Avant d’aménager la Lune, encore faut-il savoir ce qu’elle dissimule. Mêmes si les cartes en dessinent les plaines, les cratères et les reliefs, certains endroits résistent encore à une lecture depuis le ciel. Dans une région volcanique, une ouverture attire pourtant les regards sans livrer tous ses secrets. Son nom, Marius Hills Pit, désigne un site bien identifié.
📌 L’essentiel en 4 points
- GIMLI doit rechercher si le Marius Hills Pit se prolonge par une galerie souterraine.
- Radar, dispositif sismique actif, gravimètre et caméras croiseront leurs mesures depuis la surface.
- La Nasa entend bien réaliser une investigation in situ.
- L’agence spatiale ne confirme aucune caverne habitable ni choisi Marius pour sa future base lunaire.
La Nasa vient de retenir un projet pour tenter d’en apprendre davantage sur notre satellite naturel, avec une question en toile de fond : et si ce détail dans le paysage lunaire comptait un jour bien davantage que sa taille apparente ne le laisse penser ? Pour se faire, l’agence a retenu une charge utile pour sonder, depuis la surface, ce qui se prolonge sous un trou lunaire. Si une galerie existe, elle pourrait bien un jour servir d’abri naturel, à l’écart des radiations et des impacts.
GIMLI, quatre instruments dans le noir
L’agence américaine a sélectionné GIMLI, sigle de Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation. La cible porte un nom précis, le Marius Hills Pit, une ouverture dans une région volcanique de la Lune.
Ce projet sera financé dans le cadre du programme PRISM (Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon) de la NASA, qui envoie des instruments scientifiques sur la Lune à bord de sondes spatiales fournies par les prestataires participant à l’initiative CLPS (Commercial Lunar Payloads Services).
Un trou devenu un enjeu stratégique
Les images orbitales montrent une fosse aux parois raides avec un surplomb. Comme le vide sous la roche paraît plus large que l’ouverture, l’hypothèse envisagée fait rêver les planétologues. Le puits serait constitué d’un puits de lumière, d’un pan du couvercle effondré au-dessus d’un tube de lave, et d’une galerie formée par un volcanisme ancien, peut-être restée vide depuis.
Sur Terre, ce genre de conduit est bien connu dans les terrains basaltiques. Sur la Lune, la faible gravité ouvrirait des galeries bien plus larges, de plusieurs centaines de mètres. Certains candidats identifiés par gravimétrie autour de Marius Hills atteindraient même le kilomètre.
L’enjeu dépasse par conséquent la simple curiosité géologique. Une voûte rocheuse pourrait protéger les humains des rayons cosmiques, des micrométéorites et des variations thermiques. Mais ce refuge potentiel ne correspond pas au site actuellement envisagé pour la base américaine. En effet, les projets se concentrent davantage sur le pôle Sud, où aucun tube de lave n’est visible.

Quatre instruments pour sonder un vide
GIMLI réunit à lui seul quatre familles de capteurs. Un radar pénétrant doit sonder le sous-sol pour repérer les interfaces et les cavités. Un dispositif sismique actif frappe le sol pour produire des ondes et étudier leur propagation.
Un gravimètre relève les infimes variations du champ de gravité, à la recherche d’un déficit de masse compatible avec une cavité. Des caméras complètent l’observation du terrain. Au final, aucun instrument ne donnera seul le volume d’un vide invisible ; c’est le croisement des mesures qui doit permettre d’en préciser la présence et la géométrie.
Ensemble, les instruments doivent répondre tout ou partie à la question de savoir si une galerie se prolonge sous le puits, et quelle pourrait être son étendue ?
Une certaine prudence reste de mise
La Nasa décrit pour le moment une recherche à mener. Les indices disponibles rendent l’hypothèse d’une galerie intéressante.
Vue de l’orbite, la fosse n’est pourtant plus une simple tache sombre. Les images permettent déjà d’en étudier l’ouverture, les parois et le surplomb. Ce qui manque, c’est une connaissance du vide au-delà de ce que les vues orbitales révèlent. Dans un futur plus ou moins loin, la Lune deviendra une terre à redécouvrir et à aménager pour des missions spatiales plus avancées. Et ce trou-là pourrait potentiellement offrir un toit aux terriens contre les aléas et les radiations cosmiques.
Source : NASA / PSI
















