Vous avez certainement dû apercevoir dans les séries ou les films de cinéma ce dispositif installé au plafond qui se déclenche automatiquement lors d’un départ de feu. Du nom de « sprinkler » (gicleur en anglais), il ressemble étrangement à une tête d’arrosage inversée. Savez-vous que les incendies représentent toujours une menace constante pour les entreprises ? Pour l’année 2024, les données officielles publiées par le BARPI* montrent que les incendies (ou départs de feu) représentaient la moitié des accidents parmi les phénomènes dangereux observés, soit environ 200 cas sur l’ensemble des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Les exigences de la norme NFPA 13 pour les installations sprinklers
Dans le paysage de la sécurité incendie, la norme NFPA 13 (Standard for the Installation of Sprinkler Systems) reste incontournable. Née aux États-Unis, elle est devenue la référence mondiale pour la conception et l’installation des systèmes de sprinklers automatiques dans les bâtiments commerciaux, industriels, entrepôts, etc.
Les principes de la NFPA 13 reposent avant tout sur une approche hydraulique rigoureuse. En effet, l’ingénieur doit démontrer, calculs à l’appui, que la densité d’eau et l’espacement des têtes sont parfaitement calibrés pour combattre un scénario d’incendie spécifique. La norme classe les risques en léger, ordinaire ou élevé et impose des exigences strictes, notamment pour les stockages de grande hauteur où les technologies ESFR (Early Suppression Fast Response) sont souvent requises.
En France, elle est fréquemment imposée par les assureurs internationaux et adoptée sur des sites industriels complexes (chimie, logistique lourde) où la norme européenne est parfois jugée moins flexible pour gérer des configurations précises.
La norme NF EN 12845, une référence européenne obligatoire
En face du standard américain, l’Europe n’hésite pas pour sa part à affirmer sa souveraineté technique grâce à la norme NF EN 12845. C’est devenu le texte de référence pour les systèmes sprinklers sur le vieux continent. Elle constitue également le socle réglementaire pour la majorité des marchés publics et des bâtiments conventionnels.
Le texte a connu des évolutions majeures, notamment avec la révision initiée en 2020 et les publications récentes de 2025 qui visent à combler le retard technologique sur les systèmes à suppression rapide. Son champ d’application couvre la quasi-totalité des bâtiments et installations industrielles en Europe.
La classification des dangers y est segmentée en trois catégories principales : LH (Faible), OH (Ordinaire) et HH (Élevé). Contrairement à la NFPA qui autorise beaucoup de calculs dérogatoires, la norme EN 12845 impose des abaques stricts pour le dimensionnement des sources d’eau et des réseaux.
La réglementation française par type de bâtiment
En France, le choix de la norme ne relève pas uniquement de l’ingénierie, mais du cadre réglementaire strict défini par le type d’établissement.
Pour les ERP (Établissements Recevant du Public), la donne a changé depuis l’arrêté du 13 juin 2017. Le texte a introduit une souplesse qui supprime l’obligation exclusive du « sprinkler » traditionnel au profit de « systèmes d’extinction automatique à eau ». Cela permet aux exploitants d’opter pour des technologies comme le brouillard d’eau, une alternative destinée aux bâtiments à fortes contraintes architecturales.
Concernant les IGH (Immeubles de Grande Hauteur) et ITGH (Immeubles de Très Grande Hauteur), la tolérance est nulle. L’obligation de couverture demeure intégrale. Le législateur considère que l’évacuation verticale étant difficile, le bâtiment doit être sécurisé au maximum. Ici, le respect scrupuleux des normes de construction (souvent alignées sur l’EN 12845 pour la réception des travaux) reste un impératif de sécurité publique absolu.
Très souvent, l’exploitant doit jongler entre les exigences préfectorales et celles de son assureur. C’est précisément dans ces arbitrages complexes que l’expertise technique de bureaux d’études spécialisés comme SPK Engineering devient essentielle pour éviter les incohérences normatives et sécuriser la conformité du projet.
Les contrôles et la certification
C’est le point d’orgue des nouvelles directives de 2026 avec la fin de l’impunité pour les installations mal entretenues. Les inspections de conformité deviennent la clé de voûte des mécanismes d’assurance.
Les contrôles sont réalisés par des organismes accrédités qui vérifient l’adéquation entre l’installation et le risque réel. Car un sprinkler conforme lors de son installation ne l’est plus forcément dix ans plus tard si l’activité du site a changé. La rigueur s’applique également aux vérifications périodiques. Selon la nature des équipements (pompes, vannes, automates), la fréquence des contrôles techniques s’établit désormais sur un rythme allant de l’annuelle à la triennale pour les inspections approfondies.
La certification, qu’elle soit basée sur la NFPA 13 ou la NF EN 12845 devient progressivement un véritable permis d’exploiter.
* BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles) dans l’inventaire des incidents et accidents technologiques 2024

















