Comparer les caractéristiques de deux chariots élévateurs ne suffit pas pour choisir leur énergie. Dans un entrepôt, la disponibilité des engins dépend aussi de ce qui les entoure : puissance électrique mobilisable, temps accordé à la recharge ou au ravitaillement, espace disponible et rythme des équipes. Autrement dit, le choix de la motorisation gagne à commencer par un examen du site lui-même.
Avant le chariot, mesurer le profil énergétique de l’entrepôt
Un entrepôt fonctionnant huit heures par jour avec quelques engins n’a pas les mêmes contraintes qu’une plateforme exploitée en 2×8 ou 3×8. Dans le second cas, chaque période d’immobilisation doit être intégrée à l’organisation : recharge, changement de batterie ou ravitaillement interviennent directement dans la disponibilité du parc.
Pour une flotte électrique, il faut notamment vérifier la puissance que le bâtiment peut réellement consacrer à la recharge, mais aussi le nombre d’engins susceptibles de charger simultanément. Augmenter le parc sans réexaminer cette infrastructure peut déplacer le problème : les chariots sont disponibles, mais la capacité de recharge ne suit plus.
Pour les équipements fonctionnant au GPL, la logique est différente. L’alimentation d’un engin peut notamment reposer sur une bouteille de gaz carburation, ce qui permet de dissocier davantage l’autonomie du chariot de la puissance électrique disponible dans le bâtiment. Le modèle professionnel de 13 kg présenté par Butagaz annonce, par exemple, jusqu’à huit heures d’utilisation continue. Cette valeur correspond toutefois à ce produit et ne constitue pas une autonomie universelle : celle-ci dépend de l’équipement et de ses conditions d’utilisation.
Acteur historique de l’énergie en France, Butagaz distribue du butane et du propane en bouteille pour des usages domestiques et professionnels, ainsi que du propane en citerne. L’entreprise propose aussi des solutions destinées aux professionnels, notamment pour la cuisson, le chauffage, certains procédés industriels et la carburation. Elle développe par ailleurs le biopropane parmi ses solutions énergétiques.
Chaque énergie déplace les contraintes
Opposer simplement électricité et GPL masque donc une partie du problème. Une batterie reporte une partie des contraintes vers la recharge et l’installation électrique. Le GPL implique de son côté une organisation du ravitaillement et du stockage ainsi que des règles de sécurité propres aux gaz inflammables.
| Point à examiner | Chariot électrique | Chariot GPL |
|---|---|---|
| Infrastructure | Recharge et puissance électrique | Stockage et ravitaillement |
| Disponibilité | Dépend de la stratégie de charge | Dépend de l’autonomie et du remplacement |
| À anticiper | Charges simultanées et évolution du parc | Consommation réelle et approvisionnement |
Les technologies de recharge évoluent d’ailleurs pour répondre à ces contraintes. Enerzine a ainsi présenté une nouvelle génération de chargeurs pour les flottes de manutention électrique, conçue notamment pour augmenter la puissance tout en réduisant l’encombrement. Le choix énergétique ne peut donc pas être figé : il doit tenir compte des équipements disponibles et de l’évolution prévisible du parc.
Quatre questions à poser avant d’investir
Un audit simple permet déjà d’éviter un choix fondé uniquement sur le prix ou l’autonomie annoncée :
- Combien d’heures chaque chariot fonctionne-t-il réellement par jour ?
- Combien d’engins doivent être disponibles simultanément aux périodes de pointe ?
- Quelle infrastructure énergétique le bâtiment peut-il accueillir sans modification importante ?
- Le parc risque-t-il de doubler ou de changer de rythme dans les prochaines années ?
La sécurité doit faire partie du même diagnostic. Pour les chariots GPL, l’INRS rappelle les précautions liées aux risques d’incendie et d’explosion, aussi bien pendant l’utilisation que lors de la maintenance. Une solution moins exigeante sur un point peut donc imposer des contraintes ailleurs.
Dimensionner un système, pas seulement choisir un engin
Le bon raisonnement consiste finalement à considérer le chariot, son alimentation et le bâtiment comme un seul système. Mesurer les cycles d’utilisation réels, les périodes d’arrêt et les capacités du site avant l’achat permet de comparer les solutions sur leur fonctionnement quotidien, plutôt que sur leurs seules performances théoriques. Dans un entrepôt, l’énergie la plus adaptée est d’abord celle dont les contraintes sont compatibles avec l’exploitation.
















