La mauvaise empreinte carbone des algocarburants

Des chercheurs de l’Université de Virginie (USA) ont constaté de nombreux obstacles environnementaux pour que les biocarburants à base d’algues soient un jour économiquement viable.

Les ingénieurs du département de génie civil et d’environnement ont montré que la production d’algocarburant consomme plus d’énergie – participant ainsi à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre – et consomme plus d’eau que les autres sources de biocarburants.

"Compte tenu de ce que nous savons à propos des projets pilotes de production d’algues au cours des 15 dernières années, nous avons constaté que l’empreinte écologique des algues est plus importante que les autres cultures terrestres", a déclaré Andres Clarens, professeur assistant et auteur principal de l’article publié dans le Journal environnemental des Sciences et Technologies.

Bien qu’elles aient plus d’impact sur l’environnement que les autres biocombustibles, les algues restent une source d’énergie intéressante car elles ne rentrent pas en concurrence avec les cultures agricoles destinées à l’alimentation. Les algues possèdent également des rendements plus élevés que ceux à base de maïs ou de switchgrass (Panicum virgatum L).

Les recherches sur les algues ont par ailleurs mis en évidence une teneur élevée en lipides qui avec un raffinage optimal pourrait conduire à produire des bioalgues capables d’alimenter les véhicules hybrides.

Concernant la méthode de production d’algues, les chercheurs de l’Université de Virginie proposent une alternative aux processus actuels.
La production d’algues serait située dans des étangs, derrière les stations de traitement des eaux usées. Cela permettra aux étangs de capter facilement le phosphore et l’azote, des éléments nutritifs essentiels pour la croissance d’algues qui, autrement, devraient être produits à partir du pétrole (un comble !).

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Bruno

la nourriture des algues est aussi à base de PETROL, quel stupidité! Parfois le bon sens devrait primer quand je lis ce genre de chose.

Teredral

Il est dit “que la production d’algocarburant consomme plus d’énergie – participant ainsi à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre – et consomme plus d’eau que les autres sources de biocarburants.” Le fait de consommer plus d’énergie que les autres sources de biocarburants n’implique pas nécessairement l’augmentation des émissions de GES. Heureusement, la suite de l’article souligne l’intérêt potentiel des algues par rapport aux agrocarburants. On apprend également que le phosphore et de l’azote seraient produits (majoritairement) à partir de pétrole. A quoi servent les mines de phosphates et de nitrates ?

Lolo 138

Un article très  partisan et partiellement inexact …qui pose la question de savoir pour qui roule enerzine ?

enerZ

1- Si cet article est “partiellement” inexact, montrez nous en quoi il l’est ! Ce peut être intéressant… 2- Enerzine ne “roule pour personne”. Nous sommes indépendants et nous traitons de tous les sujets énergétiques. La rédaction

ssebb

> A quoi servent les mines de phosphates et de nitrates ? A consommer de l’énergie, dont surement pas mal de pétrole. A moins de creuser les mines à seul force des muscles, transporter ces produits en train uniquement, et transformer/purifier sans utiliser de chimie utilisant le pétrole.

Teredral

OK mais il y a une différence entre “produits à partir de pétrole” (comme indiqué dans la brève) et nécessitant du pétrole pour leur production (votre réponse).

Daehl

En fait l’article est en soit bizarre car le chapeau présente des inconvénients forts de la production d’alguocarburants et rien dans l’article ne justifie ou ne discute de ces soucis par contre on y présente les avantages de cette production d’énergie potentielle… Bizarre quoi!

De passage

comment va-t-on faire du phosphore avec du pétrole? Faut vraiment être idiot pour écrire et valider cela: Seuls les alchimistes de l’obscurantisme auraient pu écrire cela, et “ça” prétend faire des articles un peu scientifiques..! Misère Oui je me demande si quelqu’un n’est pas “150% biaisé vert”, c’est pour cela que je ne participe plus depuis longtemps à cela où les traits pricipaux développés sont la polémique et les a-prioris.

michel123

ces info ne sont pas appuyées par des chiffres clairs explicitant clairement les calculs sur lesquels se basent ces infoS. On voit mal en effet comment la culture d’algues travaillant en circuit fermé (et non à ciel ouvert) à travers des tuyaux transparents  pourrait avoir une forte consommation d’eau , de plus le rendement 15 à 30 fois plus élevé des cultures devrait diminuer et non augmenter la consommation des carburants necessaires à la culture en plein sol( pas de labourage , pas de plantation , pas d’épandage, pas de moissonage…) La seule consommation d’énergie se situant dans la circulation (lente ) des liquides et dans les processus d’extraction (comme tout agrocarburant) , les distances étant faibles entre la production  et l’usine , je ne vois toujours pas comment on se retrouverait avec une empreinte carbone si mauvaise  ! Pour finir aprés extration des lipides , il reste une masse sèche dont une partie est valorisable , ce qui est non valorisable est composé , entre autres , des sels minéraux (phosphates , magnésium ) qui peuvent  être réutilisés pour réalimenter à l’infini les circuits de production . Gageons que cet article à été pondu à l’instigation des syndicats américains et canadiens d’agrocarburants à base de maïs et de blé (dont l’empreinte carbone est notoirement catastrophique) et qui ne voient sûrement pas d’un bon oeil ce concurent qui menace leur filière .  MC

bmd

Les articles présentant le bilan énergétique de la fabrication de biocarburants à partir d’algues sont rares, car les promoteurs de ces biocarburants sont plus préoccupés d’attirer des capitaux que de présenter ces bilans. C’est pourquoi il aurait été utile de donner la référence exacte de l’article cité. Le rendement énergétique de la photosynthèse par les cultures des algues utilisables est d’environ 5%, contre 0,5 % pour les végétaux terrestres. Il faut donc s’attendre à en tirer environ 10 fois plus d’énergie par hectare que por les biocarburants classiques. Mais cet avantage diminue si les quantités d’énergie nécessaires à l’autoconsommation de la filière sont beaucoup plus importantes. Quand à l’azote et au phosphore, ils sont bien entendus indispensables à la croissance, pour les algues comme pour les végétaux terrestres. Autant les récupérer dans les eaux usées que mettre des engrais!

Olivier8

Is Algae Worse than Corn for Biofuels? A new analysis suggests so because of the need for copious fertilizer  

michel123

l’essentiel de l’argumentaire de cet article est basé sur des données non chiffrées et d’affirmations invérifiables . Il affirme par exemple qu’il faut beaucoup d’engrais , c’est faux  de petites quantités d’engrais sont necessaires en raison de la réutilisation et de cette notion de circuit fermé (et étanche)  Dans l”épandage en plein champ   vous dispersez par contre une grande quantité de résidus de porcheries (azote , phosphates ) ou d’engrais chimiques qui finissent en grande majorité dans la nappe phréatique , entrainant  une prolifération d’algues parasites et inutilisables (sur les bords de mer et dans le ruisseaux) Le seul argument valable étant que pour un bon rendement les algues doivent capter du co2 extrait des fumées de combustion d’usines  brulant du pétrole ou du charbon (et non le prendre dans l’atmosphère ) de ce fait le co2 sera brûlé une deuxième fois mais finira dans l’atmosphère par l’intermédiaire de votre pôt d’échappement . Sinon tout le rete me semble être du pipeau mal argumenté .

Olivier 8
marcob12

L’étude indique que si on cultive les algues en mares à ciel ouvert, que le CO2 provient du reformage à la vapeur d’hydrocarbures et la source d’azote provient de la chimie de synthèse (énergétiquement coûteuse), le retour sur investissement énergétique est moindre qu’avec des sources “conventionnelles”. Ceci dit les rendements à l’ha sont plusieurs fois supérieurs et on n’a pas à convertir des terres cultivables. La technique est cependant jeune et ne tend pas vers ce schéma. On semble plutôt viser des photobioréacteurs (pour préserver la/les sources sélectionnées de contamination, bien mieux contrôler la température et l’insolation, bref optimiser les paramètres de culture). Par ailleurs (ils le disent) un couplage avec des eaux usées (la collecte d’urine locale pourrait être utilisée) et de sources de CO2 locales, renversent le bilan énergétique en faveur des micro-algues. Il faut ce genre d’études d’analyse de cycle complet des filières pour éviter de lancer à grande échelle une expérience qui s’avérerait  désastreuse au niveau de l’EROI par ex. Ceci dit jamais on n’atteindra les “18” de l’éolien par ex. La synthèse de mes lectures me dit qu’il faut méthaniser et brûler le gaz en centrale (voire CCS ensuite). Au pire limiter la production au carburant aérien. Evidemment tout le monde vise le marché automobile, donc le mur assuré.

Sicetaitsimple

il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais je ne vois d’abord pas de réel conflit d’usage avec d’autres activités, et effectivement des synergies avec d’autres activités (traitement d’effluents organiques par exemple)…ce qui est primordial. Pour ce qui concerne, le “circuit fermé” des nutriments, je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple…Il faut bien (à ma connaissance) un apport frais de nutriments. Quant à du CO2 concentré au delà de la concentration dans l’air, ça existe…dans n’importe quelle installation de combustion. Les serres dans lesquelles les gaz d’échappement des chaudières sont rejetées pour accroitre la concentration en CO2 dans la serre et récupérer la chaleur des fumées, c’est une réalité.

christian

Merci à Enerzine de collecter ces brèves. Sans doute le communiqué de l’université de Virginie n’est-il pas très bien écrit d’origine, mais de là à demander de le ré-écrire… C’est un communiqué de presse pointant vers un article scientifique. Que ceux qui se sentent le goût, le temps et la capacité de le lire y aillent. L’avis des autres, c’est juste le café du commerce. Ca a son intérêt aussi, hein. C’est la démocratie. Mais ceux qui entendent critiquer rigoureusement devraient plutôt écrire à l’éditeur de “Environmental Science and Technology” (à savoir l’American Chemical Society). Le lien vers l’article (pour ceux qui ont l’abonnement). Il est intéressant de noter que les précédentes publication du même groupe de recherche portaient sur les ACV des huiles de coupes…

marcob12

La qualité des documents que vous nous proposez parfois est largement gâté par votre suffisance et votre goût de la polémique. Je l’ai cité pour avoir son étude récente sous la main et sa compacité (12 pages) la rend lisible. Je n’ignore pas qu’il est parmi les plus pessimistes et que d’autres (qu’on pourrait légitimement taxer d’optimistes) trouvent un EROI allant jusqu’à 3:1. Pour la majorité des études c’est inférieur à 2. Or, viser un EROI inférieur à 3:1 c’est perdre notre temps. Si la lecture d’études de plus de 100 pages ne vous épuisait pas vous auriez notez que votre document est daté d’aout 2005 et ne peut donc porter critique sur une étude publiée en 2009… La critique est donc de vous. A quel titre pouvez-vous disqualifier le travail de Pimentel sur ces questions ? Il s’agit donc d’ad hominem qui nous avance peu. La vraie question est : peut-on jouer avec les écosystèmes ( à terme 9 milliards de mangeurs de viande à nourrir) quand on a tout lieu de penser que l’EROI des agrocarburants est misérable  et surtout que nous avons des alternatives bien meilleures ? Je vous rappelle qu’en amont on peut tirer partis de sources ayant un bien meilleur retour sur investissement énergétique et en aval bénéficier par ex des rendements du moteur électrique (plus récupération d’énergie au freinage) face aux moteurs thermiques. Sans lire vos études de plus de 100 pages, il n’y a a priori pas photo à l’arrivée.

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