Des ingénieurs en électronique de Nottingham ont trouvé une nouvelle façon de créer des effets sonores en manipulant l’interaction des ondes sonores, une méthode qui pourrait ouvrir de nouvelles possibilités dans l’interprétation et la production de la musique.
La méthode a été développée au sein de la Faculté d’ingénierie de l’Université de Nottingham. Il s’agit d’un concept inédit d’effet sonore qui se situe entre les effets électroniques/numériques et mécaniques. Ce travail a été publié dans le Journal of the Audio Engineering Society.
L’équipe de Nottingham a créé un haut-parleur « rotary » à état solide inédit, inspiré du célèbre effet électromécanique classique (le haut-parleur Leslie). L’appareil utilise un réseau circulaire de haut-parleurs au lieu de pièces mobiles. Dans cette approche, le signal est déplacé à travers le réseau par voie électronique plutôt que mécanique afin d’émuler le mouvement. Dans ce cas, la modulation de phase ne s’opère pas sur un signal électronique destiné à être diffusé par un haut-parleur unique, mais sur les ondes sonores physiques qui atteignent et entourent l’auditeur, ce qui rend le caractère de l’effet plus organique et lui confère une plus grande profondeur.
Le haut-parleur Leslie, ou Rotary, développé dans les années 1930 pour les orgues électriques, utilise des moteurs et des courroies pour déplacer pavillons et baffles afin de créer une modulation sonore. Le Leslie a eu un impact considérable sur la musique populaire, impact qui perdure encore aujourd’hui à travers une pléthore d’émulations et de leurs variations, couramment disponibles sous forme électronique, numérique ou de plugins logiciels (phaser, chorus, etc.). Cependant, le caractère de l’effet acoustico-mécanique d’origine, procuré par le mouvement des sources sonores, est réputé bien supérieur à celui de ses équivalents électroniques et numériques.
Le haut-parleur « rotary » à état solide représente donc la première tentative visant à retrouver le caractère du Leslie d’origine sans les contraintes pratiques de ses éléments mécaniques. Il s’agit de la première innovation majeure dans le domaine des effets sonores depuis l’avènement de la modélisation numérique dans les années 1990.
Fernando Perez-Cota, professeur adjoint au département de génie électrique et électronique, explique : « La modulation sonore appliquée à la musique est soit acoustico-mécanique, comme le Leslie d’origine, soit électronico-numérique : il n’existe pas d’entre-deux. Ce travail constitue la première tentative d’estomper cette frontière. »
Nicholas Wolstenholme, étudiant en master d’ingénierie à l’origine du prototype, ajoute : « Nous pensons que ce concept peut non seulement servir à obtenir une modulation sonore comme celle du haut-parleur Leslie, mais qu’il représente aussi un tout nouveau paradigme en matière d’effets sonores et de modulation sonore, avec de nouvelles possibilités. Il a le potentiel d’offrir des effets sonores de haute qualité à un coût et à une échelle accessibles à quiconque fait de la musique. »
Article : The Solid-State “Rotary” Speaker – Journal : Journal of the Audio Engineering Society – Méthode : Experimental study – DOI : Lien vers l’étude
















