Le Département des Hauts-de-Seine a réalisé en 2025 un diagnostic entomologique dans ses parcs et jardins pour évaluer l’implantation du moustique tigre. Les résultats montrent des niveaux de reproduction faibles à modérés et orientent une stratégie de lutte ciblée, fondée sur l’élimination des gîtes larvaires.
Silencieux, diurne et opportuniste, le moustique tigre poursuit sa progression sur le territoire métropolitain. Aedes albopictus, espèce invasive originaire d’Asie du Sud-Est, colonise désormais la quasi-totalité des départements français. Particulièrement adapté aux environnements urbains et périurbains, l’insecte se développe dans de petites réserves d’eau stagnante, avec un rayon d’action limité à une centaine de mètres autour de son lieu de naissance. Face à la progression de l’insecte, le Département des Hauts-de-Seine a commandé en 2025 un diagnostic entomologique approfondi dans l’ensemble de ses parcs et jardins départementaux.
Des gîtes larvaires concentrés dans les avaloirs
L’étude a permis d’identifier avec précision les zones favorables au développement du moustique tigre dans les espaces verts départementaux. Les résultats révèlent une présence avérée de l’insecte adulte, mais avec des niveaux de reproduction qualifiés de faibles à modérés. Aucune prolifération massive n’a été constatée pour l’heure.
Un constat net se dégage : les gîtes larvaires sont principalement liés à des éléments structurels, au premier rang desquels figurent les avaloirs d’eaux pluviales. Les petits contenants artificiels de stockage d’eau, souvent pointés du doigt dans l’espace domestique, restent en revanche peu présents dans les parcs et plus globalement dans l’espace public.
Agir à la source plutôt que traiter massivement
Fort des résultats obtenus, le Département déploie un plan d’action articulé autour de plusieurs axes. Priorité est donnée à la suppression immédiate et durable des contenants et zones de stagnation d’eau accessibles. Parallèlement, une amélioration progressive de la gestion des eaux pluviales est engagée, avec l’adaptation ou la suppression des avaloirs propices au développement larvaire.
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Des interventions ciblées mensuelles sur les gîtes résiduels sont également programmées, exclusivement à l’aide de solutions biologiques. Un suivi régulier des populations de moustiques complète le dispositif. La philosophie générale tient en un principe : agir à la source plutôt que recourir à des traitements massifs.
Le domaine privé, réservoir principal du moustique
Les données nationales le confirment : les gîtes larvaires du moustique tigre se situent entre 90 et 99 % en domaine privé. Parmi eux, environ 80 % sont liés à des objets du quotidien (récipients, contenants divers), 15 % à des équipements d’arrosage, et 5 % à des éléments structurels comme les terrasses sur plots.
La répartition des gîtes souligne le caractère collectif de la lutte. Le Département invite ainsi chaque habitant à adopter des gestes simples pour éliminer les eaux stagnantes sur balcons, terrasses, jardins ou objets extérieurs. L’Agence régionale de santé Île-de-France déploie chaque année une campagne renforcée de surveillance, avec un dispositif de signalement accessible via le portail de l’ANSES à compter du 1er mai.
Les parcs départementaux demeurent des espaces de nature ouverts et sûrs pour le public. La présence du moustique tigre y fait l’objet d’un suivi rigoureux et d’actions adaptées, dans la continuité d’une politique environnementale engagée depuis plus de trente ans par le Département des Hauts-de-Seine, qui compte aujourd’hui plus de 500 hectares labellisés espace végétal écologique.


















