Depuis fin juillet, un TER sans moteur diesel circule entre Avignon et Carpentras. Une première française qui montre que le train à batterie ne reste pas dans les cartons au stade de projet mais qu’il transporte désormais des voyageurs.
📌 L’essentiel en 3 points
- Depuis le 28 juillet 2026, le premier TER à batteries présenté comme tel en France circule en service commercial entre Avignon et Carpentras.
- Un programme national d’environ 41 millions d’euros associe cinq Régions, SNCF Voyageurs et Alstom pour remplacer les moteurs diesel de rames régionales.
- L’autonomie annoncée atteint environ 80 kilomètres hors caténaire, plus une réserve d’une vingtaine de kilomètres ; les essais et le suivi en service doivent encore préciser les possibilités de déploiement.
Oubliez le ronronnement du diesel et les vapeurs de gazole sur les quais. Depuis le 28 juillet 2026, la Région Sud fait circuler un train régional à batteries en service commercial entre Avignon et Carpentras. Présenté comme une première en France, ce TER porté par Alstom et SNCF Voyageurs marque une avancée concrète pour décarboner les lignes qui ne sont pas entièrement électrifiées. Sur ce parcours, le train roule sous caténaire lorsqu’elle est disponible, puis bascule sur batterie. Les voyageurs découvrent une rame plus silencieuse, sans odeur de gazole. Le service conserve les mêmes dessertes et les mêmes conditions de transport.
Une première française qui fait école
Cette première ne relève pas d’un coup d’essai isolé. Le 1er septembre 2026, Alstom a salué la mise en service des deux premiers TER à batteries dans le cadre d’un programme national. Celui-ci représente un investissement d’environ 41 millions d’euros et associe cinq Régions ( l’Occitanie, la Région Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine) à SNCF Voyageurs et Alstom. Son objectif est de remplacer les moteurs diesel de rames régionales par des batteries. La technologie quitte ainsi les seuls essais techniques pour entrer dans le quotidien des voyageurs, sans pour autant se substituer à la caténaire là où elle existe.
En Nouvelle-Aquitaine, un TER à batteries est en essai depuis la mi-septembre entre Bordeaux et Mont-de-Marsan. Les circulations commerciales vers Mont-de-Marsan, Saint-Mariens et Le Verdon sont encore annoncées comme des étapes à venir. En Occitanie, une rame à batteries lithium-ion est éprouvée pendant deux ans entre Nîmes et Vauvert, sur 21 kilomètres. Ce suivi doit permettre d’évaluer son fonctionnement en conditions réelles avant d’envisager un déploiement plus large. Les 30 millions d’euros apportés par les cinq Régions financent le programme national, et non ce seul essai occitan ; SNCF Voyageurs y contribue à hauteur de 6 millions d’euros et Alstom de 5,5 millions.
La France rejoint un mouvement européen déjà engagé. L’Allemagne exploite des trains régionaux à batteries, tandis que le Royaume-Uni et l’Italie poursuivent leurs essais. L’intérêt pour cette technologie dépasse donc les frontières françaises, même si les projets n’en sont pas tous au même stade.
Les défis de l’autonomie et du coût
Reste à savoir sur quelles lignes le train à batterie pourra s’imposer. Les batteries lithium-ion ajoutent un poids important à la rame. Par exemple, les seize modules représentent environ huit tonnes. L’autonomie annoncée atteint toutefois environ 80 kilomètres hors caténaire, auxquels s’ajoute une réserve d’une vingtaine de kilomètres. La solution vise plutôt des parcours en partie non électrifiés, où le train peut alterner alimentation par caténaire et traction sur batterie.
L’avantage demeure perceptible pour les riverains et les voyageurs avec moins de bruit et aucune émission directe lorsque la rame roule sur batterie. Sur l’ensemble du parcours, la SNCF estime la réduction des émissions de CO₂ à environ 85%.
L’investissement reste néanmoins significatif. Ainsi, le programme national mobilise plus de 41 millions d’euros. Pour autant, ce n’est plus une expérimentation confidentielle. Des rames circulent déjà en service commercial, tout en faisant encore l’objet d’un suivi. D’ailleurs, un bilan est prévu mi-octobre en Région Sud et l’essai occitan doit durer au moins deux ans.
Le train à batterie a par conséquent quitté le laboratoire pour entrer en gare. Ce que la Région Sud a lancé cet été offre une piste concrète pour réduire la place du diesel sur les lignes régionales partiellement électrifiées. Les essais et les premiers bilans permettront de mesurer jusqu’où cette solution peut aller.
















