Les copropriétaires ont tranché ce mercredi, rejetant la signature du marché destiné à lancer le désamiantage, le curage et la dépose partielle de la façade. Le gratte-ciel parisien, vidé depuis le 31 mars 2026, reste une coquille vide au-dessus de la gare Montparnasse.
📌 L’essentiel en 3 points
- Le vote du 23 septembre rejette la signature du marché destiné à lancer le désamiantage, le curage et la dépose partielle de la façade, actant l’abandon du projet à 800 millions d’euros.
- La tour, vide depuis le 31 mars 2026, reste fermée dans un quartier qui subit la perte d’animation et d’attractivité.
- Une nouvelle gouvernance a été mise en place, mais aucune alternative de financement ni calendrier de relance n’est annoncé.
L’assemblée générale réunie cette après-midi devait sceller le sort d’un vaste chantier de rénovation de bureaux dans la capitale. Il n’aura fallu qu’un vote pour que le projet à 800 millions d’euros tombe à l’eau. Les grands copropriétaires, échaudés par un coût jugé déraisonnable, ont rejeté à plus de 76% la résolution visant à signer ce marché. Selon l’AFP, qui cite des copropriétaires, ce rejet acte l’abandon d’un projet ambitieux.
À l’échelle du quartier, la décision a un goût amer. La gare Montparnasse continue de charrier des milliers de voyageurs, pendant que la tour reste plongée dans un silence qui en dit long. Les équipes de maîtrise d’œuvre et les prestataires pressentis pour le curage et le désamiantage attendaient la signature du marché afin de concrétiser la première phase des travaux, déjà validée en juillet. Ce vote laisse donc ces interventions en suspens, alors que la tour demeure inoccupée.
Une tour vidée et un vote couperet
Le bâtiment avait été fermé au public fin mars 2026, précisément pour préparer une restructuration lourde. Les copropriétaires avaient validé, en juillet, une première phase comprenant le curage, le désamiantage et la dépose de la façade jusqu’au quatrième étage. Les travaux correspondants étaient annoncés pour septembre. Mais les désaccords entre copropriétaires ont transformé la promesse en impasse. La tour, fermée pour préparer sa restructuration, reste désormais sans perspective claire de réouverture après l’abandon d’un chantier devenu trop coûteux. Les conflits internes auront donc pris le dessus sur la vision urbaine, au grand dam des élus locaux.
La mairie de Paris et plusieurs maires d’arrondissement avaient pourtant mis la pression avant le scrutin. Leur objectif était d’éviter un abandon qui laisserait l’emblème de la rive gauche en jachère. Une telle issue fragiliserait l’image du quartier. Au final, les commerces, les riverains et les voyageurs subissent les effets d’un immeuble gigantesque sans occupants ni calendrier de sortie de crise.
Des intérêts trop lourds à porter
Selon Le Figaro Immobilier, les grands investisseurs ont jugé que le coût du projet était devenu beaucoup trop élevé. Le montant global de 800 millions d’euros, déjà hors normes, a été jugé trop élevé. Une nouvelle gouvernance aurait été mise en place. Elle hérite également d’un dossier miné par des années d’atermoiements et de factures alourdies.
Ce blocage fige également un morceau entier du ciel parisien. La tour Montparnasse, souvent décriée pour son esthétique, a longtemps constitué un pôle d’emplois et de services. Sa vacance prolongée pèse inévitablement sur l’animation du quartier.
Quelle issue après le non ?
La question est de savoir maintenant si la nouvelle gouvernance sera en mesure de relancer un projet moins onéreux ou si la tour s’installe durablement dans une vacance coûteuse pour ses propriétaires. Aucun calendrier alternatif n’a été annoncé à ce stade. Les copropriétaires qui espéraient une rénovation complète n’ont, pour l’heure, ni alternative de financement, ni calendrier de relance.
La gare Montparnasse, elle, continue de tourner avec une tour qui ne répond plus. Ce non pourrait marquer le début d’une longue période d’incertitude.
















