Areva-Mitsubishi remporte un contrat de nucléaire civil en Turquie

Le consortium comprenant la firme japonaise Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et le français Areva vient d’être sélectionné par la Turquie pour construire la deuxième centrale nucléaire du pays, pour un montant estimé à environ 17 milliards d’euros.

La centrale de Sinop située dans le nord du pays, au bord de la mer Noire, devrait compter quatre réacteurs Atmea-1, d’une puissance légèrement inférieure aux EPR, soit une capacité cumulée de 4.500 à 5.000 mégawatts (MW). C’est le groupe GDF Suez qui assurera l’exploitation de la centrale une fois celle-ci raccordée au réseau électrique.

Le chantier devrait débuter en 2017 pour une mise en service progressive des 4 tranches nucléaires entre 2023 et 2028.

Afin de réduire sa dépendance à l’énergie russe et iranienne, la Turquie a annoncé son intention de lancer la construction de 3 centrales d’ici à cinq ans. Elle a ainsi pour ambition de porter la part de l’atome dans la production en électricité à 10%, d’ici 2030.

Le consortium retenu pour Sinop devra également réaliser des études en vue du choix du site de construction de la troisième centrale nucléaire turque, a indiqué le ministre turc de l’Energie, Taner Yildiz. Ankara a par ailleurs conclu un accord avec la Russie pour une première centrale à Akkuyu, dans le sud du pays.

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s4m

Le point le plus réjouissant de cette nouvelle est certainement la nouveauté. La nouveauté par rapport au réacteur proposé (Atmea) mais également à l’exploitant, GDF, qui attendait depuis longtemps de se voir confier l’exploitation d’un nouveaux réacteurs. Non seulement cela va permettre de clairement fixer le rôle de chacun des acteurs français : Areva en tant que concepteur (avec Mitsubishi dans ce cas, mais l’essentiel de l’ingénierie se trouve en France) alors qu’EDF OU GDF est exploitant. Mais cela va surtout permettre d’ouvrir de nouveaux marchés internationaux, EDF étant actuellement centré sur la Chine et le RU, d’autres pays pourraient être intéressés par un triptique AREVA/GDF/ATMEA (je pense notamment au Brésil, la Jordanie ou l’Inde). A noter également qu’Areva se place par rapport au projet britannique mené par GDF et Iberdola, pour lequel l’AP1000 reste en lice, réponse en 2015.

cezorb
meminick

Un nouveau projet qui n’existe que sur le papier.et promet un avenir radieux dans une région a caractère sysmique. Quelles sont les conditions de ce contrat surement sous évalué avec la caution de l’état qui épongera les pertes. dernier exemple connu le contrat des chars Leclerc aux émirats.

Luis

¤ Chacun sait bien qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Alors, il ne suffit pas de vendre (un jour) un réacteur Atmea pour voir celui-ci fonctionner dans un lointain futur. La conception générale de ce réacteur n’est pas encore terminée. La conception de détail va demander encore quatre ans. La construction du premier réacteur ne commencera pas avant 2017, pour une hypothétique mise en service en 2023. Vous ne devez pas seulement vous souvenir du vase de Soisson (comme disait Clovis), mais aussi de l’EPR. Précision : un Atmea, c’est 1.100 MW (1.150 au plus). Une centrale de quatre, ce ne sera jamais 5.000 MW, mais seulement 4.400 MW (4.600 au plus).

Temb

L’article est beaucoup plus creux que la dépêche Reuters ou AFP, il faudrait présicer que la mise en service des réacteurs est pour l’instant prévue pour 2025-2030, et que la part d’AREVA à cet horizon sur le contrat est de 3milliards€. Petite question aux spécialistes, lors d’un échange enflammé autour de l’EPR Bachoubouzouk (je crois?) signalait que l’ATMEA était une conception très proche de l’EPR, mais avec presque 1/3 de production en moins, ce qui ne pouvais pas aboutir à un MWh inférieur à celui de l’EPR. Question, quel est le tarif qu’Areva et Mitsubishi “vendent” aux turcs? Que se passe-t-il si les couts ne sont pas tenus, quelle est la part qui va revenir à Areva et donc in fine au contribuable français? Nous devrison a minim être informé de tous ces enjeux, sur des contrats qui nous engagent en tant que contribuables. Il aurait peut-être été plus sage de faire un premier prototype en France pour s’assurer qu’on puisse bien vendre un MWh et un prix unitaire compétitifs.

jmdesp

Je ne suis pas sûr que Bachoubouzoukne se soit pas trompé. J’ai vu un employé d’Areva US déclarer que l’ATMEA est surtout proche du réacteur MHI avec un peu d’éléments Areva dedans (le core catcher). Et du coup je ne suis pas aussi certain que s4m que l’ingénierie soit vraiment surtout en France. A l’étranger, c’est décrit à peu près partout comme la vente d’un réacteur MHI plus qu’Areva.

Luis

¤ Le soleil attire les touristes dans ce pays, mais il pourrait aussi attirer davantage les panneaux photovoltaïques. Alors qu’un kWc ne produit que 1.000 kWh par an en Allemagne (de 950 à 1050), il produit 1.400 kWh par an en Turquie (de 1200 à 1600), soit 40% de plus. Avec une assistance allemande pour développer la filière photovoltaïque, le coût actuel de l’électricité PV ne dépasserait pas 7,5 cts€/kWh. En 2023, lorsque le premier Atmea entrerait en service (simple éventualité), ce serait entre 5,0 cts/kWh (le pire des cas) et 3,2 cts€/kWh (le plus probable). L’électricité nucléaire de l’Atmea serait entre 5,5 et 6,0 cts/kWh si les belles promesses de ses constructeurs étaient respectées. Mais on sait ce qu’il en est … Atmea : pas compétitif.

Temb

Merci, mais dans ce cas il n’est pas aussi “sûr” qu’un EPR, et on veut pourtant en mettre dans une zone aussi sismique?

s4m

@jmdesp les bureaux de la joint-venture Atmea se trouvent dans la tour Areva à la Défense. Les équipes sont composées de salariés des deux entreprises, à parité égale. L’objectif est d’innover un minimum en reprenant des éléments chez les deux maisons mères. C’est plutôt décrit comme un projet japonais car la négociation commerciale s’est faite entre Turcs et Japonais (les liens franco-turcs ont pris un sacré coup de froid après l’épisode sur le génocide arménien. C’était donc un meilleur calcul de laisser les japonais mener les discussions). Je vois bien un découpage du projet selon le savoir-faire des deux entreprises (Areva pour la chaudière, Mitsubishi pour le reste). Autre détail qui laisse penser que l’ingénierie nucléaire sera essentiellement française : l’exploitant est français. Ca peut paraître bête mais dans ce genre de projet, les échanges sont si nombreux que cela fera économiser beaucoup de temps à GDF de discuter avec des interlocuteurs français. Et pour finir sur l’ingénierie, les japonais sont en retard avec leur APWR par rapport à l’EPR (construction de 2 réacteurs commencée en 2012 pour une MES en 2017-2018. source : ). Reste à savoir qui fournira le combustible. Areva dispose de mines et d’une usine, MHI ne dispose a priori pas de mines. @Temp : “sur des contrats qui nous engagent en tant que contribuables” je ne vois pas en quoi cela vous engage ! Areva est une entreprise, même si l’état est actionnaire majoritaire, il s’agit d’une société anonyme qui gère ses pertes et profits comme toutes les autres entreprises. Ajouter à cela, les détails des contrats ne sont jamais connus ! Il en est de même dans l’industrie aéronautique ou même dans n’importe quel commerce, du plus petit au plus grand. Pourquoi ? Parce que le vendeur perdrait tout son avantage lors des négociations futures (“pourquoi lui il l’a eu à ce prix alors que vous me le vendez à ce prix ?”). Il y a également le problème vis à vis de la concurrence. Concernant l’aspect technique, l’Atmea est assez proche d’un EPR (cela reste des REP) avec la grosse différence qu’il ne dispose que de trois “boucles” (d’où sa puissance moindre). Il reprend quelques un de ses “atouts” : recombineur à hydrogène (spécificité française), récupérateur de corium, 4 trains de sauvegarde (dont 3 “complets”), résistance à la chute d’avion et aux forts séismes. Après un REP reste un REP : un coeur, des boucles, des pompes, des GVs, un secondaire, une turbine. Cependant, il ne reprend pas la double enceinte. “Il aurait peut-être été plus sage de faire un premier prototype en France pour s’assurer qu’on puisse bien vendre un MWh et un prix unitaire compétitifs.” C’était l’objectif initial de GDF depuis des années (dans la vallée du Rhône). Pas tellement pour des raisons de coût mais plutôt industrielles. Cela aurait servi de vitrine @Luis A quoi dire que les bananes sont meilleures que les pommes parce qu’elles sont jaunes ? Votre comparaison est inutile (le PV, c’est compétitif la nuit ?) et je serai curieux de connaître vos sources parce que 0.075€/kwh me semble bien loin de toutes les données disponibles (même en ordre de grandeur), auquel il faut également ajouter l’inflation sur 10 ans. En attendant, la revente du kwh nucléaire Atmea a été publié, il en sera de 0,118$/kwh.

Nicias

A moins de désosser une centrale, on ne saura pas vraiment qui fait quoi sauf pour les grosses pièces (cuve ou turbine). Atmea est une joint-venture, autant japonaise que française donc ! Comme GdF-Suez sera l’exploitant, on peut dire que la France s’en sort mieux, même si c’est le PM japonais qui a signé !

Dan1

Effectivement, le Japon en première ligne semble aussi être une posture diplomatique : Et comme le verront certains, le Japon décide bien de sortir du nucléaire…. mais à son rythme et pas à l’extérieur ! En plus, les Turques mettent en avant l’expérience japonaise en matière de séisme. Et ça, personne ira le contester et surtout pas les Français qui ont un mal de chien à trouver des séismes respectables pour leur centrale de Fessenheim. Nos antinucléaires n’arrivent pas à 7 (très fréquent au japon) sur un millénaire avec la meilleure bonne (ou mauvaise) volonté.

Luis

¤ Si le coût de l’électricité de l’Atmea est de 0,118$/kwh, soit 9,08 cts€/kWh, c’est bien plus cher que le tarif d’achat qui s’appliquerait aujourd’hui en Allemagne si le soleil y était aussi important qu’en Turquie. Le tarif d’achat pour l’électricité d’une nouvelle centrale PV de 1 à 10 MWc est maintenant de 10,82 cts€/kWh. Avec 40% de soleil en plus (Turquie), c’est équivalent à 7,72 cts€/kWh, toutes choses égales par ailleurs. Ce serait même moins avec un coût inférieur de la main-d’oeuvre. Maintenant, s’il n’y a pas de soleil la nuit, la consommation d’électricité est aussi beaucoup plus faible la nuit que le jour, en Turquie comme ailleurs. Les autres sources d’électricité pourront suffire.

Dan1

C’est quand même bizarre, tous ces pays et tous ces dirigeants ignorants qui se font avoir par AREVA et les vendeurs de nucléaire en général. C’est quand même incroyable que personne ne leur ait expliqué la vraie histoire : le nucléaire c’est beaucoup plus cher à l’usage que le photovoltaïque. Luis, vous et d’autres seriez bien plus utiles dans ces pays qu’en France. Ce sont les clients qu’il faut convaincre de ne pas acheter. Les Finlandais se sont laisser prendre (vont-ils récidiver ?), les Britanniques vont plonger à leur tour, et maintenant la Turquie. Que font les organisations antinucléaires ? Leurs arguments “béton” ne portent donc pas ? Ou alors AREVA est encore plus fort en “embobinage” que les antinucléaires !

Bachoubouzouc

qui viennent de réaliser une très belle réussite commerciale. Areva trouve ainsi (avec MHI) son premier débouché pour l’ATMEA, et GDF y trouve un pays où faire perturer l’expertise nucléaire qu’elle a acquis en Belgique. Areva va exporter pour minimum trois milliards d’euros de chiffre d’affaire (à voir après avec le combustible et les pièces de rechange) sur un coût total de 17 milliards, dont on imagine que la majorité reviendra aux entreprises de BTP et de mécanique locales qui vont effectivement construire cette centrale. Pour ce qui est de la sûreté, ces ATMEA seront j’imagine conçus comme les réacteurs français, càd pour résister au séisme maximal connu dans la région d’implantation. Pour ce qui est des coûts, la compagnie électrique nationale a annoncé qu’elle achètera cette électricité à 0,1180 dollar le kWh, soit 90€/MWh. Ce qui semble à première vue compétitif.

Temb

Sur l’absence de double coque, cela ne pose pas de problème particulier, elle ne sert pas à grand chose? Savez-vous quelle est la durée du tarif d’achat de 118$/MWh? En tout cas à ce prix là, qui plus est sur une centrale “papier” ça ne plaide pas vraiment pour la compétitivité de la filière nucléaire. J’imagine que le fait d’entrer dans la cour des grands qui ont LEUR nucléaire et d’avoir la possibilité d’être si besoin à quelques mois seulement de pouvoir fabriquer une bombe nucléaire une fois le programme mis en route a du fortement peser dans le choix du gouvernement islamo-conservateur. Je fais de la provocation mais il y aune part de vérité là-dedans. Le gaz, l’éolien, le charbon, le PV, l’hydraulique, la biomasse,etc… sont au même prix ou en dessous et je pense que les considérations environnementales (CO2 comme déchets) sont la dernière des préaucupations de ce type de gouvernement. L’aspect économique semble ne pas avoir été l’élement décisif (face au charbon en particulier) reste d’autres hypotèses pour expliquer cette décision avec un prix aussi surprenant. 2/3ans en arrière les débats tournaient autour de 50/60€ le MWh pour le nucléaire, en fait il semble que la plupart des prix des différentes énergies convergent bien vers les 100€, à l’exception du solaire et du PV qui sont parmis les seules énergies (quand elles restent minoritaires dans le mix) à continuer à descendre sous ce niveau. Etonnant ce revirement économique qui rend les ENR de plus en plus compétitives face aux autres énergies fossiles et nucléaires. Comme si le marché prenait petit à petit en compte les externalité de finitude des ressources, de risque et de pollution. Quand on regarde les changements intervenus sur les 10ans écoulés, qui ont fait passer les ENR au rang de curiosité hors de prix à énergies comptétitives sur une part de marché significatif, on peut se demander à quoi vont ressembler les 10 suivantes…

s4m

@Luis, Il me semble que vous citez la branche basse du tarif de rachat qui peut grimper à 16c€/kwh, auquel il faudrait ajouter les nombreuses taxes payées par les ménages et les entreprises pour combler les pertes (>100€/ménage/an). Puis, je le rappelle, même si vous diminuez de 40% le coût en raison d’un meilleur ensoleillement, vous oubliez de le majorer de 20 à 25% pour prendre en compte l’inflation sur une décennie. Loin de moi l’idée de dire que le PV est inutile ! Je pense qu’il a largement sa place dans un mix, d’autant plus s’il permet d’économiser du combustible fossile (et donc de réduire les émissions de CO2). En revanche, comparer le PV et le nucléaire, que ce soit en terme de prix ou de qualité, est un non sens (d’autant plus que cela est fait avec “un brin” de mauvaise foi). Encore une fois : le PV, s’il est compétitif, il l’est moins de 50% du temps, et manque de bol, c’est très souvent la moitié où vous avez le moins besoin d’électricité. A ce propos, est-ce que vous pouvez apporter davantage de précisions à la conclusion de votre commentaire : “Les autres sources d’électricité pourront suffire.”. Lesquelles justement ? Celles choisies par nos voisins d’outre rhin : lignitie, charbon, gaz ? Il ne faut pas se voiler la face : si tous ces industriels (qui, jusqu’à preuve du contraire, sont généralement des gens loin d’être idiots tout comme ceux qui les conseillent) optent pour le nucléaire c’est qu’ils ont de bonnes raisons industrielles et financières de le faire ! @Temp pour la double coque, même si effectivement la différence est mineure, elle peut avoir un rôle à jouer dans certains scénarii extrêmes (meilleure tenue à une monté en pression de l’enceinte ou à une agression interne ou externe). Par agression je n’entends pas forcément un acte malveillant. Pour la proliferation, un REP n’est vraiment pas la meilleure techno pour développer une bombe : cher et long, et surtout peu discret (sortir le combustible nécessite un arrêt de tranche, ce qui se constate facilement. Contrairement aux réacteurs à eau lourde comme les CANDU). D’autant que j’imagine que le combustible (transport, retraitement) sera géré par Areva ou MHI. Outre ces considérations techniques, il faut aussi prendre en compte la situation diplomatique du pays. La Turquie n’est pas l’Iran ou la Corée du Nord, ils souhaitent entrer dans l’UE, cela me semble donc impensable qu’ils se dotent de l’arme nucléaire. Pour la “compétitivité” elle n’est pas que financière. Le nucléaire permet plusieurs choses : – diversifier son approvisionnement et ne pas dépendre uniquement des énergies fossiles de la Russie ou du Moyen-Orient, – réduire ses émissions de CO2, – dans le cas de la Turquie, cela permet un rapprochement industriel vers l’Europe.

Luis

¤ Comme ont pu le constater de nombreux touristes, les turcs ne s’éclairent pas à la bougie (en dehors peut-être de quelques villages reculés). En 2012, la Turquie a produit et consommé 230 TWh d’électricité (72% fossile, 25% hydraulique et 3% renouvelables). Ajouter une production annuelle de 8 ou 9 TWh avec un réacteur nucléaire ou avec des systèmes solaires ne représente qu’une faible partie de la production totale. Dans le cas du solaire, cela permet d’économiser du fossile et une bonne partie de l’hydraulique la journée, ces sources étant plus que suffisantes le soir et la nuit alors que les activités économiques sont au ralenti. Pas besoin d’ajouter du fossile (le mythe du “back-up”).

Devoirdereserve

Le back-up est un mythe ? Dans le cadre du Débat National sur la Transition Energétique, MM. Mestralet (PDG GDF-Suez) et Turmes (euro-député Vert luxembourgeois) ont été auditionnés. Je vous invite à les écouter. En résumé : les EnR ont besoin d’un back-up souple, donc il faut subventionner le gaz peu compétitif actuellement face au charbon pas cher… Ou augmenter le prix du CO2…

Dan1

Je confirme que tous les désinformateurs qui nient avec force le nécessaire back-up des EnR intermittentes et aléatoires feraient bien d’écouter attentivement le commandant en chef des gaziers (et autres activités qu’il revendique lui-même). Gérard Mestrallet est on ne peut plus clair. GDF-Suez compte beaucoup sur le back-up de l’éolien et du photovoltaïque.

Dan1

Non, cela ne m’étonne pas plus que cela que le commandant en chef des gaziers défende le gaz… pas plus qu”un “écologiste” s’oppose au chauffage électrique ! Rappelons quand même qu’en Europe, le record de pénétration du chauffage électrique est très largement détenu par les Norvégiens avec pratiquement 80%. Les Danois étudient aussi sérieusement les usages de la chaleur électrique. Et quand on aura un maximum de moyen de production EnR électriques (éolien et photovoltaïque majoritairement), les producteurs seront bien content de pouvoir vendre leur production fatale… y compris pour faire de la chaleur.

Sicetaitsimple

Je ne sais pas ce qu’il faut écouter des propos du patron de RTE Dominique Maillard (un lien aurait été un plus). Au risque d’être contredit (avec citations bien sûr), j’imagine qu’il parle de la situation actuelle. Les centrales de back-up existent déjà, car les renouvelables electrogènes viennent disons depuis 5 ans en Europe se superposer à des parcs de production existants qui sont à eux seuls capables de fournir l’électricité nécessaire. Donc la centrale de back-up, c’est la centrale existante qui voit juste sa durée d’appel diminuer en moyenne. Elle est déjà construite, on ne va pas la casser pour le plaisir, simplement elle tourne beaucoup moins que prévu et effectivement ca ne fait pas très plaisir à M. Mestrallet ( pas qu’à lui). La question, ce n’est pas aujoud’hui ( on parle de l’Europe en général), c’est dans quelques années (5, 10,20). On pourra toujours changer le nom, mais ce seront bien des centrales fossiles pour l’essentiel qui produiront quand les nouvelles ENR ne produiront pas… Ce n’est pas forcément dramatique, mais ça a juste un coût à ajouter au coût des renouvelables intermittents. Coûts de stockage, de curtailment et de back-up sont les 3 mamelles qui manquent à la CSPE pour en avoir 4….( hors péréquation et tarif social).

Hu 31

D’abord allez faire un tour sur le site ATMEA, vous en saurez plus. Par ailleurs, ne nous emballons pas il ne s’agit que d’un accord pour entrer en négo, accord négocié uniquement par les japonais. Au fait AREVA n’est ni investisseur ni dans la société de projet, ni ne participe à ces négociations alors toutes ces promesses … AREVA sera un des sous traitants d’ATMEA !

O.rage

Incidents diplomatiques et questions cocasses Rajoutez ça, à la formidable liste d’incidents diplomatiques, de politiques qui auraient du laisser la diplomatie aux diplomates, l’histoire aux scientfiques, et un marché à AREVA qui a du faire ce genre de sacrifices pour être fournisseur principal au lieu d’être co-investisseur avec EDF, GDF et EUAS … En même temps, ce n’est pas une défaite, les anti-nucléaires semblent applaudir à 4 mains quand un marché tombe dans les mains de Westinghouse au lieu d’Areva… ce qui soulève très souvent la question de la possible consanguinité entre anti-nucléaires et intérêts étrangers…

dede29

Soustraiter l’exploitation de centrales nucléaires sur son territoire me parait curieux . Je sais bien que le systéme libéral permet de soustraiter un peu n’importe quoi ( certains soustraitent meme leur guerre -mais à l’étranger tout de meme ) . Dire qu’il suffit d’effectuer de bons controles ,d’accord mais il faut avoir des autorités de sureté compétentes et avec de l’expérience et pour cela il faut du temps . Il serait préférable de former à l’étranger ses propres exploitants . De meme à un degré moindre pour l’entretien .

O.rage

Sous-traitance et emploi local Parce que quand vous construisez une maison par exemple, vous avez plusieurs choix : – vous construisez tout seul, et vous avez le temps et les reins solides – vous embauchez un à un des gens compétents, un architecte, un maçon, un électricitien un plombier etc… vous avez du temps et la compétence de les diriger. – vous sous-traitez et vous faites autre chose pendant ce temps. En l’occurence, sous-traiter la plupart du temps c’est faire bosser des PME locale, très souvent poussé par un maire ou prefet ou député ou sénateur qui sent approcher les élections, et qui aime bien dire qui fait bosser des gens localement et/ou un pays/région/entreprise qui au lieu de bosser des dizaines d’années pour acquérir une compétence spécifique et spécialisée embauche quelqu’un qui le fait déjà bien. C’est ça “sous-traiter”, on appelle ça embaucher aussi

s4m

@Hui31 votre commentaire relève d’une très mauvaise information sur le secteur : Areva est de toute manière ce qu’on pourrait appeler un “sous traitant” puisque cette entreprise fournit des exploitants qui sont ses clients. Non seulement Areva est “investisseur” (Atmea est une joint venture à 50/50 avec MHI) et les équipes sont composées pour moitié de salariés de chacune des deux entreprises. Les buraux de cette entreprises sont en FRANCE, dans la tour AREVA. Et les raisons pour lesquelles ce sont les japonais qui ont mené les discussions ont déjà été explicitées plus haut dans les commentaire : les relations entre la france et la turquie ont pati du dossier arménien. Il semblait donc plus judicieux de laisser les japonais mener ces discussions. @Dédé29 La sous traitance est effectivement un point sensible du nucléaire. EDF (comme toutes les grosses entreprises industrielles) s’en sert comme variable d’ajustement en fonction des creux/pics d’activité mais aussi pour garantir un peu de “paix sociale” et ainsi réduire les grèves. Cependant, comme le souligne O.rage, cette sous traitance est essentielle pour les domaines qui ne sont pas le coeur de métier d’EDF et pour lesquelles d’autres sociétés ont fait leur spécilité (ex : robinetterie, ventilation, …). Au final il ne faut pas oublier que EDF reste le seul responsable de l’installation vis à vis des autorités. Ils ont donc toutes les raisons du monde pour que le travail soit vraiment fait correctement.

Bachoubouzouc

Il n’a pas été précisé le nom du fournisseur qui livrera la turbine, l’alternateur, etc.

Sicetaitsimple

On peut imaginer que ce sera Mitsubishi, non? En tous les cas, ils savent faire.

dede29

Justement ,ce qui me choque ,c’est de voir les Turcs sous-traiter leur “coeur de métier “qu’est l’exploitation de leurs centrales . Pour la construction ok ,pour l’entretien passe encore pour des des taches spécifiques très pointues ,mais l’exploitation ….non . Sinon pourquoi pas le faire pour leur Autorités de Sureté ?

Sicetaitsimple

Je ne comprends pas trop vos interrogations: dans cette centrale si effectivement elle se réalise, au moins 90% des employés seront turcs (au début) et peu à peu ça montera jusqu’à quasiment 100%. A terme, seul le Directeur général et le Directeur financier resteront Japonais ou Franco-Belge, en fonction de l’évolution de l’actionnariat. Faut juste prendre le temps d’apprendre…. Même pour la maintenance, j’imagine que MHI/Areva seront obligés contractuellement de mettre en place des filiales locales, même si l’ingéniérie et la founiture de composants restent franco-japonais..

dede29

Ce qui me surprend c’est cette phrase : ” Cest le groupe GDF Suez qui assurera l’exploitation de la centrale une fois celle-ci raccordée au réseau électrique “. J’imagine qu’il fournira les hommes ,les procédures et les normes . Je comprends que la Turquie achetera l’électricité comme un autre produit . Au premier problème nucléaire ,meme mineur ,comment cela se passe entre les “étrangers” (sans doute sur leur base de vie ) et les habitants locaux ? Je n’aurais pas aimé que cela se passe ainsi lors du démarrage et le début de l’exploitation du programme nucléaire français pourtant avec des reacteurs sous licence américaine . Rappelons enfin que c’est un “reacteur papier ” et que les Russes ont implanté une autre technologie . je plains les Turcs de commencer ainsi dans le nucléaire .

Bachoubouzouc

Les turcs, qui pour l’instant ne connaissent rien au nucléaire, ont décidé de sous-traiter l’exploitation de leur centrale à une vaste entreprise dont c’est un des coeurs de métier. Cette entreprise va (on s’en doute bien) embaucher principalement des locaux qu’elle va former, et les expatriés belges rentreront chez eux après cinq ou dix ans (les débuts). Elle utilisera ses procédures et le nucléaire turc va ainsi être fortement influencé par un exploitant expérimenté. C’est bon, les turcs ne sont pas des martiens, GDF devrait donc bien être capable de communiquer correctement avec eux ! Où est le problème, sinon pour leur égo national ?

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