Depuis le 26 octobre, un bimoteur à hélices survole l’Alsace du Nord, jusqu’à 270 mètres du sol, pour sonder les structures du sous-sol. Cette campagne, interrompue en février, complète les explorations de Lithium de France. Le lendemain, la surchauffe d’une cigarette électronique à bord d’un Airbus rappelait un tout autre enjeu du lithium, celui de la sécurité des batteries en vol.
Un Dakota pour sonder le sous-sol
Le Basler BT-67 est une version modernisée du Douglas DC-3, équipée de deux turbopropulseurs. L’appareil est exploité par la société américaine Bell Geospace, spécialiste de la gradiométrie gravimétrique aéroportée. Lithium de France, filiale du groupe Arverne, lui a confié une campagne de mesures pour mieux connaître le sous-sol du Fossé rhénan.
Depuis 2022, Lithium de France mène des programmes d’exploration qui mobilisent des équipes techniques et scientifiques. L’entreprise annonce avoir déjà exploré plus de 310 km² et investi plus de 12 millions d’euros dans ces travaux. Elle revendique ainsi la plus grande surface explorée par un opérateur français. Pour son projet, l’enjeu est de caractériser les structures géologiques avant d’envisager la production de chaleur et l’extraction du lithium dissous dans les eaux géothermales.
La campagne aérienne devait initialement se dérouler en février 2026, mais elle n’avait pas pu être menée à son terme. Elle a repris le lundi 26 octobre et doit s’achever d’ici la fin du mois. Les vols ont lieu uniquement de jour, à au moins 270 mètres du sol, dans les zones couvertes par les permis exclusifs de recherche de l’entreprise.
Les instruments embarqués relèvent d’infimes variations du gradient de gravité et du champ magnétique terrestre. Les différences de densité entre les roches se traduisent dans les mesures gravimétriques et aident les géologues à préciser les structures profondes. L’avion ne détecte donc directement ni le lithium ni une poche de saumure.
Les données recueillies compléteront celles des campagnes d’exploration 3D déjà réalisées au sol. Leur croisement doit affiner la connaissance du sous-sol, sans remplacer les forages, car deux puits ont déjà été percés à Schwabwiller.
Les vols se déroulent uniquement de jour, à au moins 270 mètres du sol, dans les zones couvertes par les permis exclusifs de recherche de l’entreprise. La campagne doit s’achever à la fin d’octobre 2026. Elle s’inscrit dans un projet associant géothermie profonde et extraction du lithium dissous dans les eaux chaudes du Fossé rhénan.
Une vapoteuse à l’origine du déroutement
Le mardi 27 octobre, un Airbus A320 de TAP Air Portugal reliait Lisbonne à Stockholm lorsqu’une cigarette électronique en surchauffe a provoqué un dégagement de fumée en cabine. L’équipage a dérouté l’appareil vers Nantes, où il s’est posé à 10 h 51.
Les pompiers sont intervenus. Les 172 passagers sont restés à bord et aucun blessé n’a été signalé. L’avion a redécollé à 12 h 50 pour poursuivre son trajet vers la Suède.
Les éléments rapportés ne permettent pas de préciser le mécanisme de l’incident. Une batterie au lithium peut subir un emballement thermique, au cours duquel elle produit de la chaleur et libère des gaz inflammables. Mais constater une surchauffe et un dégagement de fumée ne suffit pas à établir que ce phénomène s’est produit dans la vapoteuse concernée.
Vapoter est interdit à bord. Les cigarettes électroniques et leurs batteries doivent voyager en cabine, et non en soute. Les équipages disposent de protocoles pour intervenir lorsqu’un appareil surchauffe. À Nantes, l’incident a pu être géré sans blessé avant la reprise du vol.
















