La Commission européenne juge que la réduction des émissions ne suffira pas, à elle seule, à protéger les Européens des phénomènes météorologiques extrêmes. Le paquet d’adaptation présenté ne prévoit toutefois aucun financement supplémentaire.
Le commissaire au Climat Wopke Hoekstra a défendu une double exigence qui est de continuer à réduire les émissions et de reconnaître que cette action ne suffit plus face à l’ampleur des problèmes. « Il n’y a pas d’alternative : nous devons continuer à réduire nos émissions de façon plus déterminée », a-t-il déclaré. « Mais en même temps, nous devons reconnaître que les problèmes auxquels nous sommes confrontés ont pris une telle ampleur que cela ne suffit malheureusement plus. » Selon lui, l’objectif de 1,5 °C « reste le nôtre ».
La proposition ne s’accompagne toutefois d’aucun financement supplémentaire. À partir de 2029, les États membres devraient réaliser tous les cinq ans une évaluation nationale des risques climatiques et élaborer des plans de résilience d’ici fin 2030. Les gouvernements sont « encouragés » à tenir compte du scénario des 3 °C lorsqu’ils définissent leurs politiques, leurs budgets et leurs investissements. Les pays peuvent choisir de confier la responsabilité aux autorités nationales, régionales ou locales.
Un responsable désigné, des outils numériques
Interrogé par Euronews, Wopke Hoekstra a précisé le caractère obligatoire du dispositif : « Ce que nous rendons obligatoire, c’est qu’ils désignent un responsable et précisent clairement où se situe cette responsabilité ». Le paquet comprend aussi des outils numériques, dont un Climate Viewer européen qui traduit la trajectoire de réchauffement commune en projections locales. Un plan canicule, une alliance pour l’assurance climatique et une initiative européenne sur l’eau suivront.
Selon Wopke Hoekstra, les dégâts causés par les phénomènes météorologiques extrêmes de cet été dépassent 100 milliards d’euros.
L’UE devrait investir environ 70 milliards d’euros par an dans l’adaptation d’ici 2050, alors qu’elle y consacre aujourd’hui 29 milliards. Les négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union sont toujours en cours, et le paquet présenté ne s’accompagne d’aucun financement. Wopke Hoekstra a plutôt mis en avant la proposition de la Commission de consacrer 35 % du budget de l’UE au climat et à la nature, ainsi que 30 milliards d’euros de financements pour l’adaptation de la Banque européenne d’investissement d’ici 2030.
Des eurodéputés divisés
Les eurodéputés sont divisés. Peter Liese, du Parti populaire européen (centre droit), s’est demandé si les plans exigés étaient bien nécessaires. Kai Tegethoff, député proche des Verts, a averti que ce cadre « nous dit exactement à quel point nous sommes exposés, puis ne nous engage à rien ».
La nature au second plan
L’organisation de protection de la nature BirdLife affirme que le texte se contente d’inviter les États membres à « promouvoir » des solutions fondées sur la nature, comme la restauration des zones humides. Il ne contient aucune disposition contraignante ni financement dédié, alors que des écosystèmes en bonne santé contribuent à protéger contre les inondations, les sécheresses et les incendies de forêt.
Pour Anouk Puymartin, responsable des politiques chez BirdLife Europe, « La loi européenne sur la résilience climatique doit orienter les investissements vers le renforcement de la résilience naturelle de l’Europe et en faire une priorité majeure du prochain budget de l’UE ». Wopke Hoekstra a reconnu que le travail n’était pas terminé. Si le réchauffement continue de s’aggraver, a-t-il expliqué, « ce paquet pourrait bien devoir être renforcé ».
















