À quelques jours de l’ouverture de la COP31 à Antalya, en Turquie, deux rapports sur la cryosphère alertent sur l’accélération de la perte de glace. Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique fondent environ six fois plus vite que dans les années 1990. Cette perte se poursuivrait même si, après un dépassement temporaire, le réchauffement revenait à 1,5 °C.
Les rapports « Overshoot and the Cryosphere: Averting Global Meltdown (Le dépassement des limites et la cryosphère : éviter une catastrophe mondiale) » et « State of the Cryosphere 2026: The Cost of Overshoot (État de la cryosphère en 2026 : le coût du dépassement) » ont été publiés une semaine avant le sommet.
Le premier accompagne le récent rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), « Limiting Overshoot ». Ces documents indiquent que le réchauffement actuel, d’environ 1,4 °C, a déjà engagé une perte durable de glace. Pour les scientifiques, les catastrophes de cette année montrent que les conséquences se font sentir bien au-delà des régions polaires.
Une fonte six fois plus rapide
Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique perdent de la glace environ six fois plus vite que dans les années 1990, selon les rapports. Même un retour à 1,5 °C après un dépassement temporaire ne suffirait pas à enrayer cette perte. Les quelque 80 scientifiques qui ont contribué au rapport sur le dépassement situent plutôt autour de 1,0 °C la limite sûre à long terme pour les calottes glaciaires.
Les politiques actuelles conduisent à un réchauffement d’environ 2,8 °C. Dans ce scénario, il ne resterait que 41% de la masse glaciaire de l’Hindou Kouch-Himalaya, contre 83% si le réchauffement était limité à 1,5 °C. À l’échelle mondiale, plus de la moitié des glaciers, en nombre, pourraient disparaître même sans franchir ce seuil. Les rapports appellent à réduire les émissions d’au moins 5% par an.
« Nous avons perdu la possibilité d’éviter de dépasser 1,5 °C, mais nous pouvons encore limiter l’ampleur du dépassement, sa durée et les dégâts qu’il provoque », a déclaré James Kirkham, scientifique en chef de l’ICCI, lors d’un point presse.
Un avertissement pour les dirigeants
Auteur principal coordinateur du rapport, James Kirkham a déclaré que les conséquences de la fonte des glaces observées cette année devraient alerter les dirigeants du monde entier.
Il a cité le Népal, où, en août, des inondations provoquées par l’effondrement d’un flanc de montagne et d’un glacier auraient fait des milliers de morts et causé des dégâts équivalant à 10% du PIB du pays.
Il a également appelé à concevoir des systèmes d’alerte précoce avec les communautés touchées et à renforcer le partage de données entre les pays. « C’est un problème mondial, et il appelle une réponse mondiale », a-t-il affirmé.
Greenpeace interpelle la COP31
Greenpeace de son côté a appelé les gouvernements réunis à la COP31 à s’accorder sur une sortie progressive des énergies fossiles et à accroître les financements climatiques. L’organisation a aussi exhorté les pays développés à tenir leur engagement de tripler au moins le financement de l’adaptation d’ici 2035.
Avinash Kumar, de Greenpeace Asie du Sud, a souligné que le fonds des Nations unies pour les pertes et préjudices avait accordé des millions de dollars d’aide au Népal, alors que le coût de la reconstruction du pays avoisine les 5 milliards de dollars. « Voilà à quoi ressemble l’injustice climatique », a-t-il déclaré.
Selon Greenpeace, Jerry Jose, chercheur senior à Greenpeace International, estime que la question reste de savoir « à quelle vitesse ces changements vont se produire et quelles décisions les gouvernements prendront pour ralentir la fonte des glaces ».
















