Jamais une éolienne terrestre n’avait tutoyé une telle altitude. À Schipkau, dans le Brandebourg, l’installation de Gicon culmine désormais à 365 mètres, soit 35 mètres de plus que la tour Eiffel.
📌 L’essentiel en 3 points
- Gicon annonce une hauteur totale de 365 mètres et une hauteur de moyeu de 300 mètres pour son éolienne de Schipkau.
- Le constructeur avance une production environ deux fois supérieure, à diamètre de rotor égal, grâce à des vents plus forts et plus réguliers en altitude ; ce résultat reste à confirmer.
- La mise en service est prévue en novembre, tandis que les coûts, l’impact paysager et les contraintes aériennes alimentent déjà les interrogations.
Un sommet inédit dans l’éolien terrestre
Le moyeu se situe à 300 mètres de hauteur, un record mondial à lui seul. La hauteur totale jusqu’à l’extrémité des pales atteint 365 mètres, soit 35 mètres de plus que la dame de fer parisienne. Les dimensions sont celles annoncées par Gicon, qui présente son projet comme la plus haute éolienne du monde. L’entreprise prévoit une mise en service officielle en novembre. La machine pilote s’impose déjà comme un banc d’essai majeur pour l’éolien terrestre.
Pourquoi grimper si haut change la donne
À 300 mètres au-dessus du sol, les vents soufflent plus fort et de façon plus régulière qu’à 100 ou 150 mètres. Cette constance pourrait modifier sensiblement le rendement énergétique. Selon les données avancées par le constructeur, l’éolienne pourrait produire environ deux fois plus d’électricité qu’un modèle terrestre de même diamètre de rotor. Cette promesse reste toutefois à confirmer en conditions réelles d’exploitation. Des mesures indépendantes évoquent plutôt un gain d’environ 60%.
Une telle performance, si elle se confirme, pourrait réduire le besoin de multiplier les machines dans les campagnes. Les développeurs y voient un levier potentiel pour mieux exploiter les vents de haute altitude, sans augmenter mécaniquement le nombre d’installations.
Une prouesse d’ingénierie qui repousse les limites
Ériger une turbine à 300 mètres de hauteur ne relève pas du simple assemblage. Aucun engin de levage classique ne permet de hisser une nacelle à une telle altitude. Gicon a donc conçu une structure en treillis associée à une tour intérieure télescopique : la turbine est d’abord montée plus bas, puis élevée progressivement jusqu’à sa position finale.
Soutenu par l’Agence fédérale allemande pour les innovations de rupture, ce chantier pilote doit permettre de tester l’exploitation du vent dans les basses couches de l’atmosphère. Il ouvre la voie à une nouvelle génération de turbines, mais son passage à une production industrielle reste encore incertain.
Le revers de la médaille qui interroge les riverains
Un tel mât ne passe pas inaperçu dans le paysage du Brandebourg. L’impact visuel d’une structure de 365 mètres s’ajoute aux interrogations sur son coût et sur la compétitivité de l’électricité qu’elle pourrait produire. Une version de série pourrait coûter près de dix fois plus qu’une éolienne classique.
La très grande hauteur de l’installation pose aussi la question de sa compatibilité avec les contraintes aériennes. Surtout, le rendement annoncé par Gicon n’a pas encore été vérifié en exploitation. La promesse d’un doublement de la production suffira-t-elle à justifier cette verticalité écrasante ? Le débat ne fait que commencer.
















