Six cas de dengue autochtone ont été confirmés en France hexagonale, répartis dans quatre foyers distincts. Le bulletin de Santé publique France du 7 octobre 2026 ne signale aucun nouveau foyer de dengue. Les quatre épisodes sont considérés comme clos, mais l’implantation du moustique tigre maintient le risque de transmission locale.
L’essentiel en 3 points
- Six cas autochtones de dengue sont recensés dans quatre départements et trois régions de l’Hexagone.
- Le moustique tigre est implanté dans 83 départements métropolitains sur 96, ce qui crée les conditions d’une transmission locale lorsque le virus est introduit par une personne infectée.
- La surveillance saisonnière court du 1er mai au 30 novembre et vise à détecter les cas et à interrompre les chaînes de transmission.
La France surveille une maladie qui ne se cantonne plus aux tropiques. Le point épidémiologique de Santé publique France, publié le 7 octobre, dénombre six cas autochtones de dengue. Les personnes ont contracté le virus sans avoir voyagé vers une région endémique, ce qui signifie que la transmission s’est opérée sur le territoire métropolitain. Quatre foyers sont identifiés dans le Tarn, l’Hérault, la Dordogne et les Bouches-du-Rhône.
Une géographie sanitaire redessinée
Le moustique tigre contribue à cette nouvelle carte. Aedes albopictus, son nom scientifique, est implanté dans 83 départements métropolitains sur 96. Depuis sa première installation en métropole en 2004, il a progressivement étendu sa présence, sans pour autant coloniser l’intégralité de chaque département concerné. L’implantation crée les conditions d’une transmission locale de la dengue, du chikungunya et du virus Zika lorsque les virus sont introduits par des personnes infectées.
La surveillance renforcée des arboviroses s’étend chaque année du 1er mai au 30 novembre. Elle permet de repérer les cas importés et les éventuelles contaminations secondaires. Le scénario est celui d’un voyageur qui revient infecté d’une zone de circulation du virus, se fait piquer par un moustique tigre local, puis de ce moustique qui transmet le virus à d’autres personnes. Ce mécanisme de transmission vectorielle explique la nécessité d’une enquête épidémiologique et d’interventions autour des lieux fréquentés par les cas.
Des foyers dispersés, désormais clos
Les six cas français se répartissent dans trois régions métropolitaines. Deux foyers sont recensés en Occitanie : un cas à Carmaux, dans le Tarn, et deux à Sète, dans l’Hérault. S’y ajoutent un cas à Mouleydier, en Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine, et deux à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Chaque foyer compte ainsi un à deux malades.
L’Italie enregistre pour sa part 68 cas autochtones depuis le début de l’année, d’après les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies arrêtées au 7 octobre 2026. Le nombre est supérieur au bilan français, mais la comparaison ne suffit pas à établir que le risque est maîtrisé en France. Les quatre épisodes français sont considérés comme clos, sans que cela exclue de nouvelles transmissions pendant la saison d’activité du moustique tigre.
La détection des quatres foyers montre que des transmissions locales peuvent survenir dans plusieurs territoires au cours d’une même saison. Les premiers symptômes recensés pour ces épisodes s’échelonnent du 10 juin au 5 août. Leur répartition confirme que les transmissions locales de dengue ne se limitent pas au pourtour méditerranéen : elles concernent aussi le sud-ouest de l’Hexagone.
Prévention, le nerf de la guerre
Les gestes de prévention consistent à supprimer les eaux stagnantes où les femelles pondent leurs œufs, à porter des vêtements couvrants et à utiliser des répulsifs pour limiter les piqûres. La présence du moustique tigre dans une grande partie des départements métropolitains rend les mesures importantes au-delà des seuls secteurs où des cas ont été détectés.
La dengue peut provoquer une fièvre élevée, des douleurs musculaires ou articulaires et une éruption cutanée. Une forme sévère peut également survenir. Toute fièvre brutale accompagnée de douleurs, après un séjour dans une zone de circulation du virus ou dans un secteur où une transmission locale a été signalée, doit conduire à consulter rapidement. Un simple contact avec une personne malade ne constitue pas une voie habituelle de contamination : la dengue se transmet principalement par la piqûre d’un moustique infecté.
Les équipes de lutte antivectorielle interviennent autour des cas pour éliminer les gîtes larvaires et réduire la présence des moustiques. La surveillance renforcée vise à détecter les infections et à interrompre les chaînes de transmission.















