Le gouvernement finlandais vient d’accorder l’autorisation d’exploiter Onkalo, le premier dépôt géologique définitif de combustible nucléaire usé au monde à l’organisme spécialisée et certifiée Posiva Oy. Le site est taillé dans la roche d’Olkiluoto, mais aucune date précise n’a encore été fixée pour la descente du premier conteneur de combustible usé.
📌 L’essentiel en 3 points
- Onkalo est le premier dépôt géologique définitif de combustible nucléaire usé au monde à obtenir une autorisation d’exploitation, avec une usine d’encapsulation en surface et des galeries à plus de 400 mètres de profondeur.
- Posiva doit encore achever ses essais et satisfaire aux contrôles de la STUK. Aucune date précise de démarrage n’a été annoncée.
- L’autorisation court jusqu’à fin 2070. L’exploitation est envisagée jusque dans les années 2120, tandis que le confinement se pense sur un horizon de 100 000 ans.
À Eurajoki, sur la côte ouest du pays, l’annonce ouvre un nouveau chapitre d’un projet engagé depuis plus de quarante ans. L’installation ne ressemble à rien de familier. Une usine d’encapsulation en surface, puis des puits, des galeries, un labyrinthe de tunnels creusés à plus de 400 mètres dans le socle rocheux. Onkalo signifie « grotte » en finnois, un mot bien modeste pour cette architecture souterraine.
Vingt-deux ans à creuser dans la roche
Le chantier a de quoi donner le tournis. Le percement d’Onkalo a commencé en juin 2004. Vingt-deux ans de travaux et d’investigations souterraines ont conduit finalement à cette décision gouvernementale. La roche n’est pas un bloc uniforme de granit, mais un socle cristallin comprenant notamment des gneiss migmatitiques, étudié pour accueillir les combustibles usés des centrales finlandaises.
La Finlande ne s’est pas lancée dans cette aventure par goût du prestige. Le pays produit une part importante de son électricité avec le nucléaire, notamment via la centrale voisine d’Olkiluoto, et devait organiser le devenir de ses combustibles usés.
Le principe retenu est celui du dépôt géologique profond. Enfouir plutôt que maintenir indéfiniment les combustibles en surface, en associant la protection du socle rocheux à des barrières techniques. Une voie poursuivie depuis des décennies, qui franchit aujourd’hui une étape administrative décisive.
Le feu vert n’est pas le top départ
L’autorisation d’exploitation ne signifie pas que les opérations de stockage ont débuté. Posiva doit encore achever les essais de mise en service et satisfaire aux contrôles exigés par la STUK, l’autorité finlandaise de sûreté nucléaire et radiologique. Son inspection reste nécessaire avant le démarrage des opérations.
Aucune date précise de mise en service n’a été annoncée. L’exploitant évoque un démarrage prochain, sans calendrier définitif. Dans un dossier de cette nature, l’obtention d’une licence et l’entrée en exploitation demeurent effectivement deux étapes distinctes.
Une licence qui court jusqu’en 2070
L’autorisation couvre l’usine d’encapsulation et le dépôt souterrain jusqu’à la fin de l’année 2070. Un horizon administratif, pas la date de fermeture du site. L’exploitation est envisagée jusque dans les années 2120, avant le remblaiement et la fermeture du dépôt.
Le confinement, lui, se pense à une tout autre échelle : celle de 100 000 ans. Cet horizon de sûreté donne la mesure du temps long auquel le projet doit répondre, bien au-delà de la durée de la licence actuelle. La Finlande ne fait donc que débuter une histoire dont l’épilogue appartient à des générations qui n’existent pas encore.
Le signal envoyé au reste de la planète
Pour l’industrie nucléaire mondiale, Onkalo constitue un jalon incontournable puisqu’il s’agit du premier dépôt géologique définitif de combustible usé autorisé à être exploité. Si les dernières vérifications autorisent son démarrage, le projet donnera alors une traduction concrète à une solution préparée depuis des décennies.
Les autres projets n’en sont pas tous au même stade. La Suède a lancé le chantier de Forsmark en janvier 2025, avec un stockage visé dans les années 2030. La Suisse a déposé sa demande d’autorisation générale pour Nördlich Lägern, tandis que la France poursuit l’instruction de Cigéo.
La capacité d’Onkalo, elle, n’est pas une inconnue. Au total, c’est 6 500 tonnes d’uranium, soit environ 3 300 conteneurs, pour les combustibles des réacteurs aujourd’hui en service à Olkiluoto et à Loviisa. La Finlande vient seulement d’obtenir l’autorisation qui doit lui permettre de commencer à le remplir.
















