Coup d’accélérateur pour l’industrie éolienne danoise

Dépourvu de ressources énergétiques hydrauliques et nucléaires, le Danemark s’est résolument tourné vers l’énergie éolienne depuis les années 1970.

Aujourd’hui, le parc considérable d’éoliennes terrestres et en pleine mer répond à 21% de la consommation électrique du pays, faisant du Danemark le leader mondial en la matière. On compte ainsi 500 watts éoliens par habitant contre 5 en France. Le Danemark est également le premier fabricant mondial d’éoliennes. Avec plus de 30.000 emplois, cette activité est le troisième poste d’exportation du pays.

Oppositions à une politique ambitieuse

Pour acquérir l’autonomie énergétique la plus large possible, le gouvernement n’a d’autre choix que de confirmer cette politique offensive et s’est fixé comme objectif le doublement de la puissance produite d’ici 2025. Un parc de 1000 éoliennes de 150m de haut et de nouvelle génération devrait donc voir le jour d’ici cette date, et comme pour tout projet industriel majeur, le choix des sites d’accueil ne rencontre pas l’unanimité au sein de la population et des responsables locaux.

Afin de minimiser les coûts des nouvelles installations, le gouvernement a en effet choisi de les concentrer sur les 28 sites danois les plus exposés aux vents. Les deux autres solutions étudiées, construction de nouveaux sites en mer et répartition équitable du nouveau parc sur l’ensemble du territoire, se révèlent en effet bien plus coûteuses.

Les autorités locales des sites concernés ont d’ores et déjà prévenu qu’elles ne se laisseraient pas imposer les nouvelles éoliennes sans réagir. Le maire de Frederikshavn estime ainsi que les 60.000 administrés de cette commune très venteuse du Jütland à l’extrémité nord du Danemark seraient prêts à venir tous à Copenhague pour faire entendre leur mécontentement face aux nuisances inhérentes à la construction d’un parc éolien géant.

Un concours pour stimuler la recherche privée

Parallèlement aux initiatives du gouvernement, un certain nombre d’acteurs privés et publics ont décidé de lancer un concours international afin d’attirer de jeunes ingénieurs talentueux vers l’industrie des éoliennes offshore. Les parcs éoliens situés en pleine mer jouissent en effet de l’un des plus gros potentiels de développement dans le secteur des énergies renouvelables, tout en constituant une série de défis majeurs pour les ingénieurs en raison des conditions naturelles extrêmes auxquelles les éoliennes sont soumises.

Les sociétés industrielles Vestas Wind Systems, Siemens Wind Power, DONG Energy, Vattenfall, A2SEA et SEAS-NVE, associées à des universités sont à l’origine de ce concours destiné aux élèves ingénieurs. Elles attendent des candidats une approche créative et nouvelle des problèmes auxquels sont confrontés les industriels. Les meilleurs projets, qui seront connus courant 2009, seront récompensés par un prix de 5000 euros et un tour en hélicoptère au-dessus d’une ferme éolienne offshore.

BE Danemark numéro 19 (2/05/2008) – Ambassade de France au Danemark / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54440.htm

Articles connexes

S’abonner
Notification pour
guest
6 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Vingtcinq

On comprend que les autorités en aient par-dessus la tête: le Danemark est non seulement le premier pays européen des éoliennes mais aussi le pays qui détient le triste record des émissions de gaz à effet de serre.Et les gens n’en peuvent plus…Prenons-en de la graine en France en cessant d’urgence les installations d’éoliennes industrielles qui ne servent qu’à faire gagner des sommes honteuses aux fonds d’investissement privés sans le moindre espoir de réduction des GES.

Dan

Le coup d’accélérateur pour l’industrie danoise ne semble pas pouvoir venir uniquement du marché intérieur qui stagne depuis quelques années. Les chiffres d’Observ’ER, corroborés par d’autres sources danoises montre que la puissance installée est stable depuis 2003 aux environs de 3120 MW et a même diminué en 2007 de 3 MW (passant de 3135 à 3132). La production annuelle est elle-même fluctuante un peu au delà de 6 TWh. Voir le site : Vous téléchargez le tableau Excel, la production est détaillée mois par mois. La production annuelle est elle-même fluctuante. La meilleure année est 2007 avec 7,2 TWh et la plus mauvaise est 2003 avec 5,6 TWh. En 5 ans, 32,1 TWh ont été produits (6,4 TWh/an en moyenne). Sur la même période (2003 à 2007), la production globale annuelle a variée de 36 à 46 TWh (moyenne = 41,4 TWh). En moyenne, l’éolien danois a donc produit 15,5 % de la production du pays. Si on rapporte la production éolienne à la consommation (en moyenne 35,8 TWh/an) on trouve une contribution de l’éolien à hauteur de 17,9 %. Même si on prend la meilleure année (2007), l’éolien contribue pour 19,7 %. On voit donc que, eu égard à la variabilité de la production éolienne, le chiffre de 21 % souvent avancé est largement surestimé. En 2006, avec une puissance légèrement supérieure, il a contribué à 13,4 % de la production et 16,8 % de la consommation d’électricité. Cela, c’est les danois qui le mesurent. En ce qui concerne le nombre d’emplois de la filière éolienne, Observ’ER donne 21 612 emplois pour le Danemark (dont 12309 pour Vestas). Je pense donc que le nombre d’emplois a été arrondi à la dizaine de milliers supérieures où prend en compte des emplois à l’étranger ?

Andre

L’article commence par glorifier les 21% que représente l’éolien dans la consommation d’électricité mais se garde bien de dire que le reste est produit par des énergies fossiles car ce pays ne veut pas entendre parler de nucléaire. En conséquence c’est avec l’Allemagne le pays européen qui émet par habitant le plus de gaz à effet de serre. Alors cessons de vouloir courir après ces pays pour les imiter dans leur gaspillage financier dans l’éolien et le solaire photovoltaïque.

Pasnaif

       Il y a un aspect qui n’est JAMAIS cité dans l’énergie éolienne: Sur les 7 TWh produits au mieux, quelle proportion en a-t-elle été consommée dans le pays quand il y avait du vent? Sachant que leurs centrales très majoritairement au charbon ne peuvent être matériellement “éteintes et rallummées” au gré du vent (il faut 48heures pour les arrêter démarrer décemment), il est physiquement impossible de consommer sur place les 21% d’énergie éolienne fluctuante; Les Réseaux ont donné leur verdict: Au delà de 15% de la puissance installée d’un pays, on ne peut pas absorber tout l’éolien! Alors on exporte chez les voisins plutôt que d’arrêter des éoliennes (ou d’en utiliser l’énergie à chauffer à l’électricité les chaudières de centrales au charbon mises en veille…de l’éolien ! Véridique, c’est ce qui se passe au Danemark, voyez sur internet).        Bien sûr on nous dira que TOUTE l’énergie exportée fait économiser du CO² chez les voisins ! Pas sûr: Si effectivement un pays de 4 millions d’habitants a un potentiel électrique négligeable au vu de ses puissants voisins allemands (20 fois plus peuplés) et autres, alors son excès éolien est à peu près absorbé à l’export à bas prix. Mais maintenant que les allemands sont AUSSI fortement équipés d’éolien, ils ont AUSSI la même  pointe de vent en Mers du Nord / Baltique et souhaitent aussi exporter! Cela montre la limitation d’un excès d’éoliennes: Plus les pays en sont équipés et moins l’énergie produite sera en % utilisable.De plus la saturation des sites venteux fait que l’Allemagne ne peut utiliser ses éoliennes que pour l’équivalent de 15% de l’année à pleine puissance, contre 22-25% en France, car elle n’est que légèrement équipée.       C’est toujours la même erreur des pros de la production décentralisée: le vent n’est pas une composante de fond de la solution de l’énergie, mais un appoint très marginal. D’ailleurs suffit de regarder la croissance des émissions de CO² du Danemark et de l’Autriche qui s’est fait pincer par la Commission.

Kojema

Quelle est la quantité d’énergie nucléaire (je veux dire l’électricité produite à parti de) réellement consommée en France ? Quid si l’on fait le même calcul seulement pour la nuit ? Pourrait-on faire du 100 % nucléaire, sans thermique pour assurer les points de consommation ? Pourquoi a-t-on conçu le STEP en parallèle de la construction de nos centrales nucléaires ? Le vent n’est-il pas plus facile à prévoir du jour au lendemain que la consommation d’énergie ? etc. Je vais m’arrêter là car on va me prendre pour un anti-nucléaire, ce que je ne suis pas. Il faut bien comprendre que chaque source d’énergies à ses carences, ses défauts, les opposer sans cesse ne sert à rien. Les EnR ont leur place dans le mix, l’éolien en particulier, mais n’oublions jamais que le principe même des EnR est de rompre avec la stratégie passée qui conistait à mettre tous les oeufs dans le même panier. EnR rime avec LES Enr et pas seulement une, et surtout les économies d’énergie.

Dan

Pour connaître la part annuelle et mensuelle du nucléaire dans la production française, il suffit de lire les rapports de RTE. Pour mars 2008 elle était de 80,8 % (voir le lien suivant : Pour se faire une idée de la gestion de la pointe par rapport à la base, lire l’annexe contribution d’EDF sur le chauffage électrique (page 82) du rapport Syrota : A priori le 100 % nucléaire serait risqué en l’absence de capacité de régulation rapide sur les réacteurs mais le 80 % a fait ses preuves depuis des années et les STEP aussi. L’éolien peut bien sûr avoir sa place mais son intermittence et les imprévisibilité ne sont pas des vues de l’esprit. Le problème dépend évidemment de la part qu’il occupe dans le mix. En dessous de 5 % cela semble facile à gérer, au delà de 10 %, c’est plus scabreux. Jeter un coup d’oeil au site WINDMONITOR au lien suivant : vous verrez que du 2 mai au 7 mai, la puissance moyenne disponible avait considérablement chutée par rapport au 30 avril et 1er mai. Tant que la puissance installée est faible, ce n’est pas grave, lorsque l’éolien produit on peut écouler la production même si elle n’était pas souhaitée. Cela deviendra de moins en moins vrai si la proportion tend à augmenter dans le mix. Encore une fois rappelons qu’aucun pays n’a dépassé les 20 % du mix… les meilleures années et que l’Allemagne oscille aux alentours de 5 %. La seule question qu’il faut poser aux allemands, c’est : comment font-ils pour produire les 95 % restant en respectant les engagements de réduction d’émisssion de GES ? D’accord pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, mais alors il faut savoir combien nous aurons de paniers, leurs noms et leurs tailles respectives. Cela s’appelle proposer un mix chiffré comme le fait la DGEMP ou le scénario Négawatt.

6
0
Laissez un commentairex