Le nucléaire divise la coalition allemande

La ministre allemande de la Recherche souhaite que son pays revienne sur sa décision de sortir du nucléaire. Une position qui ne fait pas l’unanimité au sein de la coalition gouvernementale.

Dimanche dans le journal Bild am Sonntag, la ministre allemande de la Recherche, Annette Schavan, a appelé à ce que l’Allemagne renonce à sortir du nucléaire. "Nous devons sortir de la décision de sortir" du nucléaire, a-t-elle déclaré. En effet, pour la ministre, le nucléaire permettrait à l’Allemagne de mieux "contribuer à l’effort mondial de protection du climat et à la fourniture d’énergie durable".(…)

Mais le chef du groupe socio-démocrate (SPD) au Bundestag, Peter Struck, ne partage pas l’avis de sa ministre. Pour lui, la question des déchets radioactifs reste trop préoccupante pour que l’énergie nucléaire soit considérée comme une solution aux problèmes environnementaux. Il juge que reprendre la construction de centrales serait "irresponsable tant que la question de l’élimination des déchets hautement radioactive ne serait pas réglée".

L’ancien gouvernement, dirigé par Gerhard Schröder (centre-gauche), s’était engagé à fermer les 17 centrales nucléaires allemandes d’ici 2021. Une décision que de plus en plus d’allemands contestent aujourd’hui, au vu de la question du réchauffement climatique. La Chancelière Angela Merkel, semble elle même favorable à un retour en grâce de l’énergie nucléaire, mais son gouvernement ne peut pas prendre de décision en ce sens. En effet, la question est sensible au sein de la très large coalition au pouvoir.

Si la CDU, parti chrétien démocrate de la chancelière et de la ministre de la Recherche est plutôt pro-nucléaire, la gauche demeure majoritairement favorable à l’abandon de l’énergie atomique. Les déclarations de madame Schavan risquent donc d’être dangereuses pour la stabilité de la coalition.

L’année prochaine lors des prochaines élections, la question du recours à l’énergie atomique pourrait sonner le glas de l’alliance qui a porté Angela Merkel au pouvoir. D’ailleurs, M. Struck met au défi la chancelière de poser la question aux électeurs. Si elle veut faire du nucléaire une question électorale, je lui dis: ‘Allez-y !’ Les gens sont conscients de leur responsabilité envers leurs enfants et petits-enfants", déclare le socio-démocrate.

Aujourd’hui encore, une majorité d’allemands reste opposée au nucléaire, mais cette proportion diminue année après année.

T.D.

[Brève publiée sur le Site Fenêtre sur l’Europe, sous licence Creative Commons]

Articles connexes

S’abonner
Notification pour
guest
24 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Dan1

Les Allemands avaient l’immense avantage d’avoir du charbon (lignite) en quantité sur leur territoire, cela les a bien servi au 20ième siècle pour assurer leur prospérité. Ils pouvaient même se payer le luxe de sortir du nucléaire en continuant à produire de l’électricité san trop faire appel au pétrole.L’ennui, c’est le réchauffement climatique.Ils se sont lancé, la fleur au fusil, dans la sortie du nucléaire sans avoir validé les solutions de rechange :Bilan, ils ont toujours des centrales nucléaires pour 25 % de la production, mais n’en tirent pas le meilleur bénéfice et s’ils ne font rien pour “décarboné” leur production d’électricité, ils n’ont aucune chance d’atteindre les objectifs européen. Ils savent pertinement que dans les 20 ou 30 prochaines années, les EnR ne peuvent pas prendre le relais des moyens de production de masse en base.Ils sont donc à un tournant douloureux, c’est maintenant qu’il faut décider entre dogmatisme et pragmatisme.               Un socio-démocrate déclare “Les gens sont conscients de leur responsabilité envers leurs enfants et petits-enfants”. ben oui, c’est justement tout le problème : si vous vous sentez responsable à 30 ans vis à vis de vos enfants et à 60 ans vis à vis de vos petits enfants, vous devez regarder ce qui pose problème à cette échéance.Or, aujourd’hui, ce ne sont pas les déchets nucléaires à très haute activité ou/et à très longue vie qui pose un problème de fond pour les générations futures, ce sont les déchets gazeux rejetés sans pratiquement de contrôle par les diverses installations industrielles et notamment les centrales électriques thermique à flamme. Rappelons que l’Allemagne rejette annuellement plus de 350 millions de tonnes de CO2 pour sa production d’électricité.Conclusion : si nous faisons exploser le thermostat de la terre dans 50 ans à cause des émissions de GES, qu’est-ce que cela pourra bien faire à nos petits enfants de savoir qu’il existe un risque de limité de contamination par des déchets très peu volumineux et très contrôlés ?Questions : qui est conscient de ses responsabilités envers ses enfants ?

Guydegif(91)

La ministre de la Recherche A.Schavan, la Dirigeante suprême A.Merkel , ainsi que bien d’autres au gouvernement ainsi que dans la population sont conscients que la ”Relève Plus Propre en Quantité requise” du Nucléiare n’est pas dispo à ce jour et ne le sera sans doute pas avant 2020… Donc à choisir le moindre mal, contrôlé,… OUi aux économies d’énergie partout et par tous les moyens: remplacement rationnel des lampes à incandescence et autres remplacements judicieux identifiés, Oui ! Oui ! OUi ! Oui au ”Bouquet de Solutions EnR et DD !” à explorer résolument ! Oui ! Oui !, mais…faut qd même être LUCIDE et réaliser que pour obtenir le VOLUME requis de TWh il faut des moyens de production PROPRES ! Aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre le Nucléaire maitrisé est LA source en volume de TWh requis LA PLUS PROPRE et la moins productrice de GES ! Le volume de déchets radiactifs ne doit évidemment pas être négligé, mais est tout à fait gérable. Certes là aussi, il faut poursuivre les investigations pour tj mieux le cerner, voire l’éliminer….  Dans un premier temps le Nucléaire est donc encore indispensable, malgré des économies d’energies drastiques, louables et indispensables, elles aussi et toutes les pistes EnR mises en oeuvre. Faut être réaliste et pragmatique ! A+ Salutations Guydegif(91)  

Andre

Pour qui veut bien se donner la peine de consulter les documents concernant les déchets radioactifs (voir par exemple le site “laradioactivité.com” ) s’apercevra que le problème n’est pas technique mais relève simplement de l’acceptabilité par la Société. Pendant trop longtemps, les antinucléaires ont été la référence médiatique. Il est peut-être temps effectivement de passer au…. réalisme.

Dan1

D’accord avec Guy et André sur l’urgence du réalisme. Ceci dit, il ne faudrait non plus retomber dans les travers de l’écologie extrémiste et médiatique.Le nucléaire n’est relativement “propre” qu’en fonctionnement, mais il y a évidemment l’amont et l’aval comme pour toutes les flilières énergétiques. Il faut donc comparer soigneusement les avantages et les inconvénients de chaque moyen de production sans a priori. Le nucléaire ne manque pas d’atouts, mais le problème des déchets, même s’il est effectivement largement maîtrisable et maîtrisé doit être examiné de près. De même, le démantèlement, objet d’une consultation de l’ASN, doit être maîtrisé et la France se doit de montrer l’exemple sur ces deux sujets. Je crois qu’elle en a la capacité.      Je pense que le plus intelligent pour des citoyens responsables est de bannir les termes “propres”, “vert” et “gratuit” lorsqu’ils parlent d’énergie. A très grande échelle, celle d’un pays comme la France, celle de l’Europe et a fortiori celle du monde, rien n’est neutre.Ces termes sont employés, la plupart du temps dans une logique consumériste qui s’oppose souvent à une logique de maîtrise de la consommation d’énergie.

stef

A vous entendre le nucléaire est la solution au dérèglement climatique. Il faudrait peut être regarder les scénarios énergétiques mondiaux, le dérèglement climatique étant un problème mondial. Aujourd’hui le nucléaire représente 3% de la consommation d’énergie finale. Autant dire rien du tout par rapport au défi climatique.Si vous voulez que le nucléaire soit véritablement une option, il faudrait multiplier le nombre de centrales par au moins 10 ! Irréalisable à court terme…. Trop de pays sont beaucoup trop instables pour cette technologie, sans parler de la pénurie de production d’uranium.André, j’ai jamais lu ou entendu un pronucléaire d’aussi mauvaise foi…. dire que le nucléaire est propre, c’est vraiment manquer de respect au milliers de morts déjà causés par cette technologie, et a tous ceux qui en souffrent encore…

Dan1

Si le nucléaire participe si peu (tout de même 17 % de l”énergie électrique mondiale) effectivement n’en parlons plus et rouvrons les mines de charbon, c’est pas quelques centaines de millions de tonnes de CO2 de plus par an qui vont changer grand chose, et au moins on aura la paix avec Greenpeace !Les polonais et les australiens n’ont strictement  rien à changer, en revanche les allemands ont encore des efforts à faire, il reste 25 % de nucléaire (150 TWh) à convertir au charbon ce qui ne ferait que 150 millions de tonnes de CO2 par an. Pour les français, il faudra passer de 45 Mt à au moins 450 Mt malgré les EnR. Après cela, ce n’est plus la peine de nous seriner avec les lampes basse consommation !Ben non, le nucléaire n’est pas “LA SOLUTION”, il contribue à hauteur de ce qu’il sait faire : c’est à dire produire en masse de l’électricité sans carbone dans les pays riches, c’est à dire les principaux émetteurs.Le nucléaire a fait des morts, c’est une évidence… et le reste c’est gratuit ? combien de mort dans les mines de charbon, combien de silicose ? Non le nucléaire n’est pas propre… pas plus que le reste !Problème d’acceptabilité par la société et d’information voire de désinformation.    

stef

Je n’ai jamais prétendu qu’il fallait remplacer la consommation nucléaire actuelle par du fossile… Loin de moi cette idée. La priorité est de réduire nos consommations d’énergie (et pas seulement d’électricité). Donc si il faut continuer à “seriner” les gens avec les lampes basse consommation, d’une part, mais bien d’autres choses encore…Et plutôt que d’investir 3 milliars d’euros dans un EPR on ferait mieux de les investir dans les ENR : autant d’énergie mais bien plus d’emplois (non délocalisables, utile par les temps qui courent) à la clé (voir par exemple l’étude menée par les 7 vents du cotentin sur l’alternative à l’epr).Comme vous le dites, le nucléaire n’est pas LA SOLUTION. La maîtrise de l’énergie et les EnR, si…Concernant les morts, efefctivement il y en a eu dans le nucléaire mais aussi dans les mines de charbon (et pas qu’un peu). Encore une fois, je n’ai jamais entendu parlé de mort dans une usine productrice d’éolienne, de panneaux solaires, … Par contre il est vrai qu’il y a eu tout de même des morts dû à des ruptures de barrage. Mais je trouvais juste scandaleux de la part d’André de dire que le nucléaire est une énergie propre. Et l’actualité nous le rappelle (fuites dans les mines de sel en Allemagne, fuite à Tricastin).

Prudent

L’étude des 7 vents du Cotentin se trouve ici : ;(résumé) et ici : ;(étude complète) et s’intitule “Un courant alternatif pour le Grand Ouest. Quelles alternatives au réacteur EPR ? Une réponse intelligente, une étude sérieuse qui développe l’économie et l’emploi de la région.

Dan1

On revient aux nombreux débat animés où l’on oppose nucléaire et EnR. Voir de nombreux articles Enerzine.Le problème est qu’actuellement, le nucléaire est un moyen de production de masse en base qui ne peut, dans les grands pays comme l’Allemagne, la France et autres, se voir opposer quasiment que des centrales thermiques à flamme (charbon, gaz, fuel). Le hic est là, on peut tourner le problème dans tous les sens, les EnR sont toujours minoritaires et de loin. Même les pays pionniers comme le Danemark, n’ont pas trouvé “LA SOLUTION”.Conclusion : nous sommes d’accord sur le développement des EnR et sur les économies d’énergies, mais aujourd’hui le compte n’y est pas et il n’y sera pas suffisamment en 2030. Même si vous investissez 3 milliards dans les EnR vous n’aurez pas “LA SOLUTION”, si il ne s’agissez que de 3 milliards, les Allemands l’auraient trouvée.Chaque que l’on parle de supprimer le nucléaire, ici ou ailleurs, il faut proposer un scénario de mix énergétique chiffré, à l’instar de ce qu’a fait Greenpeace ou Negawatt. Cela permet ensuite d’analyser sereinement, les diverses options.Résumons : sachant que la France consomme chaque année 480 TWh d’électricité (elle en produit 70 de plus), par quoi souhaitez vous remplacer les 420 TWh des centrales nucléaires ?Le Comité Stop Nogent a répondu à cette question.Enfin, j’emettrai des réserves quant aux emplois non délocalisables engendrés par les EnR. Il me semble qu’aujourd’hui, un certain nombre de panneaux photovoltaïques installés en France sont réellement fabriqués en Chine et seulement assemblés en France ou du moins en Europe, que les éoliennes viennent du Danemark, d’Allemagne et d’Espagne et d’Inde et pourraient bientôt venir de Chine. Cela me semble moins critique pour l’industrie nucléaire.Une analyse comparative chiffrée des emplois locaux induits s’impose.  

stef

Je n’ai jamais dis que seulement en investissant 3 milliards d’euros dans les EnR on avait LA solution. Par contre, en arrêtant d’investir dans le nucléaire (y compris dans la recherche nucléaire, qui bouffe quand même 450 millions d’euros par an, à comparer avec les 50 à 80 millions dans la recherche dans les EnR…), en investissement massivement dans la maitrise de l’énergie et les EnR, et en mettant en place des politiques ambitieuses, on peut ptetre avoir la solution… Mais pour l’instant on en est loin.Effectivement il faut des scénarios énergétiques chiffrés, à l’instar de Negawatt. C’est bien comme ça que je pense, pour répondre à votre question, remplacer la production d’élec des 420 TWh nucléaires.Pour ce qui est des analyses comparatives de emplois locaux, je vous invite à lire l’étude des 7 vents du cotentin…

Dan1

Si vous arrêtez les investissements dans le nucléaire, vous commettez la même erreur que les allemands, car vous ne possédez pas la solution de remplacement “décarbonée”.Investir dans les EnR doit être fait, mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités, à terme de 2030, les EnR ne ferons pas la majorité de l’énergie consommée dans les grands pays industrialisés et pas souvent dans les petit pays (même le Danemark est essentiellement fossile… est-ce faute de volonté et d’investissement). Reste la solution d’aller vivre en Islande ou en Norvège, où là, je vous l’accorde produire de l’électricité avec des centrales nucléaires eu été un non sens total.Maintenant pour s’en rendre compte, il suffit d’un scénario chiffré, c’est pourquoi je réitère ma question :Comment comptez vous produire la consommation d’électricité de la France (y compris les MDE) en 2020, 2030, 2050 ? à chaque moyen de production cité, il faut mettre le nombre de TWh annuel produit.D’autre part, se priver du nucléaire maintenant, signifie probablement s’interdire à terme des transferts d’énergie carbonée vers les non carbonée. Exemple, si dans quelques années nous disposons de batteries performantes (y a encore du travail), nous pourrions limiter l’utilisation du pétrole en privilégiant la traction électrique comme on l’a déjà fait notamment à partir des années 50 lors de l’électrification des voies ferrées et des locomotives.Voir l’article :  “Le baril à 150-170 dollars cet été”Malgré tous ses défauts, il me semble prudent, pour un pays comme la France, de ne ferner cette option que lorsque nous aurons la démonstration que l’on est capable de faire mieux compte tenu des contraintes actuelles et futures.          

stef

Pour répondre à votre question des moyens de production, comme je vous l’ai déjà dit, je me base sur le scénario Negawatt (qui à mon sens est le plus abouti des scénarios énergétiques). Dans ce scénario ils indiquent bien pour chaque type d’énergie le nombre de TWh produits (cela ne me semble pas forcément utile de les recopier tous ici, il suffit de lire le scénario, téléchargeable sur le site http://www.negawatt.org).Avec ce scénario on arrive bien à un facteur 4 d’ici 2050, tous type d’énergie confondus. Ce qui reste l’objectif pour combattre le dérèglement climatique.Bien sur, ce scénario n’est pas simple à mettre en oeuvre, il faut du courage politique. Ce qui manque cruellement actuellement…

stef

J’ajoute également qu’investir massivement dans les EnR plutôt que dans le nucléaire permet par la suite, par la baisse des coûts, d’apporter des solutions en pays en voie de développement, qui eux ne risquent pas d’investir dans le nucléaire, et donc ont le choix entre le pétrôle et pas grand chose…

Dan1

Pour le scénario Négawatt, j’ai déjà répondu dans l’article “Consultation publique pour un parc éolien en Aveyron” publié le 22 avril 2008. N’oubliez pas qu’avant 2050 dans Negawatt, il y a 2030.  Pour les pays en voie de développement, il y a un fossé énorme entre les bonnes intentions et les actes.Si c’était simple, nous n’installerions pas massivement les panneaux photovoltaïque en Allemagne !Pas d’argent, pas de garantie de stabilité pour les investisseurs = pas d’EnR !En Afrique, ce ne sont pas les besoins qui manquent et les lignes haute tension qui bloquent l’électrification décentralisée. N’oublions pas l’effondrement des subventions françaises et européennes dans les années 90 et en même temps la dévaluation du France CFA (remarquez c’est plus pratique maintenant 100 FCFA = 1 nouveau franc epuis 1994, dommage que nous soyons passé à l’Euro !).Qu’est-ce qui empêche d’électrifier massivement le Niger et le Mali avec du PV, sachant que les mêmes modules pourraient produire 3 fois plus d’électricité. Lorsque le PV est difficilement accessible pour un foyer aisé en France (2000 kWh/an pour 20 000 euros d’investissement subventionné à 50 % sur les fournitures donc 12 à13 000 Euros à la charge du particulier), imaginez ce que cela représente pour des pays qui ont un niveau de vie 20 à 30 fois inférieur. Le salaire mensuel  de 50 Euros permet d’acheter 5 Wc ou de rembourser une installation de 2000 Wc en 34 ans… sans manger ! Après vous pouvez toujours leur dire que l’énergie solaire est gratuite, ils vous répondront, oui patron si tu payes !     La baisse des coût ne viendra pas que de l’augmentation du marché, mais de rupture technologique. Investir massivement dans les EnR signifie aussi investir au bon endroit : installation ou recherche ?

Solar pv philip

en créant un marché comme l’a fait l’allemagne à travers des subventions, elle a ouvert la voie de l’industrialisation et de l’installation et donc permi des économies d’échelles et , ne l’oublions pas, toutes les entreprises à long terme investissent massivement dans la recherche (q-cells et compagnie…)  donc finalement la baisse des coûts se fait sur les deux fronts et réponds aux objectifs souhaités par tous : une énergie solaire propre et compétitive !

stef

Dan, tu penses que le scénario Negawatt “est beaucoup trop orienté vers un seul but : réduire la consommation d’électricité pour justifier la sortie du nucléaire.” C’est mal connaître les membres de Negawatt. Ce sont avant tout des professionnels des EnR et de la MDE (des références nationales d’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre de fois où en retrouve dans des congrès, colloques, conférences, formations, …). Et leur but premier n’est pas du tout de sortir du nucléaire mais bien de proposer un scénario facteur 4. Que tu trouves dommage qu’on n’investisse plus dans le nucléaire, parce que cette énergie (dégueulasse) te plaît, ça c’est autre chose…. mais je trouve quand même pas mal de dire que ce scénario va tourner au fiasco parce qu’il est ambitieux… c’est faire preuve d’un manque de courage et d’ambition ! tout comme nos politiques actuels. Evidemment le facteur 4 est ambitieux, donc tout scénario qui amène au facteur 4 n’est pas évident à mettre en place.Et si tu trouves ce scénario si mauvais, je suis preneur d’un autre scénario facteur 4…Pour les EnR dans des pays en voie de développement, comme l’a dit solar pv philip, c’est bel et bien un investissement à la fois dans la recherche et dans la production qui permet une diminution des coûts.

Dan1

Je constate simplement que Negawatt est un scénario excluant d’emblée le nucléaire (énergie non carbonée) et mise tout sur les EnR sauf le gaz (plus de 160 TWh en 2030). Je dis simplement qu’il existe un vrai risque que les économies promises ne soient pas au rendez vous et que l’on se retrouve avec une très forte dépendance au gaz, que justement l’Europe voudrait limiter. A ce sujet lire le rapport de Claude Mandil : article “Sécurité énergétique européenne:Mandil rend son rapport” du 23 avril 2008.Personnellement, je n’ai aucun intérêt dans le nucléaire, pas plus d’ailleurs que dans d’autres filières énergétique, je ne vends rien et je me contente d’observer ce qui se passe dans le secteur de l’énergie en qualité de citoyen. Si quelqu’un me prouve de façon réaliste qu’en France, on peut dans les 20 ou 30 prochaines années, se passer du nucléaire et néanmoins ne pas accroitre nos émissions de GES, je suis preneur. Pour l’instant, je n’ai pas beaucoup de propositions chiffrées, sauf  Négawatt.Négawatt se focalise sur l’électricité, c’est bien, mais pour la France, c’est occulter l’essentiel de émissions de GES. Si l’on raisonne en PRG (Pouvoir de Réchauffement Global), le CITEPA nous indique qu’en 2007, l’électricité en France serait responsable de 5,9 % des émissions :  page 22/24.Si vous arrêtez le nucléaire, vous ferez forcément plus, est-ce le but ?Par contre, je comprends fort bien votre approche, puisque vous considérez je cite : “Que tu trouves dommage qu’on n’investisse plus dans le nucléaire, parce que cette énergie (dégueulasse) te plaît”.Tout est dit ! Pour ma part, je me moque qu’on investisse ou non dans le nucléaire, ce n’est pas l’énergie qui me fait vivre. En revanche, en qualité de citoyen, je souhaite fortement continuer à bénéficier d’un système de production d’électricité qui marche bien et je ne souhaite que la France accroisse ses émissions de GES au nom d’une vision dogmatique des choses. Je souhaite également que l’on traite en priorité la dépendance au pétrole avant la dépendance à l’atome. Le facteur 4 pour l’électricité, je le répète, c’est bien, mais rapporté aux enjeux du réchauffement climatique, en France, cela revient à traiter 75 % de 6 %, c’est à dire 4,5 % du problème !Contre quoi voulons nous lutter ?    Comme je n’ai pas d’action chez EDF, je fais comme beaucoup de gens, je réduis mes consommations d’électricité. Pour 5 personnes et une maison individuelle, je suis entre 3000 et 3500 kWh par an, je mesure et j’enregistre les consommations de tous mes appareils et j’ai un éclairage à plus de 80 % par lampe basse consommation depuis presque 10 ans. Mon ordinateur portable est au niveau du Watt en veille et aux alentours de 33 W en fonctionnement (j’ai l’enregistreur sous les yeux).Malgré cela, je ne suis pas écologiste, mais je m’intéresse à l’écologie.     

stef

Etes-vous sur d’avoir bien lu le scénario Negawatt ? Il ne se focalise pas uniquement sur la production d’électricité, mais sur l’ensemble des consommations d’énergie des français, pour arriver à un facteur 4 toutes énergie confondues….Et, toute consommation d’énergie confondue, le scénario Negawatt n’entraine pas une hausse des consommations de gaz (si on regarde uniquement l’électricité, c’est le cas effectivement).Et je suis toujours preneur d’autres scénarios qui aboutissent à un facteur 4….Personnellement je sougaite également continuer à bénéficier d’un système de production d’électricté performant. Mais je souhaite également que l’on diminue nos pollutions dans la mesure de ce que l’on sait faire. Les pollutions qui entrainent un dérèglement climatique, bien sur, mais aussi le nucléaire qui engendre des déchets pour des milliers d’années. Et on a beau dire qu’il y a des moyens de stickage qui sont surs et sans danger, j’ai du mal à y croire, au vu des mensonges déjà maintes fois répétés dans le nucléaire, et au vu du laps de temps qui me semble beaucoup trop long pour qu’on puisse être certain qu’il n’y ait pas de fuites par la suite, au bout de 10, 20 ou 100 000 ans.

Dan1

Oui j’ai lu et même imprimé Negawatt puis rentré certaines données sur un tableur. Je vous accorde qu’il ne traite pas que de l’électricité, mais elle est en bonne place (3 pages, de 4 à 6) tandis que la mobilité est traitée en un tout petit peu plus d’une page (7 et début de 8).Son intérêt, comme je l’ai déjà écrit, est d’être chiffré. Si nous reprenons l’électricité, nous voyons effectivement que les 164 TWh au gaz en 2030 conduirait tout de même à des émissions de CO2 d’environ 65 millions de tonnes de CO2 soit beaucoup plus que la production actuelle d’électricité pour moins de TWh produit en final.Le risque est clair et il est d’ailleurs mentionné à la page 6 : “Mais un « bouquet énergétique » à 80 % d’énergies renouvelables ne peut se développer à l’horizon 2050, qu’à la condition impérative d’appliquer dès maintenant une forte politique de réduction de la demande : sans celle-ci les effets positifs d’une forte production par les renouvelables (+ 285 TWh) seraient en effet totalement effacés par l’accroissement de la demande (+ 310 TWh).”Si cela ne se passe pas exactement comme prévu, nous aurons, comme les italiens aujourd’hui, une très forte dépendance au gaz et plus les moyens de la contrer !Le dernier scénario DGEMP pour 2030 prévoit 718 TWh produits pour 678 TWh d’énergie appelée. En admettant que nous pouvons faire mieux et que la vérité se trouvera entre les deux nous retomberons sur un besoin de production de 574 TWh soit pas loin de ce que nous produisons actuellement. Cela voudrait dire que nous sommes parvenu à contenir notre demande. Mais là, selon Negawatt nous serions aux environs de 225 TWh d’EnR, il resterait donc 349 TWh au gaz, soit 139 millions de tonnes de CO2 ou plus de 3 fois ce qu’émet la production électrique aujourd’hui.Voilà pourquoi j’ai écrit avant 2050, il y a 2030.Conclusion : il se pourrait bien que la constante de temps à prendre en compte et qui va peut être s’imposer à nous ne soit pas le millier, ou la centaine de milliers d’années, mais tout simplement la dizaine d’années. Dans cette optique, ça change beaucoup de chose.A quoi bon mettre en exergue les problèmes de confinement de quelques dizaines de milliers de m3 de déchets dans 100 000 ans quand on rejette sans contrôle des dizaines de milliards de déchets gazeux dans l’atmosphère (et il n’y a pas que du CO2 qui sort de cheminées des centrales).Oui, le nucléaire est sale, mais si on suit un raisonnement catastrophiste, il se pourrait bien que ses déchets ne puissent plus tuer les humains dans 1000 ans… faute d’humains anéantis par d’autres causes.

stef

Je crains que nous ne puissons tomber d’accord ! Pour moi on peut à la fois se passer du nucléaire ET arriver à un facteur 4 en 2050, le scénario Negawatt le montre bel et bien. Oui cela nécessite d’importants changements dans notre société, mais pour moi il s’agit d’un devoir que nous avons envers les générations futures. De quel droit s’autorise-t-on à leur laisser des sols contaminés, des sites entièrement pollués ? Il ne faut pas choisir entre la peste et le choléra, il faut sortir de cette société de consommation à outrance où l’homme consomme sans réflécir aux conséquences de ses actes…. Mais ça risque de ne pas être évident.J’ai bien compris votre argument des 164 TWh de gaz en 2030 pour l’électricité ; mais il faut regarder ce chiffre dans un ensemble, ne pas se focaliser uniquement sur la production d’élec mais bien sur l’ensemble des consommations d’énergie tous secteurs confondus (puisque c’est ce qui nous intéresse dans un scénario facteur 4). Et là les consommations de gaz n’augmentent pas.Alors bien sur si nous n’arrivons pas à réduire notre consommation d’énergie comme décrit dans Negawatt nous filons droit dans le mur. Mais c’est vrai pour l’électricité tout comme pour les autres usages (transport, chaleur, …). Soit on part dans une optique où on y arrive, soit on défaitiste pour la consommation d’électricité, et auquel cas on peut aussi l’être pour les autres usages…. et donc se dire qu’on n’arrivera jamais à un facteur 4 !Quant au scénario tendenciel de la DGEMP, il est tout sauf réaliste…

Francois

Avec le développement de la Chine et de l’Inde ( entre autres), on sait qu’il va falloir que chacun est une part plus petite du  gateau énérgétique. Les économies d’énergie sont un levier essentiel pour avoir une part encore suffisante. C’est pour cela qu’une hausse des tarifs en France serait vraiment nécessaires, car on voit bien que les comportements changent vraiment quand ca touche au portefeuille : cf les prix à la pompe en essence. Jusque là, on en voyait toujours qui prenaient toujours leur bagnole pour aller à 500 mètres acheter leur baguette. Ils commencent à redécouvrir l’usage de leur jambe.Même les américains se mettent à vendre leur pick-up et 4×4 ( dont les ventes se sont effondrées en juin) pour acheter des voitures plus économes. Le bonus malus français, c’est de la plaisanterie, en terme de budget sur la durée de vie d’une voiture, c’est ridicule.

Mohawk

Ce n’est que lorsqu’il aura fait tomber le dernier arbre, contaminé le dernier ruisseas’apercevra que l’argent n’est pas comestible.                                         u, pêché le dernier poisson, que l’homme     Indien MOHAWK 

Mohawk

Ce n’est que lorsqu’il aura fait tomber le dernier arbre, contaminé le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, que l’homme s’apercevra que l’argent n’est pas comestible, Indien MOHAWK 

Dan1

Pour les générations futures, les déchets ne sont pas que nucléaires !Que voulons nous : rejetter moins de GES pour éviter d’exploser le thermostat ou bien seulement éradiquer le nucléaire ?Nous ne pouvons seulement agir sur les économies, il faut aussi produire moins carboné. En Europe, le nucléaire y participe immédiatement de façon significative.Je rappelle qu’en France quand on a décarboné complètement la production électrique, on a traité 6 % du problème d’émission de GES.              

24
0
Laissez un commentairex
Available for Amazon Prime