La cleantech Oxyle a validé sa solution de destruction des PFAS directement sur le site d’un client industriel. Un résultat qui démontre la viabilité opérationnelle de sa technologie OxLight, jusqu’alors testée en environnement contrôlé. Les essais, menés sur deux flux distincts d’eaux usées, ont produit des taux d’élimination supérieurs à 97 %, avec une libération de fluorures attestant une destruction complète et irréversible du polluant.
Une pollution omniprésente et quasi indestructible
Les substances per- et polyfluoroalkylées, connues sous l’acronyme PFAS, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés depuis les années 1950 dans d’innombrables applications industrielles et produits de consommation. Leur résistance exceptionnelle à la dégradation leur vaut le surnom de « polluants éternels ». Présents dans les textiles imperméables, les emballages alimentaires, les mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs, leur présence est désormais attestée dans l’ensemble des compartiments environnementaux : eaux de surface, nappes phréatiques, sols et organismes vivants.
Face à l’accumulation de preuves toxicologiques, les autorités sanitaires durcissent progressivement les normes. La directive européenne sur l’eau potable fixe désormais des seuils contraignants, et plusieurs pays, dont la France, ont engagé des actions pour restreindre les rejets industriels. Dans un tel cadre réglementaire, les industriels cherchent des technologies de traitement capables d’éliminer définitivement les substances, sans se contenter de les transférer d’un milieu à un autre.
Le procédé OxLight à l’épreuve du terrain
Développée par Oxyle, la technologie OxLight repose sur un principe de catalyse avancée. Contrairement aux méthodes classiques de filtration sur charbon actif ou d’osmose inverse, qui concentrent les PFAS sans les détruire, le procédé vise une minéralisation complète des molécules. Les liaisons carbone-fluor, parmi les plus stables de la chimie organique, sont rompues, convertissant le polluant en composés inorganiques inertes.
Le pilote déployé sur site industriel a traité deux flux d’eaux usées de nature différente. Sur le premier, la dégradation a dépassé 99 % d’un PFAS C3 à chaîne ultra-courte, catégorie réputée particulièrement difficile à capter et à décomposer. Sur le second flux, le taux d’élimination a franchi la barre des 97 %. Les mesures de fluorures libérés en solution confirment la rupture effective des liaisons carbone-fluor, preuve que la destruction est bien réelle et permanente.
Une validation technique qui ouvre la voie au déploiement
Au-delà des performances de dépollution, la campagne d’essais a fourni les données d’ingénierie et d’exploitation indispensables à la conception d’un système à échelle réelle. Les paramètres de fonctionnement, la robustesse du catalyseur, les consommations énergétiques et les conditions de maintenance ont été documentés sur la durée.
Oxyle annonce viser un taux de dégradation supérieur à 99,9 % pour une installation à grande échelle à venir. Un objectif ambitieux que les résultats du pilote rendent crédible, même si le passage à l’échelle industrielle soulève encore des questions d’optimisation économique et d’adaptation à la variabilité des effluents.
La validation en conditions réelles constitue néanmoins une étape tangible pour la filière du traitement des micropolluants. Alors que les collectivités et les industriels doivent répondre à des exigences réglementaires croissantes, l’émergence de procédés de destruction complète représente une alternative aux solutions de simple transfert. Reste à confirmer, dans les prochains mois, la reproductibilité des performances sur des volumes plus conséquents et dans des configurations industrielles diversifiées.
Source : Oxyle
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