Le Saint-Siège engage un projet d’environ 100 millions d’euros sur le domaine de Santa Maria di Galeria, au nord-ouest de Rome. Une centrale agrivoltaïque de 80 à 90 mégawatts vise l’autosuffisance énergétique d’ici deux ans, avec un calendrier de 18 à 24 mois.
Le Vatican a validé la construction d’une centrale combinant production solaire et activité agricole sur un terrain périphérique de Rome. Le projet, évalué à environ 100 millions d’euros (117 millions de dollars), a été rapporté par Reuters sur la base de témoignages de personnes impliquées dans les discussions. L’installation prendra place sur le domaine de Santa Maria di Galeria, propriété du Saint-Siège située en périphérie nord-ouest de la capitale italienne.
Une installation agrivoltaïque de grande ampleur
La future unité devrait atteindre une capacité comprise entre 80 et 90 mégawatts. Selon les informations disponibles, elle se situera parmi les plus grandes installations agrivoltaïques du territoire italien. Le choix technique repose sur des panneaux solaires installés à plusieurs mètres du sol. L’élévation permet de maintenir une activité agricole en dessous des structures. Les cultures bénéficient de l’ombrage, qui réduit l’évaporation et protège les végétaux des conditions météorologiques extrêmes. Les panneaux suivront la course du soleil grâce à un dispositif de suivi automatique.
Le domaine de Santa Maria di Galeria sert de base aux émetteurs de Radio Vatican depuis les années 1950. Le choix d’y implanter une centrale agrivoltaïque permet de mutualiser les infrastructures électriques existantes et de réduire les coûts de raccordement. La capacité de 80 à 90 mégawatts correspond à une production annuelle qui pourrait couvrir les besoins du petit État.
- Superficie équipée de panneaux : environ 200 hectares sur un domaine de 450 hectares
- Présence des installations de transmission de Radio Vatican depuis les années 1950
- Site : Santa Maria di Galeria, périphérie nord-ouest de Rome
- Durée estimée : 18 à 24 mois, procédures administratives incluses
Une commission mixte italo-vaticane s’est réunie au début du mois pour lancer le chantier, après la ratification par l’Italie d’un accord bilatéral de 2025 portant sur l’aménagement du domaine. L’accord étend au projet le statut spécial déjà accordé aux installations de Radio Vatican, notamment des exemptions de taxes italiennes et de charges publiques.
Alimentation et répartition de l’électricité
La production doit alimenter en priorité la station de transmission de Radio Vatican. Elle pourra également desservir des propriétés liées au Saint-Siège, dont l’hôpital Bambino Gesù à Rome. Le surplus éventuel serait mis à la disposition de l’Italie. Le Vatican ne peut pas prétendre aux aides financières italiennes accordées aux ménages et aux entreprises pour l’installation de panneaux solaires.
Le calendrier prévoit une mise en oeuvre sur 18 à 24 mois, en incluant les procédures administratives et l’obtention des permis nécessaires. Les contrats doivent être mis en appel d’offres dans les prochaines semaines. L’objectif affiché est d’assurer une autosuffisance énergétique totale de l’État de la Cité du Vatican d’ici deux ans.
Un héritage pontifical
Le dossier était une priorité pour le pape François, auteur de l’encyclique écologique Laudato si’ et fervent défenseur de l’action climatique. L’initiative a été confirmée par le pape Léon XIV. L’accord bilatéral entre l’Italie et le Vatican inscrit le projet dans la continuité des installations de Radio Vatican, avec des exonérations fiscales et des charges publiques allégées.
La précédente initiative solaire du Vatican remonte à 2008. Les entreprises allemandes SolarWorld et SMA Solar Technology avaient alors fait don de 2 400 panneaux photovoltaïques installés sur le toit de la salle Nervi, sous le pontificat de Benoît XVI.
















