Dyson débarque dans la salle de bains avec une caméra macro et un jet interdentaire. Le brossage devient une expérience connectée facturée 479 euros.
📌 L’essentiel en 3 points
- Dyson lance la CameraJet, sa première brosse à dents électrique dotée d’une caméra macro, d’un jet interdentaire et de l’app MyDyson.
- Le prix public est de 479 € ; les commandes sont ouvertes en Rose Céramique et Céramique Ultra Bleue.
- La technologie impressionne, mais le coût, la dépendance au smartphone et les zones d’ombre sur les données posent un vrai débat d’usage.
La marque britannique, reine des aspirateurs et des soins capillaires, a profité d’une présentation à Paris pour dévoiler la CameraJet, sa toute première brosse à dents électrique. Pas question de jouer la carte du simple manche vibrant. Dyson embarque à cet effet une caméra macro, un ciblage optique des espaces interdentaires et une application compagnon, MyDyson, pour transformer la routine d’hygiène en véritable séance de diagnostic.
Ce qui change vraiment ? la caméra au bout du manche pardi
La CameraJet ne se contente pas juste de brosser. La caméra (macro 100 000 pixels) filme l’intérieur de la bouche pendant le passage des poils et sert surtout à détecter les espaces interdentaires. L’algorithme Gap Optical Targeting analyse 28 images par seconde et, en moins de 100 ms, déclenche un jet conique de bain de bouche. Dyson parle de technologie « Gap Optical Targeting » ou « Ciblage optique par écart », censée repérer les résidus coincés entre les dents.
L’objectif est de ne plus se contenter d’un brossage aveugle. Grâce à la caméra macro, la brosse peut identifier les zones négligées et guider l’utilisateur en direct. Les données remontent dans MyDyson, qui transforme le rituel en suivi personnalisé. C’est en définitive la promesse d’une hygiène bucco-dentaire augmentée, à mi-chemin entre l’outil médical et l’objet de luxe.

Côté finition, Dyson reste fidèle à son ADN premium. La brosse est déclinée en Rose Céramique et Céramique Ultra Bleue, avec un kit comprenant la CameraJet, la brosse, le socle de recharge/remplissage, deux têtes, un étui de voyage et un câble. Le prix de vente conseillé s’établit à 479 euros (soit environ 499 dollars outre-Atlantique). Les commandes sont déjà ouvertes.
Un prix de 479 € pour se brosser les dents ?
Le premier choc vient du ticket d’entrée. À 479 euros, la CameraJet coûte plus de trois fois le prix d’une brosse électrique haut de gamme classique. Même les références premium du marché dépassent très rarement les 350 euros. Dyson assume un positionnement de luxe. Mais la salle de bains n’est pas un salle de démonstration, elle est humide, pleine de dentifrice et soumise à un usage deux fois par jour.
L’autre friction, plus discrète, concerne la dépendance à l’application. La caméra et l’analyse en temps réel n’ont d’intérêt que si le téléphone est à portée de lavabo. Or, le brossage efficace exige deux minutes de concentration. Filmer sa bouche, synchroniser MyDyson, consulter les données, cela peut vite tourner à la corvée numérique.

Reste aussi la question des données. Une caméra qui enregistre l’intérieur de la bouche soulève des interrogations légitimes. Dyson a répondu à cette inquiétude que la caméra ne s’active qu’en visualisation live ou en jet automatique ; qu’aucune image n’est enregistrée ni stockée sur l’appareil, dans l’app ou dans le cloud ; et que ni Dyson ni un tiers n’y a accès.
Enfin, la durabilité d’un tel concentré de capteurs dans un environnement humide et agressif devra être éprouvée sur la durée. Les démonstrations ne remplacent pas des semaines d’usage réel. La CameraJet est ambitieuse, mais elle devra prouver qu’elle n’est pas un simple aspirateur à budgets. Il faut savoir que des premiers tests et signalements parlent déjà de pannes, d’alertes de surchauffe et d’infiltrations d’eau sur une partie des premiers lots.
Finalement, Dyson applique à la brosse à dents la même recette que pour ses aspirateurs ou son casque audio Dyson Zone. Un ticket d’entrée élevé, une expérience intégrée et un design qui ne laisse personne indifférent. La bouche sera t-elle un terrain aussi porteur que le sol des salons ? rien n’est moins sûre.
















