Reach Power affirme avoir maintenu un quadricoptère en vol autonome pendant dix heures grâce à une transmission d’énergie sans fil, sans pilotage externe ni intervention humaine. L’entreprise présente cet essai comme une première pour cette combinaison de technologies.
Reach Power, spécialiste de la transmission d’énergie à distance, annonce avoir réalisé un vol de drone autonome de dix heures alimenté par un faisceau radiofréquence. Le dispositif associait navigation visuelle embarquée, gestion autonome de l’énergie et alimentation à distance à la demande. Selon l’entreprise, le vol s’est déroulé sans intervention extérieure, sans câble d’alimentation, sans GPS, sans capteurs externes de suivi du vol et sans commandes de pilotage manuelles.
La démonstration a eu lieu le 22 septembre au Virginia Tech Institute for Advanced Computing, dans le cadre de l’événement Energy Sentry 2026 organisé par Operational Energy–Innovation (OE-I). Reach estime qu’il s’agissait de la première démonstration commerciale de transmission d’énergie par faisceau retransmise en direct à des participants réunis au Pentagone.
Pendant toute la durée du vol, le drone a géré lui-même son alimentation. Son système de calcul embarqué surveillait en temps réel le niveau de charge de la batterie. Une fois celle-ci pleine, l’appareil interrompait la liaison d’alimentation et quittait le faisceau. Lorsque la charge redescendait jusqu’à un seuil programmé, il revenait et demandait à recevoir de l’énergie. Le faisceau de Reach, orienté électroniquement, retrouvait alors le récepteur et rétablissait l’alimentation en vol.
Le drone et l’émetteur ont répété ce cycle en communiquant directement, sans intervention d’un opérateur. La gestion autonome de l’énergie doit permettre de prolonger les missions sans présence humaine continue.
Les dix heures de vol représentent une durée environ 400 fois supérieure aux 90 secondes permises par la seule batterie dans la configuration utilisée pour l’essai.
Chris Davlantes, fondateur et directeur général de Reach, explique que les précédentes démonstrations de vol prolongé reposaient sur des systèmes de suivi externes ou d’autres dispositifs de commande pour maintenir le drone en position. Selon lui, cet essai se distingue par l’utilisation d’un quadricoptère standard, resté dix heures en vol entièrement autonome, sans câble, sans commandes de vol externes et sans équipement extérieur de suivi. Il affirme que le vol aurait pu durer plusieurs jours.
Il précise que le drone a accompli sa mission sans GPS, avec l’ensemble des traitements d’intelligence artificielle exécutés à bord. Il voit dans la démonstration une étape importante pour rendre les opérations prolongées de drones praticables et déployables à plus grande échelle dans des environnements complexes. Reach prévoit également de prochains lancements de produits.
Une alimentation sans fil commandée par le drone
La démonstration réunissait plusieurs fonctions :
- Dix heures de vol autonome sans câble : le quadricoptère évoluait sans GPS, sans capteurs externes de suivi du vol et sans commandes de pilotage manuelles.
- Une gestion de l’énergie assurée par l’appareil : le drone surveillait sa batterie et décidait seul quand interrompre ou reprendre l’alimentation sans fil.
- Une sortie du faisceau suivie d’une reprise automatique de l’alimentation : le drone s’éloignait brièvement de sa position d’alimentation, revenait et demandait de nouveau de l’énergie ; l’émetteur retrouvait alors son récepteur.
- Une orientation dynamique du faisceau radiofréquence : l’électronique pilotée par logiciel dirigeait l’énergie vers le récepteur, sans déplacement mécanique de l’émetteur.
- Une durée de vol multipliée par environ 400 par rapport à la configuration de référence : dix heures avec alimentation à distance, contre environ 90 secondes sur batterie seule.
Selon Reach, ces résultats ont été obtenus avec des composants de drone conformes aux exigences du National Defense Authorization Act (NDAA). Les principaux systèmes du drone étaient fabriqués aux États-Unis par ModalAI.
Chris DePuma, responsable du portefeuille Combat Power au sein d’Operational Energy–Innovation, considère la démonstration comme une étape vers l’emploi opérationnel de systèmes autonomes capables de fonctionner durablement. Il souligne que l’association du vol autonome, du suivi en temps réel et d’une alimentation sans fil continue peut réduire les besoins logistiques et permettre de nouvelles missions pour les forces armées.
Des applications militaires et civiles
L’autonomie des batteries reste un obstacle au déploiement à grande échelle des systèmes autonomes. Les petits systèmes aériens sans équipage, ou sUAS, volent généralement de 30 à 40 minutes avant de nécessiter un remplacement de batterie ou une recharge. Les interruptions limitent leur disponibilité pour les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), la protection de périmètres, le relais de communications et d’autres fonctions critiques.
La technologie de Reach vise à alimenter directement les appareils pendant leur fonctionnement. L’objectif est de réduire les besoins en infrastructures de recharge, les remplacements de batteries et le personnel nécessaire pour maintenir des opérations continues.
L’entreprise envisage aussi des applications dans la robotique industrielle, l’inspection d’infrastructures et la sécurité publique, ainsi que dans d’autres secteurs où les batteries limitent la productivité et le déploiement des systèmes autonomes. Elle estime que l’alimentation sans fil pourrait devenir une infrastructure essentielle à leur développement, en prolongeant leur fonctionnement sans intervention humaine.
À propos de Reach : Reach développe des technologies de transmission d’énergie à distance pour alimenter des systèmes autonomes sans connexion physique. Sa technologie repose sur des faisceaux radiofréquences que l’entreprise décrit comme étroitement contrôlés et sûrs. Elle vise à alimenter des drones, des capteurs, des robots et d’autres appareils pour prolonger leur fonctionnement et réduire leur dépendance aux batteries et aux infrastructures câblées.
















