Renault a fixé ses priorités. Le renouvellement des Scénic et Rafale passera avant toute décision sur le prochain Espace. À la clé, une nouvelle plateforme électrique, jusqu’à 750 km d’autonomie et une charge rapide visée à dix minutes en 2030. Reste un élément encore sans réponse, à savoir, le prix.
Le monospace patiente, les SUV passent devant
Le directeur de la marque, Fabrice Cambolive, a posé la séquence. Le Trafic E-Tech ouvrira le bal en 2027, puis viendront les renouvellements des Scénic et Rafale, avant qu’une décision ne soit prise sur le prochain Espace. Renault donne donc la priorité à ses SUV. Une version de série du concept E-Space n’est, à ce stade, « pas un projet concret », selon le dirigeant.
Le concept, dévoilé au Mondial de l’automobile de Paris, sert de vitrine à cette réflexion, avec ses six sièges individuels et son habitacle transformable. Il ne préfigure pas directement un modèle de série. Certains de ses équipements ont toutefois un avenir déjà annoncé dans la gamme.
800 volts, la bascule technique
La fiche technique annoncée change de catégorie. Les futurs Scénic et Rafale reposeront sur la plateforme RGEV Medium 2.0, dotée d’une architecture électrique en 800 volts. Leur arrivée doit ouvrir un nouveau cycle industriel à partir de 2028.
Le doublement de tension par rapport aux 400 volts actuels doit permettre de faire passer davantage de puissance tout en maîtrisant l’échauffement des câbles. Il ouvre également la porte à des recharges plus rapides, mais ne signifie pas, à lui seul, une batterie plus grosse.
750 km WLTP, et sur autoroute ?
Renault annonce jusqu’à 750 km d’autonomie selon le cycle WLTP pour cette plateforme et vise une charge rapide en dix minutes en 2030. Ce sont là des objectifs techniques. Les vingt minutes souvent annoncées concernent les petites voitures conservant une architecture en 400 volts.
Les 750 km ne constituent pas une autonomie garantie sur toutes les versions des deux SUV. Il s’agit en outre d’une valeur selon le cycle WLTP, qui ne préjuge pas de la distance parcourue à 130 km/h par temps froid. Même prudence pour la recharge. L’objectif des dix minutes se situe à l’horizon 2030.
L’habitacle se réinvente
L’écran panoramique du concept E-Space a, lui, un débouché confirmé. Renault annonce que les futures générations des Rafale et Scénic seront les premières à bénéficier de l’OpenR Panorama.
Ce lien avec la série ne signifie pas que tout l’habitacle du concept suivra. Les six sièges individuels et l’aménagement transformable restent, pour l’instant, ceux d’une étude de design.
Le prix, l’angle mort du contrat
François Provost, directeur général de Renault Group, a évoqué Dans Ouest-France, plus de dix milliards d’euros d’investissements en France sur cinq ans, à condition que le contexte social et politique le permette. La montée en gamme technique ne signifie pas non plus que la facture industrielle grimpera mécaniquement. Avec sa nouvelle plateforme, Renault vise au contraire une baisse d’environ 40% du coût de ses véhicules électriques.
Les Captur et Symbioz électriques, évoqués pour le début de la décennie 2030, doivent également élargir l’offre. Pour les futurs Scénic et Rafale, le prix reste à connaître. C’est lui qui permettra de mesurer la portée commerciale des gains annoncés en autonomie et en recharge.















