Un jeune Franco-Argentin testé positif au hantavirus des Andes à son retour d’un séjour estival a déclenché la mise en quarantaine de quarante-cinq contacts à haut risque, une mesure spécifique dans l’Hexagone pour cette infection. Un décret du ministère de la Santé autorise désormais l’isolement des cas confirmés et la quarantaine des personnes exposées. En arrière-plan, la découverte en Chine d’un nouveau virus à tiques, ALTNV, rappelle que les fièvres émergentes redessinent la carte sanitaire mondiale.
Un cas importé qui secoue le dispositif sanitaire français
L’affaire commence de façon presque anodine. Un jeune franco-argentin, revenu d’un séjour estival en Amérique du Sud, développe des symptômes évocateurs. Le test s’avère positif au hantavirus des Andes, une infection jusqu’ici quasi exclusivement sud-américaine. Immédiatement, le spectre de la transmission interhumaine impose une riposte rapide. Santé publique France identifie 45 personnes classées contacts à haut risque, toutes placées en quarantaine.
Pour un pathogène capable de se transmettre d’une personne à l’autre, chaque heure compte. La fenêtre d’incubation, généralement de une à six semaines, laisse une marge de manœuvre étroite. Le gouvernement a tiré les conséquences réglementaires de l’épisode précédent. Un décret du 7 août 2026 met en place des mesures exceptionnelles permettant la quarantaine des personnes exposées et l’isolement des cas confirmés, une réminiscence de l’outillage juridique forgé pendant la pandémie de Covid-19.
Pourquoi le hantavirus des Andes inquiète les épidémiologistes
Les hantavirus appartiennent au genre des orthohantavirus, des virus à ARN dont le réservoir naturel est constitué de rongeurs sauvages. La plupart des espèces connues se transmettent par inhalation d’aérosols d’excréments ou d’urine infectés, sans passage interhumain. Le hantavirus des Andes, identifié en Argentine et au Chili, fait figure d’exception. Il fait partie des rares hantavirus pour lesquels une transmission de personne à personne est attestée.
La maladie peut évoluer vers un syndrome pulmonaire par hantavirus, dont la létalité peut excéder 30 % selon les séries cliniques sud-américaines, sans traitement antiviral spécifique ni, à ce jour, de vaccin largement disponible. Un seul cas importé devient donc un amas de contacts à suivre, un scénario que les services de lutte anti-infectieuse européens n’ont que rarement eu à affronter.
Fièvres émergentes : ne pas confondre orthohantavirus et orthonairovirus
Dans le même temps, la communauté scientifique a enregistré une découverte en Chine. Des chercheurs y ont caractérisé un nouveau virus transmis par les tiques, dénommé Asian longhorned tick nairovirus (ALTNV), responsable de syndromes fébriles accompagnés de thrombopénie et de signes d’atteinte hépatique. L’équipe a détecté ce pathogène chez plus de 10 % des patients fébriles ayant des antécédents de piqûre de tique dans les zones endémiques, selon les résultats publiés dans The New England Journal of Medicine.
Attention toutefois à l’amalgame. L’ALTNV est un orthonairovirus, comme le virus de la fièvre de Crimée-Congo, et non un orthohantavirus. Les deux genres, celle des Nairoviridae et des Hantaviridae sont deux familles distinctes, toutes deux dans l’ordre Bunyavirales, mais leurs réservoirs, leurs vecteurs et leurs tableaux cliniques diffèrent profondément. L’orthohantavirus circule chez les rongeurs ; l’ALTNV emprunte le vecteur tique, notamment la tique à longues pattes d’Asie.
L’affaire du cas importé de hantavirus des Andes aura au moins servi à éprouver, en conditions réelles, la capacité de la France à isoler, tracer et réglementer face à un virus rare mais transmissible entre humains.















