La Turquie veut accéder au nucléaire civil

Le ministre de l’Energie turc, M. Himli Güler, a annoncé le 23 novembre 2007 un prochain appel d’offre pour la première centrale nucléaire turque.

C’est la TETAS, la compagnie publique de distribution d’électricité, qui devrait lancer cet appel d’offre le 21 février 2008. D’ici là, le TAEK (l’institut turc de l’énergie atomique) aura rendu son cahier des charges concernant la construction et l’exploitation de cette centrale, conformément à la loi récemment entérinée – cette loi avait été votée une première fois par le parlement, mais l’ancien président turc Ahmet Necdet Sezer avait mis sont véto en mai dernier. La loi a ensuite été débattue une nouvelle fois au parlement en octobre, puis votée et enfin approuvée par le nouveau président, Abdullah Gül, courant novembre 2007.

Le gouvernement a fait savoir son intention de se doter au total de trois centrales nucléaires, d’une puissance totale d’environ 5.000 MW pour une mise en service prévue pour 2012. L’emplacement prévu pour l’une de ces centrales, à Sinop, soulève de nombreuses protestations, mais le TAEK semble décidé à poursuivre son action.

D’après la loi votée au parlement, le conseil des ministres devra se prononcer sur la création d’une entreprise publique en charge de ces centrales, dont certaines entreprises privées pourront obtenir des parts. Cette loi prévoit également que l’Etat aura le monopole de la production pendant les quinze premières années.

C’est la cinquième tentative d’Ankara pour se doter du nucléaire civil, et la plus aboutie à ce jour.

[BE Turquie numéro 6 (15/01/2008) – Ambassade de France en Turquie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/52561.htm]

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12 Commentaires sur "La Turquie veut accéder au nucléaire civil"

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Jean
Invité

Après avoir réchauffé la planète, pourquoi cet engouement pour une énergie dangereuse et très coûteuse à long-terme (donc non durable) à cause du démantèlement des centrales et le recyclage des résidus radioactifs? Il est vrai que le solaire ne permet pas (pour le moment) de construire des armes de destruction massive. Ou alors cela ne serait-il pas poussé par le lobby des grands groupes industriels une fois de plus?

benoit
Invité
Au niveau mondial, l’énergie nucléaire ne représente que 2% de la consommation finale d’énergie. Cette technologie fait grand bruit actuellement en France car ce beau pays espère pouvoir combler ses déficits en fourguant des centrales nucléaires à n’importe qui (le grand démocrate Kadhafi, les défenseurs des droits de l’homme Chinois, … etc. etc.). On répète aujourd’hui sans aucune honte la démarche qui nous a conduit il y a 20 ans dans la situation de prolifération que l’on connait aujourd’hui avec l’Iran, et qui aurait pu être la même avec l’Irak si Israël n’avait pas eu l’heureuse idée de bombarder la… Lire plus »
Mike
Invité

Pourquoi “cracher dans la soupe” ? Comment peut-on être contre une énergie sûre, bon marché et non emettrice de CO2, sans être pour une électricité à base de charbon, au gaz ou au fuel ? Comment peut-on à la fois souhaiter la création d’emplois en France, et être contre l’action de “notre super VRP” ? Un peu de cohérence, que diable !!!

benoit
Invité

UNe énergie tellement sure que les assureurs refusent … d’assurer contre ses conséquences. Relisez vos contrats d’assurances.

benoit
Invité

Finalement, de Chirac à Sarkozy, de l’Irak à la Lybie (notez la rime), il n’y a pas de rupture. Il y a toujours la même vision à court terme de marchand de tapis. Reste à espérer quel les Israeliens feront le nécessaire avant la mise en service de la centrale vendue au “Colonel”, et répareront de nouveau nos bévues comme ils l’ont fait en mettant Osirak hors service.

Elsa
Invité

– Remplacer tous les réacteurs nucléaires par des centrales électriques à gaz augmenterait seulement de 2,3% les gaz à effet de serre d’origine humaine, soit 7 fois MOINS que la déforestation. – Tous ces pigeons qui se lancent dans l’achat de centrales nucléaires oublient une chose (mais les marchants n’en parlent surtout pas), c’est que le “peak uranium” se produira dans une vingtaine d’années et que la quantité d’uranium disponible ne suffira plus pour alimenter les réacteurs. Il existe une très bonne étude d’EWG, l’Energy Watch Group sur cette question comme sur d’autres sujets énergétiques.

Michel
Invité
A trop relativiser, il ne faut pas perdre l’apport du nucléaire en terme de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Qu’on en juge par ces quelques chiffres : la production nucléaire française (428 TWh/an – source edf.fr)entièrement convertie au thermique, émettrait de 400 kt/TWh (au mieux au gaz) à 900 kt/TWh (au charbon) de CO2, soit 171 à 385 Mt de CO2, à comparer à notre quota d’émission fixé à 133 Mt pour la période 2008-2012 (et à 2000 Mt pour l’ensemble de l’Europe). On fait quoi ? on demande une rallonge de 200% à la… Lire plus »
Andre
Invité

A lire les réactions à cette brève, il parait évident que pro et anti nucléaires ont toujours les mêmes arguments parfois éculés. Personnellement, je préfère me faire une opinion sur un site qui me parait neutre à savoir http://www.laradioactivité.com …et finalement je vois plus d’avantage au développement du nucléaire que d’inconvénients !

benoit
Invité

– En suivant ce lien, vous aurez une vision précise des méthodes du CEPN (EDF, Cogéma, CEA, IRSN), pour, dans le cadre de leur programme “scientifique” Ethos, faire taire les scientifiques Biélorusses et Ukrainiens étudiant les incidences de l’accident de Tchernobyl afin de minimiser les conséquences de cet accident: – Youri Bandazhevski, 8 ans d’emprisonnement en 2001, – Vassili Nesterenko, écarté des études de l’incidence de l’ingestion du Cesium 137, suite à une demande écrite du CEPN auprès des autorités Biélorusses. Edifiant.

benoit
Invité

L’Etat français devrait faire ses excuses aux Pr Bandazhevsky et Nesterenko: – au Pr Bandazhevsky car l’Etat français porte une part de responsabilité dans son emprisonnement pendant 5 ans en Biélorussie, avec la caution implicite d’organismes pronucléaires français ; – au Pr Nesterenko qui s’est vu retirer la gestion de plusieurs centres indépendants au profit du programme Ethos mené par l’industrie nucléaire française, ce dernier ayant pour but de minimiser les conséquences de l’accident de Tchernobyl

Samarium
Invité

Le problème avec la centrale Turque c’est : que la zone est sismique (remarque les Japonais en ont plein des centrales en zones simique, mais c’est pas le meme niveau technique et industriel), que la Turquie vie sous trés forte menace terroriste, principalement interrieure (PKK). Cette menace fera de la première centrale un symbole trés tentant pour les frappes. Je parle pas des interets louches des Turcs pour l’arme …

Samarium
Invité
Je suis pro mais je vais commencer par une concession. Avec Osirak le problème c’est qu’il y avait meme pas besoin de faire du plutonium en Irak, le coeur livré aurait été pret directement à etre refondu pour servir de base à une ogive. L’uranium était de qualité quasi-militaire. Actuellement l’enrichissement maximum toléré dans tous les réacteurs vendu à l’étranger est de 20% pour éviter ce genre de probleme (merci Pr. Carter). Trop faible pour que le combustible soit détourné rapidement et sans gros retraitement. Quant à la fabrication de plutonium … c’est les anciennes technologies francaises (graphite gaz) et… Lire plus »
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