Lancée le 30 juin par l’Union astronomique internationale et NOIRLab, l’initiative mondiale Asteroids2029 fédère gouvernements, agences spatiales et éducateurs avant l’Année internationale de la sensibilisation aux astéroïdes et de la défense planétaire, décrétée par l’ONU pour 2029. Elle s’appuie sur le passage de l’astéroïde Apophis, qui frôlera la Terre à 32 000 kilomètres le 13 avril 2029.
Le 13 avril 2029, un visiteur céleste frôlera la Terre comme aucun objet de cette taille ne l’a fait depuis des siècles. L’astéroïde 99942 Apophis, un bloc rocheux d’environ 340 mètres de diamètre, passera à seulement 32 000 kilomètres de la surface terrestre, plus près que les satellites en orbite géostationnaire. Visible à l’œil nu depuis une partie de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, ce passage n’offre aucun risque de collision, mais constitue une opportunité rare de mobilisation planétaire.
L’initiative Asteroids2029, lancée le mardi 30 juin, entend précisément fédérer gouvernements, agences spatiales et éducateurs en prévision de l’Année internationale de la sensibilisation aux astéroïdes et de la défense planétaire, déclarée par l’ONU pour 2029. Portée par l’Union astronomique internationale et NOIRLab, parmi d’autres organisations, elle a été dévoilée le jour du dixième anniversaire de la Journée internationale des astéroïdes.
Le calendrier n’a rien d’anodin. Si l’approche d’Apophis, événement statistiquement millénaire, ne menace pas la Terre, le constat des spécialistes demeure préoccupant. En avril 2025, les astronomes avaient identifié près de 40 000 objets géocroiseurs. L’écrasante majorité des astéroïdes potentiellement dangereux échappe encore aux recensements.
« Il y a 100 % de chances que, si nous ne faisons rien, un astéroïde dangereux percute la Terre et blesse ou tue des gens », a déclaré Bruce Betts, directeur scientifique de The Planetary Society, à ABC News. « Et ce pourrait être demain, comme dans 100 ans. »
La déviation, une technique validée
L’humanité dispose désormais d’une preuve concrète que la déviation d’un astéroïde est réalisable. En 2022, la mission DART de la NASA a envoyé un engin spatial s’écraser intentionnellement contre Dimorphos, une lune de 160 mètres de diamètre orbitant autour de l’astéroïde Didymos. L’impact a raccourci la période orbitale de 32 minutes. Des travaux publiés en mars 2025 ont confirmé que la collision a également modifié la trajectoire de l’ensemble du système Didymos-Dimorphos autour du Soleil. Il s’agit de la première altération mesurable, par un artefact humain, de l’orbite solaire d’un corps céleste.
De nouveaux yeux braqués sur le ciel
Deux instruments de détection viennent renforcer la surveillance. L’Observatoire Vera C. Rubin a d’ores et déjà découvert plus de 11 000 nouveaux astéroïdes à partir de données préliminaires, dont 33 objets géocroiseurs jusqu’alors inconnus. Son relevé complet devrait révéler 90 000 astéroïdes supplémentaires.
Le télescope spatial NEO Surveyor, conçu par la NASA spécifiquement pour détecter les astéroïdes menaçants grâce à des capteurs infrarouges, doit entrer en service à l’automne 2027. Sa mission : repérer au moins les deux tiers des objets potentiellement dangereux durant ses cinq premières années d’activité.
Du côté européen, l’Agence spatiale européenne prépare la mission Ramses, en coopération avec l’agence japonaise JAXA. Son lancement est prévu pour 2028, avec l’objectif de rejoindre Apophis et de l’observer pendant toute la durée de son passage en 2029. La mission américaine OSIRIS-APEX, qui devait également étudier Apophis, voit son avenir compromis : des propositions budgétaires récentes ont envisagé l’abandon du volet survol.
Entre science fondamentale et impératif de survie
« Les astéroïdes occupent une place fascinante à la croisée des chemins », résume Katie Kumamoto, chercheuse au Lawrence Livermore National Laboratory. « Ils nous en apprennent énormément sur les origines du système solaire, mais il y a aussi cet aspect très concret : ces rochers filent dans l’espace, et un jour viendra où l’un d’eux nous obligera à réagir si nous ne voulons pas partager le sort des dinosaures. »
L’initiative Asteroids2029 entend précisément éviter qu’un tel jour ne surprenne une humanité désarmée. En misant sur la coordination internationale et la pédagogie, elle espère faire de la curiosité scientifique suscitée par Apophis une vigilance durable. Le rendez-vous du 13 avril 2029 ne sera pas celui d’une menace, mais peut-être celui d’une prise de conscience collective.
Source : NASA
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