Le groupe multimodal français vient d’obtenir en juin 2026 les autorisations nécessaires pour lancer sa propre entreprise ferroviaire de fret. Baptisée TRAIX, celle-ci circulera dès juillet sur l’ensemble du réseau national et vise quinze trains d’ici la fin de l’année.
Près de neuf marchandises sur dix circulent encore par la route en France. Dans un paysage logistique dominé par le pavillon routier, Modal Group franchit une étape supplémentaire en devenant exploitant ferroviaire de plein droit. Le groupe a annoncé le lancement de TRAIX, sa propre entreprise de fret, après avoir obtenu en juin 2026 une licence et un certificat de sécurité unique délivrés par les autorités compétentes. Ces deux sésames l’autorisent désormais à faire circuler des trains de marchandises sur l’intégralité du réseau ferré national, en toute autonomie.
Une chaîne logistique désormais intégrée
Avec TRAIX, Modal Group internalise la traction et la conduite des trains, une brique qui lui échappait jusqu’ici. Complément naturel des activités de ses filiales Delta Rail et Terminaux Multimodaux, la nouvelle structure permet au groupe de proposer une offre intégrée : exploitation des terminaux, trains de transport combiné, traction ferroviaire, matériel et manutention. Les clients disposent d’un interlocuteur unique.
Chaque circulation assurée par TRAIX représente, selon le groupe, entre 25 et 50 camions retirés des axes routiers. Un calcul simple qui illustre le mécanisme du report modal : massifier les flux sur rail plutôt que de les disperser sur chaussée.
Une offre ouverte, au-delà du groupe
Fidèle à sa philosophie collaborative, Modal Group n’a pas conçu TRAIX pour ses seuls besoins internes. L’entreprise ferroviaire propose ses services en marque blanche à tout industriel, logisticien ou transporteur désireux de basculer ses volumes vers le rail. L’habilitation couvre également le transport exceptionnel et les matières dangereuses, deux segments où la demande en fret ferroviaire reste soutenue.
Modal Group tient à préciser que cette nouvelle activité ne remet pas en cause ses partenariats avec d’autres entreprises ferroviaires. Le groupe défend une approche ouverte, misant sur la coopération pour densifier l’exploitation d’un réseau aujourd’hui largement sous-utilisé.
Cinq locomotives et un PC 24 heures sur 24
Le démarrage opérationnel est prévu dès juillet 2026. TRAIX aligne une flotte initiale de cinq locomotives, épaulée par cinq conducteurs et cinq opérateurs au sol. D’ici la fin de l’année, l’ambition est de porter le volume à quinze trains, circulant sur les grands corridors qui relient Dunkerque, Lyon, Metz, Marseille et l’Île-de-France, ainsi que sur les principaux points de passage frontaliers.
Un poste de commandement opérationnel fonctionnant en continu assurera le suivi en temps réel des circulations. L’objectif affiché : s’imposer comme une référence du fret ferroviaire européen.
« Nous construisons un écosystème au service d’une logistique multimodale décarbonée. Le doublement de la part du fret ferroviaire constitue l’un des principaux leviers de décarbonation du transport de marchandises, avec un potentiel de réduction estimé à 3,5 millions de tonnes de CO₂ par an d’ici 2030. En devenant nous-mêmes entreprise ferroviaire, nous maîtrisons désormais tout l’amont de la chaîne de transport, des terminaux jusqu’à la traction. Nos clients bénéficient d’un interlocuteur unique, d’une meilleure fiabilité et d’une solution concrète pour accélérer le report modal. » explique Bernard Meï, président-fondateur de Modal Group.
Source : CP/ Modal Group
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