La performance énergétique d’un bâtiment se joue bien avant la livraison. Entre les calculs théoriques du projet et la consommation réelle, l’écart peut atteindre des niveaux préoccupants. Le commissionnement répond à ce défi. Cette démarche structurée permet de vérifier, de la conception à l’exploitation, que chaque système tient ses engagements. Découvrez comment sécuriser cette trajectoire en quatre étapes, du programme initial au pilotage quotidien.
Faites appel à des experts du commissionnement dès la conception
Intégrer le commissionnement dès l’esquisse permet de poser les fondations de la performance énergétique d’un bâtiment. Vous commencez par cadrer les objectifs : consommations cibles, niveau de confort pour les occupants, conformité réglementaire. Ces exigences doivent ensuite être traduites en documents opérationnels que les entreprises pourront suivre tout au long du chantier.
Le programme technique détaillé, le cahier des charges des lots CVC et GTB, les séquences de fonctionnement et le plan de comptage constituent le socle de cette démarche. Chaque document précise ce que le maître d’ouvrage attend, ce que la maîtrise d’œuvre doit vérifier et ce que les entreprises doivent livrer. Faire appel à des experts du commissionnement permet de formaliser une feuille de route de tests et de livrables adaptée au projet, avec des jalons clairs pour éviter les dérives en phase travaux.
Cette anticipation limite les zones grises en déterminant les responsabilités définies, les critères de validation partagés et le diagnostic de conformité prévu dès le départ. Vous gagnez en lisibilité et réduisez les risques de non-conformité au moment de la réception.
Clarifiez les étapes clés du commissionnement en phase travaux
Le plan de commissionnement établi en amont devient votre fil conducteur sur le chantier. Chaque lot fait l’objet de points de contrôle :
- revues de plans d’exécution,
- visas techniques,
- checklists de conformité,
- documentation des interventions.
Les entreprises peuvent signaler les modifications et collecter les preuves de mise en œuvre conforme. Le suivi de conformité s’appuie sur des outils simples mais rigoureux. Les fiches de contrôle permettent de vérifier que les équipements installés correspondent aux spécifications, que les réglages préliminaires sont réalisés et que les conditions de sécurité sont respectées. Vous anticipez les essais en vous assurant que les prérequis sont remplis : mise en service des réseaux, équilibrage hydraulique et aéraulique, documentation technique à jour.
Cette rigueur limite les incompréhensions entre entreprises et réduit les dérives de performance énergétique. Vous disposez d’une traçabilité complète, du début des travaux jusqu’à la validation des systèmes avant réception.

Comment valider les systèmes CVC et GTB avant réception ?
Avant de réceptionner le bâtiment, vous devez vous assurer que les installations CVC et la GTB tiennent les exigences du contrat. Trois niveaux de tests permettent de couvrir l’ensemble des fonctionnalités.
| Type d’essai | Objectif | Vérifications |
|---|---|---|
| Essais statiques | Présence et câblage | Équipements installés conformes |
| Essais fonctionnels | Séquences de régulation | Chaque fonction testée individuellement |
| Tests en conditions réelles | Comportement global | Observation proche de l’exploitation |
Les vérifications portent sur les points critiques comme la cohérence des consignes de température, le déclenchement des alarmes, les interverrouillages de sécurité, les modes dégradés et le comptage énergie par zone. Chaque résultat est confronté aux documents de référence : DOE, schémas de principe, points listes GTB, notices de maintenance. Vous identifiez les écarts et formalisez les réserves dans des procès-verbaux d’essais.
Ce diagnostic technique garantit que le bâtiment est prêt pour l’exploitation. Les réserves sont levées avant la réception, les consignes de pilotage sont transmises et les occupants bénéficient d’un confort conforme aux engagements du projet.
Assurez le suivi en exploitation pour tenir la performance
Le suivi en exploitation s’inscrit dans un cadre réglementaire exigeant. Les bâtiments tertiaires doivent réduire leur consommation d’énergie finale de 40 % d’ici à 2030, 50 % d’ici à 2040 et 60 % d’ici à 2050. Ces échéances imposent un pilotage rigoureux dès la livraison pour tenir les trajectoires et éviter les pénalités. Vous devez alors définir des indicateurs de performance énergétique :
- consommations par usage,
- dérives par rapport aux prévisions,
- confort des occupants,
- qualité de l’air.
Les responsabilités d’exploitation sont clarifiées entre le maître d’ouvrage, l’exploitant et les prestataires. La phase de réglages post-occupation permet d’ajuster les séquences de régulation en fonction des usages réels et d’analyser les tendances remontées par la GTB. La démarche de mesure et vérification structure ce pilotage : plan de comptage détaillé, périodes de référence, traitement des variations d’occupation et d’usage. Un reporting régulier alimente les contrats de performance énergétique et facilite la déclaration au titre du décret tertiaire. Vous anticipez les écarts, ajustez les réglages et maintenez la performance dans la durée. Les CPE formalisent cet engagement sur vos projets tertiaires.
Une démarche de commissionnement relie les ambitions de conception aux résultats d’exploitation. Vous sécurisez la conformité du bâtiment, limitez les risques de sous-performance et donnez aux occupants les conditions de confort attendues. Ce processus transforme les engagements du projet en réalité mesurable, du premier trait de crayon au pilotage quotidien des consommations.
Source : Code de la construction et de l’habitation, article R.174-23 – République française (Legifrance), 2025. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043819505










