C’est une première dans l’histoire de la monnaie unique. La Banque centrale européenne (BCE) a présenté, le 23 juillet 2026, les visuels présélectionnés pour la prochaine série de billets en euros, et ouvre une grande consultation publique jusqu’au 21 septembre. Les Européens sont invités à départager deux thèmes radicalement différents : « La culture européenne : un héritage commun » et « Fleuves et oiseaux : force et diversité ».
Un renouvellement attendu depuis plus de vingt ans
Le projet ne date pas d’hier. Depuis l’introduction de la série « Europe » dont les dernières coupures sont entrées en circulation entre 2013 et 2019, la BCE réfléchit à une nouvelle génération de billets. L’arrêt de la production du billet de 500 euros en 2019 avait déjà marqué une étape symbolique, mais le véritable chantier de refonte graphique a été lancé il y a plusieurs années, avec une volonté affichée d’associer le grand public et les experts.
En 2025, deux thématiques avaient été retenues après une première phase de concertation. La suite du processus, dévoilée le 23 juillet, est plus concrète : des motifs précis ont été sélectionnés pour chaque thème, et les maquettes sont désormais soumises au regard des citoyens. La Banque de France l’a confirmé dans un communiqué : « La BCE a retenu des motifs pour les deux thèmes encore en lice. »
Deux thèmes, deux visages de l’Europe
Le premier thème, « La culture européenne : un héritage commun », met à l’honneur des figures emblématiques de la pensée, des arts et des sciences. Sans que la liste soit définitivement arrêtée, les esquisses rendues publiques évoquent des personnalités comme Marie Curie, Léonard de Vinci ou encore Simone Veil. L’idée, selon la BCE, est de célébrer les femmes et les hommes qui ont façonné l’Europe, au-delà des frontières nationales.
Face à cette approche humaniste, le second thème joue la carte de la nature et de la géographie. « Fleuves et oiseaux : force et diversité » propose des illustrations de cours d’eau, du Danube à la Loire, et d’oiseaux migrateurs comme la cigogne blanche ou le martin-pêcheur. Les défenseurs de cette option y voient un éloge de la circulation, des écosystèmes partagés et des liens qui unissent les territoires.

La consultation publique, un accélérateur d’intérêt
Le succès d’audience de cette annonce tient largement au dispositif participatif mis en place. Jusqu’au 21 septembre 2026, tout citoyen de la zone euro peut voter pour ses propositions préférées via la plateforme dédiée de la BCE. Selon plusieurs médias, une dizaine de designs ont été présentés, issus d’une compétition graphique de grande ampleur.
La phase finale du concours de graphisme, elle, restait plus sélective. Seuls 25 porteurs de projets ont été retenus sur des critères de qualification professionnelle. Leur travail alimente les maquettes soumises au vote. Une fois la consultation terminée, le Conseil des gouverneurs de la BCE tranchera sur le thème et sur le graphisme définitif d’ici la fin de l’année 2026.
2030 au plus tôt : le long chemin vers la circulation
Les amateurs de billets neufs devront pourtant patienter. Même une fois le design arrêté, les étapes industrielles et techniques nécessaires à la production de masse repousseront la mise en circulation à l’horizon 2030 au plus tôt. Entre l’impression fiduciaire, les adaptations des automates et la lutte anti-contrefaçon, le calendrier est contraint. Les actuelles coupures de 5 à 200 euros, arborant des ponts et fenêtres stylisés, continueront donc de circuler pendant encore quelques années.
Alors que l’usage de l’argent liquide recule dans plusieurs pays de la zone euro, le billet de banque reste un marqueur culturel et politique extrêmement puissant. En ouvrant le choix au public, la BCE cherche à réaffirmer le lien entre les citoyens et leur monnaie.
Source : BCE
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