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UE vs Chine : l'Europe doit sauver son industrie photovoltaïque
  
En Europe, l'industrie du panneau solaire est déclinante. Et doit faire face à une Chine très dynamique et concurrentielle qui sait exploiter l'absence de cohérence de l'UE dans le secteur. Yannick Jadot, député européen EELV, vice-président de la commission du commerce international, appelle les États membres à défendre des mesures anti-dumping.

L’Europe parviendra-t-elle à sauver son industrie photovoltaïque ?

La bataille fait rage, après la proposition par la Commission européenne d’instaurer des mesures anti-dumping pour protéger l’industrie européenne face aux importations de panneaux photovoltaïques chinois largement subventionnés.

Les réserves de l'Allemagne

Dès le lendemain, sans pour autant contester le caractère déloyal de la concurrence chinoise, l’Allemagne exprimait de fortes réserves, par peur d’une hypothétique guerre commerciale avec la Chine. Et depuis, Pékin est parvenu en coulisse à retourner une dizaine d’Etats-membres contre la Commission, en les soumettant à des pressions indignes. Le 5 juin, la Commission adoptera finalement – ou pas – ces mesures de bon sens.

Faut-il y voir du protectionnisme européen ? La critique fait sourire, tant la Commission européenne croit aux vertus du libre-échange, et tant l’Europe est de très loin le marché le plus ouvert de la planète. Plus d’un an après l’administration américaine, la Commission est parfaitement dans son rôle de sanctionner des pratiques avérées de dumping évaluées à plusieurs dizaines de milliards de dollars de soutiens publics par la Chine à son industrie.

Faut-il redouter le déclenchement d’une guerre commerciale ? Ne soyons pas naïfs : quand un pays utilise le dumping social, environnemental, fiscal et monétaire pour gagner des marchés internationaux géostratégiques, ou menace de rétorsions les États qui oseraient contester ces pratiques, il est évident que nous sommes déjà en situation de guerre commerciale.

Revenons donc sur l’essentiel. En 2011, et ce malgré la crise économique, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont atteint plus de 200 milliards d’euros, cinq fois plus qu’en 2004. Les renouvelables représentent dorénavant plus de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité installées dans le monde.

Le dumping agressif de Pekin

Sauf qu’en dépit de ce succès mondial, aux États-Unis et en Europe, l’industrie photovoltaïque fait face à une crise sans précédent : de nombreuses entreprises déposent le bilan, les autres tentent de faire face avec des marges extrêmement réduites. Des dizaines de milliers d’emplois "d’avenir", des compétences et des outils industriels récents disparaissent dans un marché mondial inondé par les panneaux chinois.

Car Pékin nourrit depuis quelques années une véritable bulle grâce à un dumping agressif, en subventionnant massivement les capacités nationales de production de panneaux. Résultat, elle génère des surcapacités mondiales de production d’au moins 40% et la dégringolade des prix de vente.

En France, la situation est morose. Toujours marqué par le moratoire sur les appels d’offre imposé sous le précédent gouvernement et qui a détruit près de 15.000 emplois, le secteur subît de plein fouet la concurrence chinoise. L'an dernier Photowatt n’a dû sa survie qu’à son rachat in extremis par EDF en pleine campagne présidentielle. Les dernières entreprises industrielles du secteur et leurs 3000 emplois sont directement menacés.

L’offensive chinoise modifie donc profondément les filières photovoltaïques en Europe : sauf mesures anti-dumping, les activités industrielles disparaîtront pour ne laisser sur nos territoires que les activités amont (principalement la R&D) et aval (services de commercialisation, installation, maintenance et recyclage).

Ces activités ne sont pas marginales, puisqu'elles représentent près de 60% de la valeur ajoutée de la filière et de nombreux emplois.

Une nouvelle division internationale ?

Il n’empêche, acter la fin de toute industrie verte européenne reviendrait à mettre en place une nouvelle division internationale du travail, entre une Chine industrieuse et une Europe des services, à l’exception de l’Allemagne qui – pour combien de temps encore ? – fournit à la Chine les machines outils. Une division que semblent soutenir une partie des "installateurs" de panneaux, satisfaits d’importer des panneaux low cost dans une phase très délicate pour les renouvelables. Position compréhensible mais court-termiste et dangereuse.

Rappelons que les prix des panneaux produits en Europe baissent tous les ans, fruit des efforts d’innovation et de productivité des industriels. À l’inverse, la chute des prix liée au dumping chinois ne correspond à aucune réalité économique durable. Il ne fait aucun doute que les prix remonteront, dès que les surcapacités de production mondiale auront disparu et que l'industrie chinoise sera en situation de quasi-monopole.

Les installateurs en Europe, qui réclament légitimement la stabilité de leur environnement juridique et économique, ne doivent pas miser sur les bénéfices à court terme d’une déstabilisation des acteurs situés en amont de leurs activités. Une industrie européenne est un gage de développement durable pour l’ensemble de la filière. De même, elle est une valorisation et un débouché indispensables pour maintenir le dynamisme et la capacité d’innovation des centres européens de recherche, comme le très performant Institut National de l’énergie solaire créé en 2006 et installé en Savoie.

Mais la menace n’est plus seulement économique, elle devient aussi démocratique.

L’énergie est un enjeu géopolitique majeur : aucun pays ou continent ne peut se placer sous dépendance d’un fournisseur en situation de monopole de fait. Qui peut imaginer que l’Europe, après avoir été dépendante du Moyen-Orient et de la Russie pour ses importations de pétrole et de gaz, se soumette cette fois au bon vouloir du Parti Communiste Chinois pour assurer le développement de ses énergies propres ?

Les défaillances criantes de l'Europe

Notre continent est déjà confronté à une désindustrialisation massive qui menace de déstructurer en profondeur nos sociétés, nos économies et nos territoires. À moins d’imaginer que l’économie européenne puisse se réduire aux seuls services, il serait paradoxal d’abandonner l’une des grandes industries du siècle à venir, dès aujourd’hui innovante, créatrice d’emplois et compétitive en situation de concurrence loyale.

Face au mur du chômage, l’économie verte doit aussi assumer sa part de responsabilité et offrir des réponses concrètes aux pertes d’emplois dans l’automobile, la chimie, la sidérurgie ou les énergies nucléaires et fossiles.

Pour ce faire, un État ne peut agir seul. Le photovoltaïque illustre parfaitement l’absolue nécessité de l’Europe et ses défaillances criantes.

La réponse ne peut être qu’européenne si l’on veut soutenir la recherche et l’innovation, favoriser l’accès au financement, et préparer la réorganisation industrielle du secteur autour de grandes unités européennes de production de cellules d’une part, capables par leur taille d’être concurrentielles au niveau mondial, et d’un réseau très compact de PME et d’entreprises de taille intermédiaire innovantes d’autre part.

Plus largement, la réponse ne peut être qu’européenne si l’on veut un jour parvenir à privilégier, pour une partie des marchés publics, des produits et services provenant d’entreprises européennes et locales. C'est la condition pour permettre une synergie efficace entre les territoires et les industries de demain, au service d’une énergie propre et créatrice d’emplois en Europe.

Les États ne doivent pas baisser les bras

Dans le même temps, le débat sur le photovoltaïque chinois démontre les défaillances majeures de l’Europe :

- absence de politique industrielle commune au service des secteurs d’avenir et des objectifs de l’Union en matière de lutte contre les changements climatiques ainsi que de développement des renouvelables

- absence de politique d’investissement et de relance forte de l’économie sur des bases durables, qui laisse par conséquent les pays devenir de plus en plus dépendants des investissements chinois et de leurs intérêts géostratégiques

- division des Etats-membres et abandon de souveraineté énergétique, industrielle et démocratique au profit d’une puissance qui ne partage pas, loin s’en faut, les exigences démocratiques et de développement durable de l’Europe…

Il y a urgence.

Pour une fois que la Commission européenne s’attache à véritablement protéger une de ses industries, il serait incompréhensible que les Etats baissent les bras sous pression chinoise. Il ne faut pas laisser l’Allemagne, et encore moins la Chine, décider pour 500 millions d’Européens! Angela Merkel ne peut pas promettre un partenariat industriel franco-allemand sur les renouvelables, tout en passant un deal avec la Chine qui en détruit toute perspective !

Il est indispensable que les 27 États-membres soutiennent, dès le 5 juin prochain, ces mesures anti-dumping de protection de l’industrie européenne face aux importations chinoises. Le sauvetage et le développement d’une industrie européenne des énergies renouvelables doivent devenir l’acte de naissance d’une politique industrielle commune et d’une nouvelle souveraineté énergétique.

Tribune de Yannick Jadot
Député européen (EELV)

[ Illustration article ]

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 Publié le 03/06/2013 à 08:15 
© Enerzine.com
 
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Steph


Invité



le 03-06-2013 09:25:21

Vision tres court-termiste
Sauf qu'en instaurant ces taxes, l'Europe ne sauvera aucun emploi mais en detruira plutot, dans le secteur des bureaux d'etude et installateurs sans en creer chez les fabricants.

Car il faut quand meme insister sur le fait que les Chinois nous aident grandement a envisager l'auto-consommation, chose impossible avec les prix de panneaux europeens. En consequent, si cette taxe improbable voit le jour, aucun fabricant europeen ne repartira car leurs prix ne nous permettent simplement pas de faire de l'auto-conso, tandis que les derniers survivants du massacre PV a Obligation d'Achat ne pourront meme plus trouver une diversification dans le marche l'auto-consommation.

Jean-paul


Invité



le 03-06-2013 09:49:15

Excellente analyse
rappelons-nous de plus la règle économique qui veut que quand un (ensemble de) producteur(s) se retrouve(nt) seul(s) sur un marché, les prix finissent par monter suite à la disparition de la concurrence.

et on se retrouverait donc en l'absence de taxe et après la disparition de toute industrie européenne avec un monopole chinois et dans la configuration décrite par Steph en cas de taxe à l'importation... prix élevés etc

le court-termisme est donc plutôt chez ceux qui profitent actuellement des "cadeaux" chinois et font croire à des coûts fallacieux alors que le marché ne connaît que des prix de dumping.

jbsep


Membre
depuis le 03-06-2013
le 03-06-2013 10:17:03

Ue vs chine : l'europe doit sauver son industrie p
et que dire de l'attitude contradictoire entre la très forte pression de la part des pouvoirs publics sur les incitants financiers dont l'objectif louable est de baisser le coût des ER pour la communauté en fonction notamment de la baisse des prix du matériel en provenance de Chine, et le banissement de ce même matériel?

climax1891


Membre
depuis le 19-02-2012
le 03-06-2013 10:25:23

http://img4.hostingpics.net/pics/233403SolarGISSolarmapEuropeen.png

L'avenir, ce n'est pas le PV mais la centrale hybride solaire/biomasse.

La centrale thermique utilise la chaleur du soleil pour produire de la vapeur et la biomasse, brûlée dans une chaudière, prend le relais quand il n'y pas de soleil. Résultat : une énergie disponible 24H sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an.

Evidemment, cela n'est intéressant que dans le sud de l'Europe.

Pour les pays du nord, il va mieux investir dans des centrales au charbon supercritiques qui utilisent 30% de biomasse (environ 520 g de CO2 par kWh).

Ainsi, les émissions de CO2 sont diminuées de plus de 50% par rapport à la moyenne des émissions des centrales au charbon dans le monde (1 100 g de CO2 par kWh).

Avec,  en parallèle, un gros effort d'économie d'énergie, voilà une solution pour réduire les émissions de CO2 de l'Europe sans avoir de problème d'intermittence.

Toche


Invité



le 03-06-2013 10:41:33

Combien d'emploi?
Bonjour,



Vous pouvez me dire comnbien de personnes travailles dans une usine de panneaux photovoltaique?

Combien d'usine en europe?

Conbien d'emplois?

Pour votre information une chaine de 30MW 10 techniciens.

Encore une annonce pour faire du vent bravo les poliques!!!!!

nrjlibre


Membre
depuis le 19-12-2011
le 03-06-2013 11:57:39

Plaisanterie
Bonjour

on reproche aux chinois de faire pour le solaire photovoltaïque ce que la France a fait pour le nucléaire! Cocasse !

Et la solution envisagée: on taxe les panneaux chinois ! Génial

Otez moi d'un doute : ça serait pas les pays européens qui aurait vendu la technologie des panneaux au silicium aux chinois ? Ca serait ballot

Est ce que la vraie solution ça ne serait pas de développer de nouveaux panneaux plus performants, à la fabrication moins gourmande en énergie,moins fragiles et plus facilement recyclables?

Je me doute que c'est pas en France que ça va se passer, vu qu'on continue à tout miser sur le nucléaire de x génération, mais je suis bien sur qu'avec les nanotechnologies on va pouvoir faire bien mieux que ces bêtes panneaux au silicium qui me paraissent complètement has been !

Mais peut ëtre que les lobbies pétroliers et nucléaires ne sont pas pressés de voir ça !!

En tous cas nous en France on a le MOX et on en met dans toutes les centrales ! Yessssssss

A force de chercher la m... on va la trouver

Prions mes frères !

vous embrasse

Jethan91


Invité



le 03-06-2013 13:05:17

Pas en france mais ...
L'innovation sur le photovoltaîque ne viendra certes pas uniquement de France mais est-ce que pour une fois cela ne pourrait pas constituer une bonne raison de favoriser des partenariats entre pays européens.

Par exemple la cellule Soitec qui serait en capacité à exploiter 43% du rayonnement (on attend bien sur la démo hors labo, mais si cela se confirme on commence quand même à sortir des nano-rendements) :

http://www.enerzine.com/1/15783+photovo … ions+.html

chelya


Membre
depuis le 29-04-2009
le 03-06-2013 13:35:04


Il y en a un peu marre du racisme anti-chinois... Quand un allemand vend de l'électricité solaire, 70% de la valeur ajoutée est allemande... même avec des panneaux soit-disant chinois... Les allemands fournissent les machines aux chinois, les matières premières, fabriquent tous le reste du balance of system, font l'installation et le service, le financement et l'intégration au réseau...

Même au niveau stratégique l'argument de la dépendance est ridicule... Un boycott des livraisons de gaz par la Russie ça coupe toute la demande en gaz, si les chinois veulent nous empecher de produire de l'électricité solaire avec leurs panneaux ils peuvent faire quoi ? Empêcher le soleil de se lever sur l'Europe ?

climax1891


Membre
depuis le 19-02-2012
le 03-06-2013 13:35:45

http://img4.hostingpics.net/pics/767988Solarspain.jpg

[ pour jethan91 ] Ne pas oublier le potentiel des PV suiveurs de soleil.

En s'orientant vers le soleil tout au long de la journée, un panneau PV peut produire beaucoup plus d'électricité qu'un panneau fixe.

En Espagne, le gain peut atteint 45% sur une année.

Yoda


Invité



le 03-06-2013 13:36:27

Vision tres court-termiste
Pour ajouter aux arguments de Steph plus haut ...  Les installateurs cherchent maintenant des panneaux chez les voisins des Chinois (Malaisie notamment) qui eux ne sont pas taxés.

Je crains que l'Europe n'ait beaucoup plus à perdre dans cette histoire avec une telle politique.

sansun


Membre
depuis le 16-10-2012
le 03-06-2013 14:02:54

Quadrature du cercle
Cela fait combien de temps qu'il y a problème sur les EnR en France ? Et bien sur dès que les politique s'en m'êlent , la quadrature du cercle apparait .Libéraliser l'autoconsommation et tout ira bien , et ne pensez plus à contruire en France c'est déjà bien trop tard.

Luis


Invité



le 03-06-2013 16:39:18

Et au japon ?
¤
Le Japon pourrait être le premier marché pour le solaire photovoltaïque en 2013, avant l'Italie, l'Allemagne, les Etats-Unis et même la Chine, selon une nouvelle estimation de Bloomberg.

http://www.bloomberg.com/news/2013-04-0 … -says.html

Compte tenu des relations exécrables entre les deux pays, il serait étonnant que le Japon se fournisse en PV chinois.

... la comparaison entre le solaire PV chinois et le vieux nucléaire français est très juste. C'est ce qui a permis au nucléaire de l'EDF national (nationalisé de l'époque) d'obtenir un financement à très faible coût, comparer aux autres pays où les compagnies privées avaient un coût financier beaucoup plus élevé pour construire leurs réacteurs.

L'électricité "historique" n'est pas moins chère en France parce qu'elle est nucléaire, mais du fait d'un financement très avantageux.

Si l'on s'en tient au coût "overnight", le coût des réacteurs français n'était pas moindre que celui des réacteurs américains ou autres.

Paros


Invité



le 03-06-2013 16:51:30

Peut on décider quoique ce soit à 27 ?
L'Europe est en situation de concurence déloyale parce que c'est la seule zone ouverte aux capitaux et produits au niveau "monde", sans conditions aucune.

Les politiques ne font donc que de la gesticulation surtout de la part de EEV, signataire du traité unique, traité budgétaire etc car dans le cadre de L'Europe, décider quelque chose à 27,28, 32, 50 est utopique. Il y aura toujours un état qui dira "non" à n'importe quel proposition, suivant son intérêt.

Pour s'en sortir on peut dire " plus d'Europe" , autre Europe, Europe différente mais on dit cela depuis 25 ans et cela ne changera rien aux traités et à l'impossibilité de prendre des décisions à XX ( nous pouvons ajouter les états des USA avec le traité de libre échange en cours donc 90 voix ?

On peut aussi décider de reprendre le contrôle de notre avenir et décider ce qui bon nous plaira i.E agir, réagir, proposer, décider, en état indépendant.

Nous sommes trop petit : 5éme puissance mondiale ( il faut se dépêcher, ça baisse vite ), démographie OK, siège conseil de sécutrité à l'ONU ( vite donnons le à l'ONU pour les 90 de l'Europe), 2ème puissance maritime, puissance nucléaire, réseau historique vers l'Afrique du Nord et Centrale annoncé continent du XXI éme siècle et l'Asie etc

Ou comme on ne peut décider à xx états, laissons d'autres décider: La commission européenne ?

Par qui est elle élue déjà ?

Il est aussi ionétressant de lire la presse allemande dans le texte sur ces sujets.

Gégène


Invité



le 03-06-2013 17:09:44

La mémoire m. jadot....
Tous les acteurs connaisant un tant soit peu leur marché savent depuis 2008/2009 que le marché europées allaitr son contracter à partir de 2012/23013. Qu'ont fait les européens ?

- certains se sont gavés avec des cours du PCS absolument inconvenants

- d'autres, en particulier en Allemùagne ont vendu les lignes les plus modernes et les plus productives aux chinois pour produire ces fameux panneaux bon marché d'aujourd'hui.



En conséquence dans on se tire une balle sans le pied c'est plus dur de courir!

C'est aussi l'explication partielle de la position Allemande puis que l'énorme majorité des équipementiers concernés vient de là bas.



En France nous n'avons ni l'amont ni l'aval . Aloprs nous devrios être ravis de pouvoir installer du panneau pas cher car en fon de compte l'objectif c'est tout de même de produite des KWH à prix concurentiel ....



Les fonctionnaires de Bruxelles ont été inconséquents de se lancer dans ce mauvais combat trés mal engagé.

Paros


Invité



le 03-06-2013 17:23:04

Compétitivité
Oui, il faut être "compétitif"

Le rapport Beffa est intéressant : Plus de reglementation spécifique ( boeuf aux hormones et OGM pour tous, merci EELV), pas de class actions, fiscalité sur revenus professionnels uniquement, réformes marché du travail ( plus de smic et salaire aligné sur les chinois, vietnamiens & consorts ; fin CDI et nouveau CDD en "heures" , plus de "rigidités"), services publics en concurrence avec le privé ( donc publics ? ) , éviter charges sur capital, réduire dépenses publiques ( éducation, santé , aménagement territoire ? ).

Mme Merkel et M. Hollande ont leur feuille de route.

Alors, oui, le débat sur une industrie de panneaux photovoltaïques est prématuré et inutile.

Lorsque tout ce qui précède sera fait, nous en reparlerons.

Enfin ceux qui ne seront pas allés chercher du travail ailleurs...

Luis


Invité



le 03-06-2013 18:52:14

Solaire pv : le moyen le plus rapide.
¤
Compte tenu du taux de charge du nucléaire au Japon, à peine 70 % dans l'ancien temps, lorsque 50 réacteurs étaient en service, et du taux de charge du solaire PV (12%), 5.800 MW de solaire produisent autant d'électricité que 1.000 MW de nucléaire.

Ainsi, avec 6.100 à 9.400 MW, le Japon mettra en service en un an l'équivalent de plus d'un réacteur nucléaire standard (1.000 MW). C'est plus rapide qu'avec du nucléaire en Finlande (10 ans) ou en France (9 ans) ou même en Chine (5 ans) pour 1.600 MW.

Le Japon produisait en moyenne 270 TWh d'électricité nucléaire avec une capacité installée de 44,2 GW, d'où le taux de charge < 70%. Le rapport entre 70% et 12% est de 5,8.

Sicetaitsimple


Invité



le 03-06-2013 21:10:47

Pas generalement fan
des écrits de M. Jadot; mais dans ce cas je suis plutôt d'accord...

Alors est-ce que les mesures qui seront prises permettront, en dirigeant la production chinoise vers d'autre pays que les pays européens et vers son marché intérieur, de préserver un noyau minimum de production européenne un peu innovante, je n'en sais rien.....

Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a absolument aucun problème d'approvisionnement en electricité aujourd'hui en Europe, et qu'il n'y a donc aucune raison de se précipiter. Ceratainement plus interessant , au meme "coût" de subventionner 100MW de technologies innovantes que 1000MW ou plus de panneaux chinois.

Dan1


Invité



le 03-06-2013 21:57:26

C'est la guerre
Ben je ne suis pas loin de penser ce qu'a écrit Yannick Jadot.

Mais c'est peut être normal car, comme chacun sait je suis un fervent  supporter de ses thèses... comme Sicetaitsimple !

Je me demande comment les Chinois considèrent les Européens dans cette affaire ? J'ose une solution : Des bisounours pusillanimes avec un gros porte-monnaie.

Je crains qu'avec l'accumulation d'affaires de ce genre , les peuples européens se considèrent insuffisamment défendus dans le contexte de guerre économique généralisée et ne souhaitent reprendre un peu de pouvoir à une commission qui tergiverse. Evidemment, le protectionnisme à tout va n'est une bonne chose à long terme, mais un peu de fermeté (comme les Etats-Unis) ne peut pas faire de mal. A la guerre, il ne faut jamais être faible (sauf si on accepte d'être vaincu).

Au-delà du photovoltaïque, c'est le fonctionnement de l'Europe à 27 qui est en cause.

jmdesp


Membre
depuis le 14-03-2012
le 03-06-2013 22:49:10

[ pour luis ]
Mais le tarif d'achat au Japon est très élevé, 315€/MWh pour les capacité de moins de 10 kW + des subventions, toutefois renumération seulement des capacités non auto-consommées, mais toujours 300€/MWh pour les capacités supérieure, et je n'ai pas vu de limite haute pour profiter du taruf.

chelya


Membre
depuis le 29-04-2009
le 03-06-2013 23:42:37

Mais qu'est-ce que vous vous en foutez d'avoir l'assemblage de cellules alors que ce qui est le plus important dans une installation PV ce sont les onduleurs, fabriqués par SMA, ABB (Power one) et Schneider (Xantrex), et qu'on se fait un maximum de pognon en vendant les usines et les matières premières nécessaires aux chinois qui vont peut être même se faire bouffer par les coréens ?

Paros


Invité



le 04-06-2013 12:47:24

Peut on décider quoique ce soit à 27 ?
Il est indispensable que les 27 États-membres soutiennent, dès le 5 juin prochain, ces mesures anti-dumping de protection de l’industrie européenne face aux importations chinoises. Le sauvetage et le développement d’une industrie européenne des énergies renouvelables doivent devenir l’acte de naissance d’une politique industrielle commune et d’une nouvelle souveraineté énergétique.

27 ? Naissance ? Nouvelle ?

Demain cela sera mieux et fantastique.

Mais, aujourd'hui, peut on se demander pourquoi nous en sommes là, analyser, déduire et conclure.

Evidemment il faut pour cela accepter de remettre en cause des situations acquises, dont les "bénéfices" des rentes de situation existantes ne dépendant pas , elles , de la "crise".

Du courage et de l'implication citoyenne ou simplement une bonne exécution de son mandat ?

Stephsea


Invité



le 04-06-2013 12:56:43

Un très bon résumé
Ce texte de Jado est décidément une très bonne synthèse, et je souscris à des mesures adaptées de protection de notre environnement (et non de protectionnisme purement économique).

TOUT SE PAIE! Un jour ou l'autre nous devrons payer le vrai prix de ces panneaux fabriqués en dépit de tout attention à la durabilité globale et mondialisée. La guerre commerciale  a commencée il y a longtemps et ses concéquences sont incalculables.

Les chinois ne font pas de sentiment dans cette guerre et ont une vision ultra court termiste, d'une semaine sur l'autre. Il faut donc se protéger, sans aucun doute, de ce dumping et d'autres pratiques DANGEREUSES pour notre environnement sur un plan très large, sans toutefois entrer nosu même en guerre en retour.

Ainsi, subventionner massivement EN FRANCE l'installation de panneaux fabriqués en Chine (ou plus loin encore?) est un aberration totalement folle. On ne peut soutenir que des process vertueux sur tout leur cycle de vie, et dont les retombées économique sont clairement localisées dans des pays "amis".

Chateau


Invité



le 04-06-2013 16:07:14

Europe
Photovoltaïque : Les autorités allemandes ont refusé lundi 27 mai 2013 le projet de la Commission européenne de taxation provisoire de 47% en moyenne des panneaux solaires importés de Chine. Depuis, d’après l’agence Reuters, 15 États membres – une majorité – ont rejoint la position allemande, tandis que 6 seulement, dont la France, continuent de demander une telle taxation.

Le projet de la Commission européenne n’a donc aucune chance d’aboutir et la destruction de l’industrie photovoltaïque européenne va se poursuivre à vitesse accélérée.

La production chinoise de panneaux solaires, massivement subventionnée et bénéficiant de coûts de production déjà faibles par rapport à ceux des pays européens, est vendue à des prix que les fabricants européens ne peuvent concurrencer. C’est ainsi qu’en quelques années, les exportations chinoises ont pris 80% du marché du panneau solaire européen.

Confrontés à une situation similaire, les États-Unis d’Amérique ont instauré dès le 20 mars 2012 – soit plus d’un an avant le projet de la Commission européenne – des taxes contre les panneaux solaires chinois, comprises entre 30% et 250% afin de préserver l’existence d’une industrie photovoltaïque nationale.

L’affaire des panneaux solaires chinois montre à nouveau :

qu’aucune politique commerciale unique ne peut satisfaire les intérêts nationaux des 27 États membres, qui font tous des choix stratégiques différents, et qui ont tous des relations différentes avec les autres pays du monde. L’article 3 du TFUE, qui donne tout pouvoir à l’Union européenne en matière commerciale, doit donc être supprimé

que la France est isolée au sein de l’Union européenne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le nouveau Premier ministre chinois, Li Keqiang, qui effectuait son premier voyage en Europe du 23 au 27 mai 2013 n’est même pas passé par Paris, se contentant de l’Allemagne, pour enterrer le projet de taxation européenne, et de la Suisse, pour y signer un accord de libre échange. Il est d’ailleurs remarquable que l’Islande avait signé un accord similaire avec la Chine le 15 avril 2013, prouvant que l’on peut être un pays de petite taille et traiter d’égal à égal avec la deuxième puissance économique mondiale



Invité
le 05-06-2013 10:18:21

Bonjour,
Je souhaitais simplement apporter ma contribution dans ce débat sur le solaire photovoltaïque et plus particulièrement sur cette taxe anti dumping sur les panneaux photovoltaïques chinois que la Commission Européenne a annoncée. En tant qu'employé de cette filière depuis plus de 5 ans en France, il me semble que cette taxe pourrait justement avoir des effets contraires à ceux escomptés.

Je m'explique et je n'entrerai pas dans des réflexions théoriques de libre échange, de guerres commerciales, de mesures de rétorsion

La baisse des prix des panneaux et aussi de l'ensemble du matériel nécessaires à une installation photovoltaïque a permis de diviser le tarif de rachat du kWh à EDF entre 2 et 3 en fonction du type d'installation depuis 2009. Je rappelle ici que l'objectif principal de la filière photovoltaïque est de produire une électricité à un coût similaire voire inférieur aux énergies conventionnelles et même que le nucléaire. Aujourd'hui en France nous n'y sommes pas ! Toutefois, les baisses de prix permettent aux récents parcs solaires installés dans le sud de la France de revendre l'électricité solaire à EDF aux alentours de 0,10'/kWh. Je rappelle aussi une évidence, l'objectif de la filière photovoltaïque n'est pas de fournir 100% des besoins en électricité. Le photovoltaïque a tout intérêt à faire partie du mix énergétique, à un niveau que je n'ai pas les compétences d'évaluer.

Sans ces baisses de prix, la part du photovoltaïque dans la Contribution au Service Public de l'Electricité (la CSPE c'est un prélèvement inscrit sur votre facture d'électricité destiné à dédommager les opérateurs des surcoûts engendrés par les obligations qui leur sont imposées par la loi sur le service public de l'électricité, notamment les obligations imposant à EDF de racheter l'électricité de sources renouvelables à un prix supérieur que le prix de l'électricité nucléaire) aurait été bien plus importante, ou alors le marché du photovoltaïque aurait encore plus réduit que ce qu'il n'est aujourd'hui, si la CSPE avait dû rester à un niveau constant.

Cette baisse des prix notamment sur les panneaux solaires a été imposée par les fabricants chinois. Résumer cette baisse aux seules subventions massives des autorités chinoises à leur industrie c'est tronquer la réalité. En effet, un des autres moteurs de la baisse des prix ce sont les économies d'échelles. Lorsque la taille moyenne d'une usine de fabrication de panneaux solaires en France est de quelques dizaines de mégawatts, les usines chinoises font quant à elles plusieurs centaines de mégawatts, voire quelques gigawatts.  Lorsque que l'on achète les différents composants nécessaires à la fabrication d'un panneau solaire pour des quantités qui sont 10 à 100 fois plus grandes, naturellement les fabricants chinois peuvent mieux négocier leur prix d'achat que les fabricants français, donc baisser le coût de production et in fine le prix de vente.

Mon analyse sur les mesures anti dumping sur les panneaux chinois'

A première vue, cela peut paraitre une bonne initiative de mettre sur un pied d'égalité des fabrications chinoises et européennes, dans la mesure où les fabrications chinoises reçoivent des subventions massives, qui seraient « annulées » par une telle taxe à l'importation.
Toutefois les effets de cette mesure seraient négatifs'

D'abord, et c'est tout à fait compréhensible, les fabricants européens en profitent pour augmenter à leur tour leur prix de vente. On se retrouve donc sur un marché où les prix d'acquisition des panneaux sont croissants alors que le prix de revente de l'électricité solaire baisse globalement tous les trimestres. Comment un fabricant de voitures pourrait baisser ses prix de vente, si le prix de l'acier augmentait

Attachons nous désormais aux acheteurs de panneaux solaires et plus particulièrement aux acheteurs professionnels qui investissent dans des grandes installations solaires et qui constituent avec l'ensemble des sous-traitants (installation, maintenance, surveillance, nettoyage, bureaux d'études') la part la plus importante en France de la filière photovoltaïque. Ces producteurs d'énergie solaire qui font vivre cette partie importante de la filière française se retrouvent donc face à une équation délicate ; des prix d'achat qui augmentent et des prix de revente de l'électricité solaire qui baissent.

Les grandes installations solaires sont des investissements lourds prévus plusieurs mois voire années en amont et pour lequel le producteur a anticipé un prix d'achat du panneau solaire plusieurs mois en avance. Si ce prix d'achat augmente brusquement, la réalisation de certains projets sera annulée, car les prix de rachat de l'électricité ('/kWh) quant eux n'augmentent pas.
Les conséquences

Des producteurs d'énergie qui vont revoir leur volume d'investissement à la baisse ! Ça veut dire moins de marché pour les installateurs, moins de panneaux à vendre pour les fabricants français, moins d'études à réaliser pour les bureaux d'études... Je ne m'étendrais pas non plus sur les banques, qui quant à elles, redoublent de précautions face à un énième changement de réglementation.

En synthèse, sous prétexte de mettre à égalité des fabricants européens avec des fabricants chinois pour des motifs tout à fait acceptables, on en vient à affaiblir les clients de ses fabricants (qu'elle que soit leur origine). Un client affaiblit est un client qui commande moins, et donc par conséquent ce sont les fabricants européens qui seront aussi les victimes collatérales d'une mesure qui était sensée les aider. Et par la même occasion, on en vient à affaiblir pas simplement des fabricants de panneaux français, mais toute la filière française du photovoltaïque.

J'ai donc de gros doutes sur la pertinence de cette mesure antidumping ! Mais pourquoi est-ce que l'on ne s'offusque pas d'utiliser des ordinateurs, télévisions' qui proviennent principalement de Chine '  Ma conclusion, oui aux panneaux moins chers si ça nous permet de produire de l'électricité toujours moins chère et tenter de baisser notre dépendance au nucléaire, dont les approvisionnements en uranium génèreront de plus en plus d'instabilité dans les pays producteurs ce qui impactera sans doute à la hausse le prix de l'uranium qui n'est pas une ressource inépuisable, au contraire du soleil.

badrien


Membre
depuis le 14-12-2012
le 05-06-2013 10:57:39

Merci pour vos explications.

[size= 10px]Vous dites :[/size]


Toutefois, les baisses de prix permettent aux récents parcs solaires installés dans le sud de la France de revendre l'électricité solaire à EDF aux alentours de 0,10'/kWh.

Aujourd'hui, entre 11h00 et 15h00, le kWh se traite à moins de 0,03 euro/kWh, soit le tiers du prix d'achat du PV par EdF, qui n'a rien demandé.

0,10 euro/kWh c'est encore 3 fois trop cher.

http://www.epexspot.com/fr/donnees_de_m … 3-06-05/FR

 
  
 
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