Les prix à la consommation augmenteraient de 3,4% sur un an en octobre, contre 3,1% en septembre, selon l’estimation provisoire de l’Insee. L’inflation atteindrait ainsi son plus haut niveau depuis décembre 2023. L’énergie explique l’essentiel de cette accélération, à laquelle contribuent aussi les services.
Le gaz et les produits pétroliers tirent la hausse
Les prix de l’énergie bondiraient de 24,1% sur un an, après 21,3% en septembre, sous l’effet du gaz et des produits pétroliers. À la pompe comme pour le chauffage, ces hausses alourdissent les dépenses des ménages concernés. Pour le quatrième mois consécutif, les prix de l’énergie accéléreraient.
Le contraste avec l’année précédente est sans ambiguïté, en octobre 2025, ils reculaient encore de 5,6% sur un an. L’accalmie a laissé place à une forte hausse. Tous postes confondus, les prix à la consommation progresseraient de 0,4% sur un mois en octobre, après une baisse de 0,3% en septembre.
Les services accélèrent, l’alimentaire ralentit
Les prix des services augmenteraient de 2,7% sur un an, contre 2,4% en septembre, notamment sous l’effet de l’hébergement et des transports. Ce mouvement compte d’autant plus que les services représentent près de 52% du panier utilisé pour calculer l’indice des prix à la consommation.
Dans l’alimentaire, la hausse ralentirait à 1,2%, après 1,4%. Un répit dans le rythme des augmentations, donc, mais pas une baisse générale des prix sur un an. Les produits manufacturés resteraient, eux, légèrement moins chers qu’un an auparavant. Ainsi, leurs prix reculeraient de 0,2%, après −0,3% en septembre. Ils continueraient ainsi de modérer l’inflation, mais un peu moins que le mois précédent.
L’indice harmonisé augmente lui aussi
L’indice des prix à la consommation harmonisé, utilisé pour comparer la France aux autres pays de l’Union européenne, progresserait de 3,8% sur un an, après 3,4% en septembre. Les deux mesures indiquent donc une accélération de l’inflation en France.
L’une des principales différences entre les deux indices concerne les dépenses de santé : l’indice harmonisé mesure les prix nets des remboursements de la Sécurité sociale, tandis que l’indice national retient les prix bruts. Les loyers imputés aux propriétaires occupants sont exclus des deux indices. La publication d’octobre ne fournit toutefois pas de décomposition de l’écart de 0,4 point observé ce mois-ci.
Pour les ménages concernés, la hausse des dépenses énergétiques laisse moins de marge pour les autres achats. Elle intervient alors que l’activité économique faiblit : le PIB français a reculé de 0,1% au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième. Ce résultat ne permet pas, à lui seul, de préjuger de la croissance au quatrième trimestre.
Les chiffres d’inflation restent provisoires. L’Insee publiera les résultats définitifs le 13 novembre 2026. L’estimation fait apparaître une accélération, mais son ampleur exacte peut encore être révisée.
Indices des prix à la consommation
Évolutions annuelles (en %) · Base 100 : année 2025
| Indice / poste | Pondérations 2026 | Octobre 2025 | Septembre 2026 | Octobre 2026 (p) |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble IPC* | 10 000 | 0,9 | 3,1 | 3,4 |
| Alimentation | 1 485 | 1,3 | 1,4 | 1,2 |
| — Produits frais | 170 | −2,2 | 9,5 | 8,0 |
| — Autre alimentation | 1 315 | 1,8 | 0,4 | 0,3 |
| Tabac | 168 | 4,1 | 3,3 | 3,3 |
| Énergie | 764 | −5,6 | 21,3 | 24,1 |
| Produits manufacturés | 2 388 | −0,5 | −0,3 | −0,2 |
| Services | 5 195 | 2,4 | 2,4 | 2,7 |
| Ensemble IPCH** | 10 000 | 0,8 | 3,4 | 3,8 |
















