Alstom: contrat pour une centrale hydroélectrique 1GW

Alstom Hydro annonce avoir remporté un contrat de fourniture de 4 groupes de turbines à pompes à vitesse variable** (d’une puissance de 250 MW chacune) et de moteurs-alternateurs, pour un montant de 178 millions d’euros, l’ensemble étant destiné à équiper une nouvelle installation hydroélectrique en Suisse.

D’une capacité de production de 1 000 MW, cette centrale fournira suffisamment d’électricité pour alimenter l’équivalent d’un million de foyers. Elle permettra à la Suisse de couvrir une grande part de la demande lors des pics de consommation et de développer sa capacité de production d’électricité sans émissions de CO2.

Ce contrat a été signé avec Kraftwerke Linth-Limmern AG (KLL), partenaire du groupe Axpo SA et avec le canton de Glaris. Il comprend la conception, l’ingénierie, la fabrication, l’installation, les tests, la mise en service sur site et la formation du personnel. Les équipements à livrer d’ici 2015 seront installés dans la nouvelle centrale de Limmern, actuellement en construction dans le canton de Glaris, en Suisse Alémanique.

Il s’agit du deuxième contrat remporté par Alstom cette année en Suisse pour une centrale à turbines-pompes à vitesse variable. En mai 2009, le groupe avait déjà conclu un contrat d’un montant de 125 millions d’euros pour équiper la centrale de Nant de Drance (628 MW) avec 4 turbines Francis réversibles verticales de 157 MW chacune, 4 moteurs-alternateurs verticaux asynchrones de 170 MVA et d’autres équipements, et en assurer la livraison, la construction et la mise en service sur site.

« Les turbines-pompes peuvent aider l’Europe à atteindre son objectif de production de 20 % d’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2020. En effet, cette technologie permet de stocker les surplus d’énergie provenant des sources d’énergie renouvelables intermittentes, comme l’énergie éolienne et solaire, ce qui en fait un outil performant d’équilibrage des ressources sur le réseau électrique », a déclaré Philippe Joubert, Président d’Alstom Power.

Ces équipements sont actuellement capable de stocker d’importants surplus d’énergie, ce qui permet aux producteurs d’électricité de réagir rapidement aux fluctuations et de gérer les pics de demande de manière plus efficace. Dès que la demande en électricité baisse, le surplus stocké est utilisé pour pomper l’eau dans un réservoir supérieur. Lorsque la demande augmente, l’eau est relâchée via les turbines vers un réservoir situé en contrebas, et l’électricité ainsi générée peut alors être vendue au prix fort.

Une turbine-pompe à vitesse variable régule sa propre consommation d’énergie. Les producteurs d’électricité disposent donc d’un meilleur contrôle sur leurs ressources, et peuvent ainsi adapter leur production à la demande plus efficacement. Par ailleurs, la vitesse variable permet de réduire le nombre d’arrêts et de redémarrages, tout en facilitant la régulation de la fréquence ou de la tension du réseau en mode de pompage. Ces avantages permettent aux propriétaires de centrales à turbines-pompes d’accroître leurs profits, et aux opérateurs d’améliorer la fiabilité du réseau électrique et la qualité de l’électricité fournie au client final.

** Les turbines-pompes conventionnelles ne peuvent fonctionner qu’avec une quantité fixe d’énergie, alors que les turbines-pompes à vitesse variable sont capables de réguler le niveau d’énergie qu’elles consomment. Elles continuent donc de fonctionner même si les niveaux d’énergie sont faibles. Par conséquent, elles garantissent un remplissage constant du réservoir, tout en contribuant à la stabilisation du réseau.

[Credit Image : Alstom]

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Guydegif(91)

Nos amis suisses en sont à leur 2ème sur 2009 ! Chapeau !  Nous avons chez nous qq vieilles STEP, dont certaines de petite capacité (Lac Blanc – Lac Noir, Vosges, 80 MW, 70 ans !!!) qui mériteraient d’être revues en revamping et accroissement capacité, avec la nouvelle techno décrite ci-dessus  Turbine-pompe + variateur de vitesse ! Plus qq nouvelles STEP judicieuses bien intégrées dans le paysage à prévoir ra-pi-de-ment ! Histoire d’optimiser nos EnR solaires et éoliennes existantes et à venir, mais pas que, en permettant pompage qd excédents d’électricité / heures creuses et turbinage qd besoins d’électricité / heures de pointe….les suisses, petit pays avec une partie des Alpes,…comme nous, ont compris ça ! Espérons que la prise de conscience va se faire sous peu aussi chez nous….! A+ Salutations Guydegif(91)

alain843

si la chaine des Alpes n’est pas en partie française ?   – les Vosges : franco-allemand ou vice-versa. (cela dépend du versant)   – les Pyrénées  : franco-hispanique.   – la chaine des Puys : 100 % française.     1000 mW installé, j’espère que cela retardera d’autant le développement du nucléaire…

Gogau

Les Vosges sont totalement français ! C’est la Forêt-Noire qui est le pendant des Vosges côté allemand !

alain843

des époques, enfin c’est mon grand-père qui me l’a dit et il est mort ,alors ? “vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine” ça t’dit rien ?

michel123

Il est clair que du côté d’edf et de gdf suez on ne s’active pas à préparer les systèmes de régulation et d’accumulation écologiques , décarbonnés et rentables à long terme que sont les station de pompage returbinage hydroliques , elles  vont cependant s’avèrer indispensables pour gérer les énergies intermittentes du soleil et surtout éoliennes qui lorsqu’elles sortiront d’une production marginale vont poser de trés gros problèmes de régulation . J’ai cru comprendre que ces entreprisent comptent sur les achats transfrontaliers pour réguler la demande et sur les centrales à gaz pour les pics de consommation , la taxe carbone devrait pourtant s’appliquer à ces centrales à gaz et au charbon pour dissuader les producteurs d’électricité  de tomber dans la facilité , d’user de plus en plus des centrales thermiques pour réguler la production et les pics de consommation hivernale anihilant de ce fait une grande partie des efforts d’investissement dans les énergies décarbonnées. MC

michel123

je ne parle pas des énergies prévisibles que sont le nucléaire , les centrales à charbon et à gaz , je parles des énergies dont on ne peut que constater la production  et qui , lorsqu’elle deviendront significatives necessiteront des équipements de régulation rapide , la seule structure de stokage à déclanchement instantané c’est l’énergie hydrolique avec de plus un excellent rendement de l’ordre de 90 % au pompage et 90 % au turbinage soit 80% , ce qui est trés honorable.

Fred73

Les STEP en France, pour les plus grosses ont ete créées ds les années 70, effectivement pour participer à la régul du nucléaire. Les puissances ne sont pas ridicules: Le cheylas 500MW, super bissorte, revin 400MW, La coche 320 MW, grand’ maison 1800MW (une parie en pompage), le Pouget, les brévières etc…. Donc cette technologie est bien connue en france, certes pas encore en vitesse variable. et contrairement à ce qui est écrit plus haut, des études sont menées pour des suréquipements en pompage ou turbinage, afin de proposer plus de moyens de pointe. De même la prise en compte des services systèmes est largement au gout du jour chez edf, dont une partie du parc hydraulique subit actuellement des mises à niveau.

bmd

Les STEP ne sont absolument pas indispensables au nucléaire dont la production peut varier dans des proportions très importantes, de l’ordre de 5% par minute pour les plus récentes (voir par exemple entre autres l’article de Acket sur http://www.sauvonsleclimat.org). C’est simplement une commodité, qui permet effectivement de ne pas réduire trop la marche des centrales nucléaires pendant la nuit, et qui a donc un grand intérêt économique. Mais elles peuvent être utilisées par toutes les autres centrales, et elles seront particulièrement utiles pour réguler l’éolien , qui , étant donné ses fluctuations trop rapides, ne peut s’ajuster à la consommation, exception faite de quelques manipulations du réseau pour une part marginale, que par la” non-production” quand le vent est trop fort, ou par l’intervention de centrales à réaction très rapide quand le vent est trop faible. L’hydraulique de lac est très bien adaptée et les STEP permettent une régulation encore meilleure. Un obstacle à leur développement en France semble être la tarification très élevée imposée par RTE pour transporter le courant fourni lors du turbinage sur le réseau. Un autre handicap est l’attitude des mouvements antinucléaires, pour lesquels les STEP, du simple fait qu’elles permettent un meilleure utilisation du nucléaire, sont à proscrire. D’autres mouvements écologiques s’y opposent, au nom de la protection du caractère naturel des rivières. La Suisse fait effectivement de très gros progrès en ce moment dans la conception des STEP, et nous ferions bien de les imiter et de créer des capacités supplémentaires. Cela nous permettre peut-être de construire de plus en plus de centralesà gaz, comme cela se prépare, pour réguler l’éolien et le solaire PV.

Noos

il y as également la centrale de Montézic dans L’aveyron.

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