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France : la politique d’aide aux biocarburants passée au crible

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La Cour des comptes (CdC) a publié mardi l’évaluation de la politique publique en faveur des biocarburants dans les transports routiers et notamment celle qui concerne les aides accordées à la filière.

Les politiques en faveur des biocarburants ont d’abord été liées aux politiques agricoles, puis ont visé l’indépendance énergétique, et enfin ont eu pour objet de répondre aux préoccupations environnementales. Chaque priorité s’est ajoutée à l’autre sans remise en cause de la précédente.

En conséquence, il est devenu de plus en plus difficile d’isoler les effets des différents instruments mis en place : réglementations prises aux niveaux mondial, européen, national (normes d’incorporation, protection aux frontières), instruments fiscaux (exonération de taxe intérieure à la consommation associée à des agréments de production, taxe générale sur les activités polluantes). La politique en faveur des biocarburants subit enfin l’influence des actions menées par d’autres pays et se trouve continuellement au centre de débats publics sur ses implications environnementales controversées.

1) Les biocarburants et leur contexte

Les biocarburants qui sont actuellement sur le marché, sont utilisés en mélange avec les hydrocarbures. En France, ils sont distribués pour la circulation automobile sous deux formes, le biodiesel en addition au gazole, le bioéthanol en addition à l’essence.

Le biodiesel est fabriqué en France à partir d’huile extraite du colza et du tournesol, qui poussent sur place, du soja et du palmier qui sont importés, mais également à partir de graisses animales ou d’huile alimentaires usagées.

Il convient, enfin, de noter que l’énergie par unité de volume des biocarburants, dit « pouvoir calorifique inférieur », est plus faible que celui des carburants fossiles. Cela signifie que l’on consomme plus de biocarburant pour parcourir une même distance. Cette différence est plus forte pour l’éthanol (~34 %) que pour le biodiesel (~8,5 %).

► Les biocarburants dans le contexte agricole et environnemental

Les biocarburants utilisent en France pour la culture de leur matière première un peu moins de 6 % de la surface agricole utile, c’est-à-dire 1,7 Mha en 2010, dont 1,45 Mha pour le biodiesel et 250 000 ha pour le bioéthanol.

Au plan de l’environnement, les biocarburants ont initialement fait l’objet d’un a priori positif. Toutefois, à partir de 2008 et de l’envolée du prix des matières premières agricoles, des critiques ont été faites sur la compétition existant entre la production de biocarburants et celle de nourriture pour les hommes ou les animaux. Par ailleurs, le bilan en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) a été constamment révisé dans un sens plus restrictif. De surcroît, les analyses des coûts/avantages ont commencé à tenir compte plus correctement de l’énergie nécessaire à leur production par rapport à celle restituée lors de leur combustion, ainsi que des changements d’affectation des sols.

L’ADEME a été chargée de coordonner plusieurs études sur ces points, la première en 2002 présentant un bilan plutôt positif, la dernière en 2009/2010, dont les conclusions, d’ailleurs controversées, sont plus en retrait.

► Des règles nombreuses et parfois incohérentes

Au plan international, les droits de douane s’appliquent en partie seulement aux biocarburants. Par ailleurs, les oléagineux (dont le biodiesel) sont libres de droits pour des raisons historiques. De plus, le bioéthanol, en principe solidement protégé s’il est produit agricole, ne l’est pratiquement plus s’il est mélangé, si peu que ce soit, à de l’essence. Enfin, un nombre croissant de fournisseurs bénéficient de régimes douaniers préférentiels.

Au plan européen les soutiens fiscaux sont autorisés à condition de ne pas entraîner de surcompensation de l’écart de coût de production par rapport aux carburants fossiles. Les biocarburants doivent satisfaire à des critères de durabilité définis dans la directive EnR concernant les énergies renouvelables ; des niveaux minima d’incorporation de biocarburants sont recommandés et des niveaux maxima sont fixés au titre de la qualité des carburants. La valorisation des déchets est soutenue par une règle dite du "double comptage" des huiles animales ou usagées.

Il existe, enfin, un projet de directive sur la fiscalité de l’énergie qui consisterait notamment à taxer l’énergie en fonction des émissions de CO2 ainsi que du contenu énergétique (c’est-à-dire de l’énergie réelle) qu’un produit permet d’obtenir.

En France, les règles sont rassemblées dans le plan biocarburants mis en place par le gouvernement en 2005. Il prévoit notamment, à partir de 2010, des taux d’incorporation supérieurs au taux maximal autorisé d’incorporation pour respectivement le B7 et le SP95E10. Ces objectifs d’incorporation vont au-delà de l’ambition européenne. Ils ne sont compatibles ni avec les contraintes techniques de qualité descarburants (maxima d’incorporation), ni avec la réalité des infrastructures de distribution, ni avec la stratégie des acteurs industriels.

Dans la mesure où ces objectifs ne sont pas une obligation légale, une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) a été créée en 2005, très pénalisante, payable en cas de non atteinte du taux d’incorporation.

2) Une politique dont le coût a été essentiellement supporté par le consommateur

La taxe intérieure sur la consommation (TIC) a fait l’objet d’une réduction significative, plus importante pour l’éthanol que pour le biodiesel. La réduction n’est accordée que dans le cadre de licences de production ou "agréments", accordés pour six ans à des unités de production choisies par appels d’offres.

Sur la période 2005- 2010, le cumul de réduction de TIC a été de 1,8 Md€ pour la filière biodiesel et de 0,85 Md€ pour la filière éthanol, soit au total 2,65 Md€.

Du fait de la densité énergétique moindre des biocarburants, qui implique un surcroit de consommation, les recettes de l’État ont mécaniquement augmenté sur la période 2005-2010, de 1 Md€ pour le bioéthanol et de 0,5 Md€ pour le biodiesel. Quant à la TGAP, les montants cumulés perçus par l’État sur la même période sont de l’ordre de 0,33 Md€, soit un total de 1,83 Md€.

Au total les filières des biocarburants ont reçu 2,65 Md€, essentiellement supportés par les consommateurs.

Si la filière éthanol a rapporté à l’Etat (à hauteur de 0,47 Md€) alors qu’elle reste fragile, la filière biodiesel a bénéficié d’une rente de situation importante : elle a coûté au final à l’État 1,29 Md€ et elle a bénéficié de soutiens dont le montant est supérieur à celui de ses investissements.

En définitive, si le cout total des deux filières pour l’État n’aura pas dépassé 820 M€ sur 2005-2010 et lui rapportera à l’avenir, le consommateur a supporté un supporté un surcoût de près de 3 Md€, auquel s’ajoute le prix plus élevé des biocarburants répercuté à la pompe, contribuant pour l’année 2010 à un renchérissement estimé entre 0,5 et 0,7 Md€.

3) Résultats et pertinence de la politique d’aides aux biocarburants

Le Plan Biocarburant n’a été respecté que grâce à la prise en compte du gazole dit "non routier ", c’est-à-dire celui utilisé par les trains, les engins de chantier et les tracteurs. Il s’agit d’une pure manipulation statistique.

Les cibles nationales, plus élevées que celles fixées au niveau européen, s’avèrent désormais impossibles à respecter faute d’un réseau de distribution suffisant et du fait d’incohérences techniques. L’instrument le plus efficace pour faire respecter les cibles est la TGAP.

► Pour l’agriculture, un bilan mitigé quoique légèrement positif

Une partie des unités de production agréées ont été construites, ce qui est une incontestable réussite au plan agro-industriel. Les agréments ont toutefois été nettement surdimensionnés, surtout pour le bioéthanol, qui reste une filière fragile au plan financier.

Si l’objectif de mettre fin à la jachère a été atteint, celui concernant les effets sur les revenus agricoles est nettement plus difficile à mesurer. Quant à la diversification des débouchés, elle est salutaire pour la betterave, extrêmement modeste pour le blé, un peu plus importante pour le maïs.

L’impact sur les filières d’élevage à travers les coproduits, tout spécialement les tourteaux de colza, est important mais contesté. S’agissant de l’impact sur les prix des denrées, le bilan est difficile à établir compte tenu de la volatilité observée entre 2007 et 2010. A cela, s’est ajouté un déséquilibre brutal de la filière des huiles végétales, créé par la concurrence des huiles animales et usagées avec la règle du double comptage.

► Un bilan énergétique pas aussi favorable qu’on pourrait le croire

En dépit de la prudence des estimations et de quelques controverses, le rapport énergie fossile dépensée/énergie produite est considéré comme positif. Cela dit, pour avoir un impact significatif en termes d’indépendance énergétique, il faudrait des taux d’incorporation plus élevés qui, de ce fait, poseraient de nombreux problèmes, aussi bien pour l’adaptation des moteurs que du point de vue de la superficie des terres nécessaires pour satisfaire les besoins.

► Une pertinence du point de vue de l’environnement très difficile à mesurer et de plus en plus contestée

Les polémiques sur les conséquences environnementales des biocarburants se situent à plusieurs niveaux.

La première consiste à avancer que l’objectif en matière de transport est de moins se déplacer, de sorte que les biocarburants ne seraient qu’une excuse pour continuer à rouler autant qu’avant. Sur le plan des émissions de GES, les débats se concentrent aujourd’hui sur la répartition des contenus en énergie respective des biocarburants et des coproduits.

En prenant comme référence la cible de prix fixée par la Commission européenne, soit 32 € en 2010 et 56 € en 2020, plusieurs études indépendantes estiment que le prix résultant de l’introduction des biocarburants à la place des carburants fossiles est de l’ordre de 186 à 259 € pour l’éthanol produit à partir de betterave, et de 263 à 347 € pour le biodiesel produit à partir du colza. Au vu de ces chiffres en apparence très élevés, on doit cependant remarquer que le prix de la tonne de CO2 évitée est toujours plus élevé dans le domaine des transports que dans d’autres secteurs de l’économie.

En l’absence de certitudes sur la question de la concurrence entre cultures destinées aux biocarburants et à l’alimentation humaine ou animale, la plupart des rapports récents sur ce sujet recommandent, par précaution, un assouplissement des obligations d’incorporation dans les pays développés et l’arrêt des différentes subventions soutenant la production de biocarburants.

Le constat de la Cour est qu’au terme de 15 ans de politique en faveur des biocarburants, dont les six dernières plus engagées que les précédentes, les seuls équilibres qui ont été réellement modifiés par ces politiques sont de nature agricole (culture du colza, production d’huile alimentaire, de tourteaux, nouveaux débouchés pour la betterave). Les autres équilibres, que ce soit l’indépendance énergétique ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre, n’ont été que peu ou pas modifiés.

4) Recommandations

La Cour recommande en conséquence de poursuivre le soutien à la production et à la vente de biocarburants de première génération en respectant les conditions et les exigences ci-après :

► Prendre acte que la volonté des autorités françaises d’être plus ambitieuses que leurs partenaires européens a eu pour résultat des incohérences dans les objectifs qui se traduisent désormais par l’impossibilité de respecter les cibles d’incorporation de biocarburants dans les carburants fossiles ;

redéfinir en conséquence, de façon plus réaliste, ces cibles, qui doivent être adaptées aux contraintes techniques aussi bien de la distribution (adaptation des réseaux) que des motoristes. Ces derniers peuvent certes se plier à la plupart des contraintes, à condition qu’elles soient clairement formulées et stables dans le temps ;

► ce qui peut être compatible avec le choix d’établir des taux d’incorporation flexibles à l’intérieur de ces plages pour tenir compte des fluctuations des prix des denrées alimentaires ;
acquérir une véritable connaissance, qui fait encore défaut, des données comptables et financières de la filière ;

accélérer la réduction de la défiscalisation TIC, tout en maintenant l’écart existant entre la filière biodiesel et la filière éthanol jusqu’à l’extinction de la défiscalisation, qu’il conviendrait d’envisager sans nouvel agrément pour 2015 ;

maintenir la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) à un niveau assez élevé est, en revanche, la garantie que les objectifs d’incorporation sont respectés tant qu’ils ne sont pas formellement obligatoires ;

satisfaire ensuite les exigences de transparence vis-à-vis des citoyens, consommateurs et contribuables, en faisant clairement savoir à l’opinion si la politique en faveur des biocarburants est une vraie composante d’une politique de protection de l’environnement ou un simple volet d’une politique agroindustrielle ;

► s’attacher aussi à des exigences de présence dans les instances européennes pour y défendre la filière dans son ensemble face aux importations aidées ou contournant les règlementations et pour anticiper la négociation qui va s’engager avec nos partenaires européens sur la fiscalité de l’énergie.


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    87 Commentaires sur "France : la politique d’aide aux biocarburants passée au crible"

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    Tassin
    Invité

    « Les biocarburants utilisent en France pour la culture de leur matière première un peu moins de 6 % de la surface agricole utile, c’est-à-dire 1,7 Mha en 2010, dont 1,45 Mha pour le biodiesel et 250 000 ha pour le bioéthanol. » Soit plus que la SAU cultivée en bio en France! Arrêtons de subventionner les biocarburants et vite!

    Jackber
    Invité
    Vu la différence de coût de production, revenons à consommer du pétrole, ce sera plus simple! Les prix des denrées agricoles ne seront plus influencés par le prix du pétrole. On fera plus de GES mais puisque c’est le bon vouloir des anti agrocarburants…Sachez quand même que chez moi (je suis agriculteur,) je fais des doubles cultures (pois plus tournesol la même année) qui permettraient de faire du carburant sans conccurencer les cultures alimentaires. Le monde agricole est capable de faire des agrocarburants sans conccurencer l’alimentaire mais pour celà il faut que l’on arrête ce haro sur la productivité. De… Lire plus »
    chelya
    Invité
    Sauf que les biocarburants en France n’obéissent à aucune logique énergétique mais servent à répondre à des problèmes agricoles, donc on fait quoi avec les problèmes agricoles ? – la France est le premier producteur de betteraves (la pire des culture pour faire des biocarburants au passage) et dans ce cas ça veut dire qu’il faut mettre en place des aides à la reconversion pour les producteurs de betteraves – la France a besoin de tourteaux de colza pour nourrir son bétail et sans les subventions à l’huile de colza, ces produits ne peuvent pas rivaliser avec le soja importé…… Lire plus »
    chelya
    Invité
    Et sinon en France on a quand même réussi le tour de force unique de transformer toutes les aides pour les énergies renouvelables en subventions pour les énergies fossiles et fissiles… Ici le tour de passe de passe de Total & Co a été de faire transformer la directive européenne qui voulait avoir une part du parc de véhicule passer d’un usage de pétro-carburant à usage bio-carburant (ex : moteur Elsbett). L’astuce a consisté à « convaincre » le législateur de voter un texte qui abandonnait l’idée d’avoir une filière concurrente au pétrocarburant mais défendait plutot l’idée qu’il fallait incorporer du biocarburant… Lire plus »
    aurel
    Invité
    « la France a besoin de tourteaux de colza pour nourrir son bétail » On pourrait déjà réduire le bétail en France, et arrêter de consommer des millions de bestioles élevées en batteries. Les prix de la viande dans les supermarchés sont honteusement bas. Du coup, tout le monde charge son caddie à ras-bord de bidoche, certains à coup de caissettes de 1kg. On meurt d’excès de consommation de viande et de graisse animales… limitons notre consommation et tout le monde s’en portera mieux: les éleveurs qui ne seront plus obligés de faire une course au rendement, les animaux qui ne seront… Lire plus »
    Sand
    Invité

    jackber, pouvez vous expliquez : je comprends pas pourquoi le fait de pouvoir faire sur la meme parcelle des pois et des tournesols la meme année permet de faire du carburant sans concurrencer les cultures alimentaires. J’imagine que votre tournesol il est fait pour les biocarburants ? mais ce tournesol il pourrait aussi faire de l’huile non ? Donc en quoi ca se concurrence pas ? ce qui est bon a mettre dans les estomacs et qu’on met dans le reservoir ca restera toujours en concurrence.

    Flexo
    Invité
    les produits agricoles ne seront plus influences par le petrole? ha bon les cultivateurs ne vont plus prendre leurs tracteurs et reprendre la charrue a main, la binette pour travailller la terre et se passer de phyto sanitaires derives du petrole pour traiter les plantes? Vous êtes genial vous venez de créer plusieurs millions d emplois avec cette simple phrase mais par le même temp vous venez de faire passer le kilo de legume à 10 fois sont prix actuel. Bon cest n pieds d enez, mais arrêtons de reflechir a court tere. les bio carburant de premiere generation sont… Lire plus »
    Jackber
    Invité
    Bien sûr que le tournesol après pois peut servir à faire de l’huile pour les estomacs, mais on a déjà une production première qui est le pois protéagineux, une protéine qui a le mérite d’être produite en France. La deuxième culture de tournesol peut aussi servir aux demandes alimentaires mais peut aussi servir à faire du carburant soit directement après pressage (huile carburant) soit par estérification (EMHV) qui va donner un sous produit, la glycérine, qui peut aussi servir à faire de l’énergie dans un méthaniseur. Donc je suis d’accord avec vous que c’est aussi une coccurence mais c’est quand… Lire plus »
    Flexo
    Invité
    vous oubliez d expliquer que cela permet aussi d utiliser moins de phytos; de deserbants car une plante pousse avant l autre masquant le sol au soleil et donc empechant les adventices de pousser car elles sont en quelque sorte etoufees. les deux plantes se proteges l une l autres. dans certains cas n arrive meme a proteger une plante grace a la protection chimique secretee par la premiere. Avant les tracteurs , qd cetait des chevaux ; 10 % au moins de chaque des surfaces de chaque exploitation servait a nourrir les animaux de traction. nous en sommes lons… Lire plus »
    jihemnet
    Invité
    Evoquer la préoccupation toute récente du monde agricole pour la biodiversité, c’est un peu gonflé, il suffit d’aller jeter un coup d’oeil sur la presse spécialisée, sur les foruns, sur les sites de contructeur, pour constater que votre approche un tant soit peu progressiste est loin de faire l’unanimité, vous représenter même une toute petite minorité. On peu même dire que vous avez atteint un niveau record, de destruction de cette biodiversité, de destruction des sols, de pollution aux nitrates, phosphores et multiples pesticides. (Voir Claude Bourguignon) Défendez le productivisme à outrance, au détriment d’une qualité acceptable, (du blé qui… Lire plus »
    Nicias
    Invité

    L’agriculture intensive permet de limiter les surfaces nécessaires pour une production donnée. En conséquence cela préserve la biodiversité hors des exploitations. Si par exemple, on passe au 100% bio, il faudra raser l’intégralité des forets françaises en raison des rendements à l’hectare (50% de moins pour le blé*). La biodiversité ne s’en portera pas mieux. *C’est ce qu’il y a de pire à ma connaissance. Pour les autres produits le rendement est meilleur mais en moyenne, le bio c’est 50% plus cher, en partie à cause des rendements à l’hectare.

    Reivilo
    Invité

    Il est vrai que l’agriculture intensive favorise la biodiversité. Par exemple la culture OGM aux états-unis a permis de voir apparaître des adventices « mutantes spontanées » résistantes aux traitements herbicides du round-up classique. Donc plus de biodiversité plus de chiffre d’affaire parcequ’il faut maintenant des cocktails de pesticides pour venir à bout de ces mutants (vendus par le même Monsento) plus d’emploi dans les usines chimiques. On voit clairement, au vu de tous ces avantages que le bio ne peut pas rivaliser…

    Reivilo
    Invité

    Sources pour post précédent

    jihemnet
    Invité
    Si on prend les rendements du bio, ils peuvent atteindre un rapport de 1 à 3, mais les meilleurs producteurs bio sont proches de la moyenne, il y a un problème de formation, de recherche, de choix de variétés. Mais il existe des solutions alternatives, la permaculture, le raisonné, dont la réduction des couts de production, mécanisation, main d’oeuvre, intrants industriels, permettent de préserver les marges sans augmenter les prix tout en préservant les rendements et surtout la qualité. Ajoutez les frais de dépollution engendrés par les cultures intensives, les risques de santé publique, celle des agriculteurs et vous verrez… Lire plus »
    Nicias
    Invité

    @jihemnet L’ânerie, c’est de n’avoir utilisé qu’un seul herbicide que ce soit avec un ogm ou non (mais on ne fait du suivit que sur les OGM). L’étude de l’Inra non déformée est ici. @Reivilo Vous avez parlé de productivisme, c’est à dire d’une agriculture intensive qui utilise peu de travail et peu de surface. J’ai pris l’opposé direct, le bio. Même sans être dogmatique, il faut pas rêver, si on veut polluer moins, le rendement à l’hectare baissera. La nature s’en portera mieux, mais pas forcement la biodiversité.

    jihemnet
    Invité
    Vous ne trouverez sans doute pas une seule donnée officielle sur le sujet, mais si vous avez du temps à y consacrer, vour pourrez vérifier que vos affirmations sont sans fondement, vous devez aussi ignorer les techniques agronomiques de base pour soutenir cela. Rien n’empêche d’utiliser des engrais chimiques sans utiliser de pesticides, en clair, rien n’oblige à pratiquer du bio labelisé tout en réduisant considérablement l’utilisation de la chimie, tout en conservant les mêmes rendements, voir même en les augmentant en terrain peu fertile, vous êtes caricatural et mal informé. Mais il vous faudra rechercher vous même les informations… Lire plus »
    Jackber
    Invité
    Pour mieux préciser les choses, je suis un pratiquant de l’agriculture de conservation (sans travail du sol) qui n’a pas oublié de remettre la biodiversité au coeur de la réflexion. Mon but est de rendre le sol plus fertile grâce à la nourriture de l’activité biologique du sol (résidus de culture, couverts végétaux, effluents d’élevage…), mais celle-ci à besoin de travailler tranquillement sans qu’on la dérange en permanence par des outils agressifs. Mon deuxième but est d’avoir le maximum de biodiversité pour obtenir une auto lutte intégrée contre divers ravageurs. Biodiversité qui s’obtient par des mélanges de variétés, des couverts… Lire plus »
    Nicias
    Invité
    Vous ne trouverez sans doute pas une seule donnée officielle sur le sujet Oui mais c’est pas de ma faute. Que fait l’Ademe ? vous devez aussi ignorer les techniques agronomiques de base pour soutenir cela. Je ne suis pas agriculteur, ni ingénieur agronome. Vous non plus a priori. Rien n’empêche d’utiliser des engrais chimiques sans utiliser de pesticides, Certes rien n’oblige à pratiquer du bio labelisé tout en réduisant considérablement l’utilisation de la chimie, Heureusement, si non le bio devrait réduire son recours à la chimie « naturelle », ce qui est loin d’être gagné. tout en conservant les mêmes rendements… Lire plus »
    jihemnet
    Invité
    Merci pour la précision et ce lien, j’ai visionné des heures de vidéo et de nombreux documents sur le sujet, mais j’en avais oublié le nom. Vous pourriez sans doute confirmer que cette technique permet de réduire les intrants tout en préservant vos rendements et vos marges. Que c’est une alternative au biologique, moins contraignante, mais enrichissante sur le plan technique et économique, qui préserve l’environement et la biodiversité. Il me semble aussi que vous êtes isolé (peu d’agriculteurs concernés) et peu soutenu, autant par les syndicats, que par la recherche agronomique qui consacre ses budgets au service des entreprises… Lire plus »
    jihemnet
    Invité

    Avalez ce que vous voulez, pesticide et autres polluants si cela vous chante, mais le document de Jackber devrait vous sortir de votre ignorance et vos certitudes!

    jihemnet
    Invité

    J’ai visionné votre document, très clair, bien illustré, même des incultes comme Nicias devraient saisir. Si vous avez d’autres sources web qui me permettrait d’en savoir + sur la productivité, des techniques plus approfondies je suis preneur, vous pouvez utilisez ma messagerie.

    Nicias
    Invité

    selon l’étude de l’Inra citée indirectement par Jihemnet plus haut: un couplage fort est observé entre adoption d’une VTH (ndt variété tolérante a un herbicide, aka ogm ici) et simplification du travail du sol. La mise en oeuvre conjointe des deux techniques est d’ailleurs favorisée dans les régions sensibles à l’érosion, où l’abandon du labour bénéficie d’incitations financières (Etats-Unis). Le succès commercial du soja transgénique TH RR® en Argentine s’explique par la possibilité offerte par les VTH de mettre en oeuvre efficacement le semis direct

    jihemnet
    Invité

    Si vous ne considérez pas que respecter l’environnement soit essentiel, que consommer des aliments qui ne soient pas contaminés par des résidus de pesticides, jusqu’à 20 molécules différentes sur des fraises ou des tomates puisse nuire à votre santé, celle de vos enfants. Si vous trouvez normal qu’aucune étude ne tienne compte de l’effet cocktail de ces molécules alors que les laboratoires les recommandent pour en démultiplier l’effet, alors vous avez raison, il y a bien un problème de pensée unique, la votre, encore faudrait-il que vous ayez les moyens de réfléchir pour évoquer la pensée.

    jihemnet
    Invité

    Je n’ai cité aucune étude de l’INRA, apprenez à rediger vos phrases correctement, pourquoi vous entêtez à intervenir sur un sujet pour démontrer un peu plus l’étendue de votre ingorance sur ce sujet!

    jihemnet
    Invité
    Je n’ai pas a vous être agréable, je n’ai pas d’estime pour vous, surtout après le déferlement de propos inapproprié du week-end dernier. Quand une étude réalisée par la commission européenne fait état des chiffres que j’évoque, je n’ai pas a apporté la moindre preuve, je n’ai d’ailleurs rien a vous prouver. Ne soyez pas parano, essayez d’émettre une opinion personnelle plutôt que de relater des chiffres en permanence, j’ai déjà évoqué dans un autre post la production de toxines par les plantes! Mais je ne vois pas le rapport. Une plante comestible peut être toxique consommée en excès et… Lire plus »
    Jackber
    Invité
    Si les argentins et autres brésiliens américains adoptent les ogm et le semis-direct c’est surtout par facilité car avec ces techniques on simplifie les opérations. Avec plusieurs milliers d’hestares par exploitation ça peut se comprendre. Néanmoins les associer systématiquement c’est aller un peu vite car on peut très bien faire du semis-direct sans ogm (comme chez moi) et inversement (non non pas comme chez moi!). Au delà de l’aspect éthique le problème le plus risqué est le fait de toujours faire la même chose dans les champs et donc les plantes (voire les insects visés) deviennent résistants, s’adaptent. Ce qui… Lire plus »
    Jackber
    Invité
    L’agriculture de conservation est pratiquée par à peu près 2% des agris en France (8000 !) soit pas loin du même nombre qu’en bio. A celà près qu’elle est méconnue sauf de temps en temps avec un peu de télé pour faire le buz. Je plains beaucoup les agris en bio surtout ceux qui sont en grande culture car pour désherber ils n’ont pas d’autre choix que le travail du sol fut-il même léger or je sais bien par expérience que ce qui est le plus destructeur d’un sol, c’est bien son travail intensif mécanique car les vers de terre… Lire plus »
    jihemnet
    Invité
    « La pectine de pomme et les extraits de jus de pomme sembleraient avoir des effets anti-carcinogènes sur le colon WASHINGTON – Les pommes et le jus de pomme que nous consommons auraient des effets positifs sur l’un des endroits les plus improbables – le colon. Une nouvelle recherche a démontré que la pectine de pomme et les composants du jus de pomme riche en polyphénol, renforcent en fait les mécanismes biologiques produisant les composants anti-carcinogènes durant le processus de fermentation. » Rigueur, preuve scientifique, désinformation, vous avez en partie raison malgré vous, quant aux toxines produites par certaines plantes, mais vous… Lire plus »
    jihemnet
    Invité

    Je regrette que vous vous arrêtiez à quelques chamailleries qui font parties de tous débats, si vous êtes confiant dans vos propos, les affirmer ne fait que renforcer cette confiance. Si vous voulez convaicre des agriculteurs que vos techniques sont performantes, commencer par les relativiser sert seulement à faire naitre le doute.

    Nicias
    Invité
    jihemnet a dit : « Si vous voulez convaicre des agriculteurs que vos techniques sont performantes, commencer par les relativiser sert seulement à faire naitre le doute. » Un univers nous sépare… The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. Bertrand Russell @Jackber Je suis totalement en accord avec votre avant-dernier post. Le dernier ne me choque pas mais je suis trop ignorant du sujet pour l’avaler sans éventuelles réserves. J’ai téléchargé votre lien, en ai lu le début seulement. Le fichier ne sera pas écrasé sans que j’en ai lu la… Lire plus »
    jihemnet
    Invité

    J’imagine que Jackber est au moins aussi doté en intelligence que vous, donc à même d’avoir pesé les avantages et les inconvénients. Vous concernant, si je me réfère à vos posts sur l’économie principalement, il me semble qu’il vous reste du chemin à faire. Un univers nous sépare clairement, le votre est purement idéologique, sans implication personnelle, basé sur le propos de vos gourous, sans vérification, ca frise l’absurde. Au fait, pourquoi ne réagissez vous pas au post de Rouget, vous pratiquez une sélection naturelle, il a écrit des propos mensongers, mais quand cela vous arrange, c’est silence radio!

    Nicias
    Invité

    Si cela vous intéresse, Jean Bricmont avait organisé un colloque: L’esprit d’aventure et le principe de précaution en sciences et en arts. Jean de Kervasdoué était présent parmis d’autres. Tous les aspects du risque sont traités,: le y compris le risque industriel qui préoccupe tant ce forum.

    Nicias
    Invité

    @Jihemnet Il y a un problème de logique chez vous. Votre post montrait que la pectine était un anticancérigène ce qui n’est pareil que de montrer qu’il n’était pas cancérigène comme Rouget le prétendait. Savez vous qu’on soigne les cancer par irradiation ? le votre est purement idéologique, sans implication personnelle, basé sur le propos de vos gourous, sans vérification Il ne me reste plus qu’à ensevelir le forum sous des posts blindé d’économétrie pour vérifier les théories avancèes. On va bien s’amuser, j’espère que vous avez étudié les statistiques.

    Reivilo
    Invité

    Certes et c’est évidement très appréciable pour les malades, mais la technique n’est malheureusement pas sans risque, et peut même provoquer des complications voir la mort pour des patients en cas de surirradiation comme cela a été le cas à Epinal, Lyon et Grenoble ces dernières années. La radiothérapie est bien sûr globalement très positive, mais il est essentiel de comprendre le pourquoi de ces erreurs aux conséquences tragiques. Le procès aura lieu prochainement et devrait apporter les réponses.

    jihemnet
    Invité

    « Que les petites tâches brunes à la surface des pommes sont composées de pectine, un cancérigène ? Si vous ne dites pas dans cette phrase que la pectine est cancérigène, c’est que je ne sait plus lire, ou que vous ne savez pas vous exprimer! Peu importe qu’il s’agisse de sacharrose, de glucose ou de fructose, puisque c’est vous qui la considérez comme cancérigène. J’ai juste vérifé que la pectine n’était pas cancérigène. C’est le cas.

    jihemnet
    Invité

    Si vous voulez passer pour un rigolo, allons-y pour la multitude de données statistiques, ça ne démontrera rien d’autre que vous savez manier le copier/coller. Je ne démontre rien de logique, sauf que je n’ai trouvé aucune information indiquant que la pectine n’était pas cancérigène, mais qu’au contraire elle aurait des facultés anticancérigénes. Comme toute posologie peut devenir léthale en dhors des doses prescrites. Et alors, ou est le problème de logique!

    Nicias
    Invité
    @jihemnet Je ne démontre rien de logique, sauf que je n’ai trouvé aucune information indiquant que la pectine était cancérigène Et bien c’est cela qu’il fallait écrire. La charge de la preuve aurait été renvoyé sur Rouget. Mais cela n’aurait rien changé, Rouget aurait fait amende honorable de la même manière et je n’aurait rien dit puisque Rouget et moi (et d’autres) nous concertons par email sur ce qu’il faut dire pour défendre la Cause. @Reivilo Oui, pas sans risque certainement. J’avoue que l’article du Monde me laisse dubitatif, ne serait ce que parce-qu’il n’indique pas de quoi sont morts… Lire plus »
    Nicias
    Invité

    Hihihi Vous avez été plus rapide, j’ai mis plus de temps à écrire, d’ou l’antériorité artificielle de mon message.

    jihemnet
    Invité

    La bonne foi selon vous, c’est de nier ce qu’on a écrit

    jihemnet
    Invité

    J’ai plutôt l’impression de régresser intellectuellement, un bond de 30 ans en arrière. Une bande de clown, sans fond, qui fait perdurer des polémiques stèriles. On se plante lamentablement et on cherche le moyen de se rattrapper, on s’éloigne du sujet à partir d’une extrapolation. Ca en devient puérile!

    zoziau
    Invité

    Faut-il adhérer aux théories de ce génie des alpages bretons. Voilà deux citations qui situent la profondeur et l’orientation de sa pensée : « L’inscription du principe de précaution dans la constitution française me semble une insulte à la raison. » « Quand on est soucieux de l’avenir de la planète, on ne peut donc qu’être avocat des OGM et de l’énergie nucléaire. »

    jihemnet
    Invité

    Le seul fait qu’il en soit une pour ces rigolos le discrédite d’office!

    jihemnet
    Invité

    A votre curé, après tout vous n’êtes plus à ça près, si le débat à bien un intérêt, il n’en a aucun avec vous, les discussions de pochetrons finissent dans le caniveau.

    Lionel_fr
    Invité
    Je voulais juste vous féliciter pour vos interventions intéressantes. @Chelya Je me demande pourquoi la betterave à sucre est mauvaise, un pb d’environnement ? Le rendement énergie sur papier semble bon voire égal à la canne à sucre bien qu’il n’y ait pas la bagasse qui produirait jusqu’à 100T de biomasse par hectare/an si j’ai bien lu Cela dit , sous nos latitudes , la betterave semble en tout cas capable d’initialiser le marché de l’éthanol en attendant la v2.0 cellulosique et peut-être la v3.0 algale bien que l’US Navy semble focaliser sur le diesel algal actuellement mais on peut… Lire plus »
    Jackber
    Invité
    Merci de votre encouragement. Encore une fois, je pense que ni betteraves, ni maïs aussi d’ailleurs, ni canne à sucre et autres plantes à biomasse ne sont de mauvaises plantes à agrocarburant de fait. Leur valeur de production d’éthanol dépend avant tout de leur teneur en cellulose à l’hectare (la canne est championne suivi par le maïs). Je comprend les réactions négatives des anti-agrocarburant mais je pense qu’ils n’ont pas toutes les données du problème. On leur vend un raccourci facile : « les agrocarburants sont mauvais pour l’environnement car ils impliquent de mettre beaucoup d’engrais et ils participent à la… Lire plus »
    jihemnet
    Invité
    Mais il faudrait aussi que vous ne soyez pas aussi réducteur, la déforestation Amazonienne nous concerne, le climat est global, c’est un permis de polluer supplémentaire de plusieurs centaines de millions de tonnes de CO2 dont nous bénificions. Concernant les agrocarburants, vous citez la cellulose, mais elle concerne les bios de seconde génération, la premiere génération exploite l’huile, le sucre, l’amidon… des plantes entrants en concurrence directe avec l’alimentation. Ceux de 2nde génération, sont aussi concurrents des cultures destinées à l’alimentation, à l’exemple du jatropha, le rendement énergètique de ces cultures est beaucoup + conséquent, de 1 à 3, lorsqu’il… Lire plus »
    jihemnet
    Invité

    Toujours aussi consistant, au moins là ça vous évite d’écrire des énormités!

    Sicetaitsimple
    Invité
    Il est interessant, votre lien (j’en avais fourni un sur le même sujet il y a quelques temps). On y apprend qu’il faut mobiliser 750ha pour alimenter en ensilage de mais une unité de 1,5MW , qui va donc produire au grand maximum 12000 à 13000MWh/an (il serait d’ailleurs interessant de savoir, sans se lancer dans une ACV en bonne et due forme, combien de gasoil les engins nécessaires pour cultiver, récolter et manutentionner tout ça consomment en un an). Je ne suis pas un fan des grandes fermes PV au sol, mais très honnêtement, ça fait se poser des… Lire plus »
    Sicetaitsimple
    Invité

    La discussion ( et le lien sur un document qui va avec) dont je fais état ci-desus se trouve ici (le 3/01 à 20h29):

    Sicetaitsimple
    Invité

    Le document lui-même:

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