénierie chinois pour rester compétitifs.
La coentreprise et les modèles prévus
Ford et Geely ont conclu fin juillet un accord créant une coentreprise à Valence. Ford détient 66 % du capital, Geely 34 % après versement de 221 millions d’euros. Le démarrage des activités est prévu au premier semestre 2027, sous réserve des approbations réglementaires, avec premières sorties de chaîne en 2028.
- Un SUV compact de la famille Bronco
- Un crossover multi-énergie conçu par Ford, codéveloppé avec Geely sur la plateforme GEA
- Deux SUV électriques sous la marque Geely
La plateforme GEA, Global Intelligent Electric Architecture, accepte des motorisations hybrides, hybrides rechargeables et 100 % électriques.
L’usine d’Almussafes, ouverte en 1976, dispose d’une capacité d’environ 500 000 véhicules par an. Elle ne fabrique actuellement que le Kuga et tourne à moins d’un quart de sa capacité, selon Bloomberg. Le regroupement des volumes de Ford et de Geely sur un même site vise à réduire les coûts unitaires.
Une position américaine contradictoire
Le partenariat s’écarte des avertissements répétés du PDG de Ford, Jim Farley, au sujet des constructeurs chinois. Il a déclaré à Fox News qu’il serait « dévastateur » que des véhicules électriques chinois soient autorisés à entrer sur le marché américain. Lors d’une réunion interne en juillet, il a a évoqué la possibilité que des constructeurs chinois s’implantent aux États-Unis d’ici cinq à dix ans, malgré les barrières tarifaires.
Fin avril, lors de la conférence sur les résultats trimestriels, le dirigeant a toutefois reconnu que Ford utilise des « partenariats mondiaux et de partages de propriété intellectuelle, y compris avec des entreprises chinoises ».
En février, Bloomberg rapportait que Jim Farley avait discuté avec de hauts responsables de l’administration Trump d’un cadre permettant aux constructeurs chinois de fabriquer des voitures en Amérique via des coentreprises à participation américaine majoritaire.
Geely cherche un accès au marché européen
Pour Geely, l’accord répond à une nécessité commerciale. Le groupe a annoncé le 17 août que ses exportations ont bondi de 158 % en glissement annuel, à 474 228 véhicules au premier semestre. Ses ventes sur le marché intérieur chinois ont reculé fortement. Geely a relevé son objectif d’exportation pour 2026, de 640 000 à 920 000 véhicules.
L’usine de Valence offre à Geely une première base de production européenne à l’intérieur du mur tarifaire de l’Union européenne contre les véhicules électriques fabriqués en Chine. La stratégie est comparable à celles explorées par Chery à l’usine Nissan de Sunderland et par Dongfeng dans un site Stellantis en France.
Geely s’appuie sur son External Collaboration Research Institute, qui pilote désormais plus de 100 projets avec des clients comme Renault et Waymo. L’entreprise vend ainsi sa rapidité d’ingénierie aux constructeurs qui dictaient autrefois les standards mondiaux.















