Dès le 1er novembre, la vente de stocks stratégiques de gazole doit contribuer à faire baisser les prix à la pompe. Le gouvernement table sur 12 à 18 centimes de moins par litre. Le décret permettra surtout aux distributeurs de répercuter l’avantage par anticipation, sans attendre l’arrivée physique du carburant sorti des réserves.
📌 L’essentiel en 5 points
- Le décret publié le 24 octobre organise, jusqu’au 31 janvier, la vente de stocks stratégiques de gazole au coût d’acquisition.
- Jusqu’à 1,6 million de mètres cubes, soit environ dix millions de barils, peuvent être vendus.
- Le gouvernement vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre, sans montant uniforme dans chaque réseau.
- L’avantage doit être intégralement répercuté au client final, avec une anticipation possible dès le 1er novembre.
- Les volumes vendus devront ensuite être reconstitués.
Dix millions de barils sortis des stocks
Le décret du 23 octobre, publié au Journal officiel le samedi 24, fixe les conditions économiques de cette libération. Le dispositif prévoit la vente, sur injonction, d’un volume maximal de 1,6 million de mètres cubes, soit environ dix millions de barils, au coût moyen pondéré d’acquisition.
Ce volume représente près d’un cinquième des stocks stratégiques de gazole, estimés par le gouvernement à cinquante millions de barils. À l’échelle de l’ensemble des réserves pétrolières stratégiques du pays, il pèse environ 10%. L’exécutif organise à ce stade la vente d’une partie des stocks détenus par la Sagess et les opérateurs.
Les dispositions organisant ces sorties s’appliquent jusqu’au 31 janvier. Celles relatives notamment à l’information et au contrôle restent applicables jusqu’au 15 avril 2027.
Une baisse attendue de 12 à 18 centimes
Le gouvernement assume l’objectif et le chiffre. Il souhaite une baisse de 12 à 18 centimes d’euro par litre. Sur un plein de cinquante litres, l’économie irait de six à neuf euros, si cette fourchette se vérifie. Le gain attendu n’est donc pas anecdotique quand on sait que le prix moyen du gazole oscille, depuis le début du mois d’octobre, entre 2,30 et 2,40 euros.
Toutefois, l’annonce gouvernementale ne fixe pas le montant obligatoire qui sera affiché dans chaque station. Par exemple, TotalEnergies a annoncé une baisse de 8 à 12 centimes par litre, inférieure à la fourchette avancée par le gouvernement.
Le mécanisme ne constitue pas non plus une remise directement versée par l’État. Il repose sur la vente d’un carburant à son coût d’acquisition. Ainsi, les distributeurs doivent répercuter intégralement jusqu’au client final l’avantage obtenu par rapport au prix de marché. Le décret impose aussi d’informer le consommateur du montant de cet avantage avant la vente.
Le 1er novembre ne sera pas un interrupteur
Au 1er novembre, les prix ne chuteront pas automatiquement dans toutes les stations car certaines d’entre elles doivent d’abord vider leurs cuves avant de répercuter la baisse ; Le texte prévoit que la répercussion puisse néanmoins intervenir par anticipation à compter du 1er novembre. Autrement dit, le litre sorti des réserves n’a pas besoin d’avoir physiquement atteint la station pour que son avantage économique profite au client.
L’incertitude porte plus sur le montant effectivement répercuté dans chaque réseau, et non sur une obligation d’attendre le renouvellement des stocks en cuve. Pour l’automobiliste, les repères restent inchangés avec les prix affichés à la pompe et l’information donnée sur l’avantage appliqué.
Trois mois de répit espéré seulement
L’horizon du 31 janvier 2027 marquera la limite du dispositif de vente. Les volumes vendus devront ensuite être reconstitués tandis que l’obligation de détenir des stocks stratégiques ne disparaît pas avec l’opération.
On le voit donc, ce geste gouvernemental vise surtout à soulager la facture sans pour autant modifier la fiscalité du carburant ni la dépendance française aux importations de gazole. Il faut le voir comme une bouffée d’air, plutôt qu’une réponse durable à la structure du marché.
















