La Commission européenne a adopté un règlement délégué établissant un système commun de notation de durabilité pour les data centers dont la demande de puissance informatique installée atteint au moins 500 kW. Les exploitants devront transmettre des informations permettant d’évaluer leur efficacité énergétique et hydrique, ainsi que plusieurs indicateurs liés à leur intégration dans le système énergétique.
📌 L’essentiel en 3 points
- Les data centers atteignant au moins 500 kW de puissance informatique installée seront concernés par une étiquette électronique de durabilité.
- L’étiquette comportera deux notes de A à G : l’une pour l’efficacité énergétique, l’autre pour l’efficacité hydrique.
- Les premières étiquettes devront être générées par la base de données européenne au plus tard le 15 août 2027, sous réserve de l’entrée en vigueur du règlement délégué.
Le dispositif, adopté le 21 septembre, crée un label électronique destiné à faciliter la comparaison des performances entre les installations concernées. Il s’inscrit dans le prolongement des obligations européennes de déclaration déjà applicables aux grands data centers. Le règlement reste toutefois soumis à une période de contrôle par le Parlement européen et le Conseil avant son entrée en vigueur.
La base de données européenne devra générer les premières étiquettes au plus tard le 15 août 2027, puis les actualiser chaque année à partir des données déclarées par les opérateurs.
Une double notation énergie et eau
L’étiquette ne se contentera pas de présenter une mesure générale de performance. Elle comportera deux notes distinctes, l’une pour l’efficacité énergétique et l’autre pour l’efficacité hydrique, chacune sur une échelle allant de A à G.
La première reposera sur le Power Usage Effectiveness, ou PUE (Efficacité énergétique), un indicateur qui rapporte l’énergie totale consommée par le site à celle utilisée par ses équipements informatiques. La seconde s’appuiera sur le Water Usage Effectiveness, ou WUE (Efficacité de l’utilisation de l’eau), qui mesure l’usage de l’eau rapporté à l’activité informatique.
Le dispositif doit également rendre plus visibles d’autres informations liées aux data centers, notamment leurs sources d’énergie, leur capacité à contribuer à la flexibilité du réseau électrique, leur recours à des énergies propres et leur aptitude à récupérer la chaleur produite par leurs équipements.
Des données plus lisibles pour les gros consommateurs
Les grands data centers étaient déjà soumis à des obligations de déclaration issues de la directive européenne sur l’efficacité énergétique. Mais les données publiées restaient incomplètes et difficiles à comparer d’un opérateur à l’autre.
La nouvelle notation doit fournir un format commun et plus lisible. Elle permettra de rapprocher les performances énergétiques et hydriques des installations couvertes par le dispositif, tout en regroupant des informations sur leur contribution au système énergétique.
Les data centers qui n’atteignent pas le seuil de 500 kW ne sont pas concernés par l’obligation. Ils pourront toutefois rejoindre volontairement le système, y compris dans certains cas lorsqu’ils sont encore en phase de conception ou de construction.
Un enjeu crucial face à l’explosion de l’IA
La régulation intervient alors que la demande de capacité de calcul progresse, notamment sous l’effet du développement de l’intelligence artificielle. Bruxelles cherche à harmoniser la transparence sur les performances des infrastructures numériques les plus importantes avant que leurs besoins énergétiques ne prennent une place encore plus centrale dans les politiques européennes.
Le système vise les data centers atteignant au moins 500 kW de puissance informatique installée. Il doit permettre d’établir des comparaisons à partir d’indicateurs communs d’efficacité énergétique et hydrique, tout en donnant une place à la récupération de chaleur, à la flexibilité électrique et à l’intégration d’énergies propres.
















