E.ON réorganise son activité “charbon” en France (SNET)

Le Groupe E.ON s’apprête à convertir son unité « Provence 4 » produisant de l’électricité à partir du charbon en une unité fonctionnant à partir de biomasse.  

D’une capacité installée de 150 MW, et d’un investissement de près de 220 millions d’euros, il s’agit de l’un des projets biomasse les plus importants prévus en France et en Europe.

Le projet « Provence 4 Biomasse » a pour objectif de fournir l’équivalent de la consommation électrique de 440.000 ménages (hors chauffage) tout en permettant d’éviter le rejet de 600.000 tonnes de CO2 par an en région PACA.

Cet investissement majeur devrait permettre de contribuer à améliorer la sécurité de l’approvisionnement électrique de la région, ainsi que de maintenir l’activité industrielle et le niveau d’emploi sur site.

Par ailleurs, ce projet participera au développement d’une véritable filière régionale « bois énergie », elle-même créatrice d’emplois, de part les volumes importants de matière végétale utilisée par E.ON dans le cadre du projet « Provence 4 » (plaquettes de bois d’origine forestière, résidus végétaux). 

Les travaux de conversion débuteront dès lors qu’E.ON aura obtenu les dernières autorisations administratives nécessaires, d’une part, et aura, d’autre part, finalisé la  mise en place d’une organisation locale compatible avec les exigences techniques et contractuelles du projet.   

Quelques mots sur les tranches « charbon » d’E.ON  

Le 26 septembre 2012, la direction d’E.ON en France a adressé aux membres du comité central d’Entreprise (CCE) un projet de réorganisation des activités industrielles de production d’électricité à partir du charbon de sa filiale SNET.
 
Ce projet de réorganisation est architecturé en deux parties : "l’une présente le contexte économique et l’autre détaille les propositions de mesures d’accompagnement des personnels concernés, dans le cadre d’un plan de départ volontaire qui concernerait 215 postes sur l’ensemble des sites concernés. Ce projet s’inscrit dans la continuité des orientations stratégiques rendues publiques en juin 2011."

La volonté d’E.ON est de mettre en place des mesures de reclassement interne et externe et un plan de départ volontaire : "départs volontaires avec projet professionnel, cessation anticipée d’activité pour favoriser les fins de carrière, accompagnement financier pour les départs en retraite."

E.ON réorganise son activité "charbon" en France (SNET)

 
Le projet adressé aux membres du CCE comporte les propositions suivantes : 

– Réalisation du projet de conversion de la tranche Provence 4 du charbon à la biomasse. 
– Arrêt par le Groupe du projet de cycle combiné gaz (CCGT) à Hornaing.
– Arrêt de la production de la tranche Hornaing 3 à compter du 31 mars 2013. 
– Arrêt de la production de la tranche Lucy  3   au 31 mars 2014.  
– L’arrêt de la production des tranches Emile Huchet 4 et 5 serait repoussé à l’horizon 2015, associé à une optimisation de l’organisation actuelle.  
– L’impact sur les fonctions support se limiterait aux sites d’Hornaing et de Lucy.  
– 86 emplois seraient concernés à Hornaing (59), 67 à Lucy (Montceau-les-Mines 71), 42 à Emile Huchet (Saint – Avold 57) et 20 à Provence (Gardanne 13).  

Fin 2015, au terme de cette réorganisation, E.ON disposerait d’un parc thermique en France de : 

– La centrale de Provence avec une tranche au charbon de 600 MW et une tranche à la biomasse  de 150 MW ; 
– La centrale Emile Huchet avec une tranche au charbon de 600 MW et deux tranches CCGT au gaz de 414 MW chacune.  

"Soucieux du dialogue avec ses partenaires sociaux et attentif aux attentes des salariés, E.ON en France doit aussi anticiper les mutations profondes du marché de l’énergie et donner une réalité concrète à la transition énergétique" a déclaré dans un communiqué la filiale française du groupe énergétique allemand.

            

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Oeildecain

. On pourrait étendre cette vision jusqu’à démanteler uniquement les réacteurs nucléaires, et faire tourner les turbines de nos centrales actuelles avec de la biomasse résiduelle, avec de l’H2 solaire et plutôt éolien, le méthane et tous les résidus combustibles … On pourrait ainsi fermer le nucléaire sans fermer les centrales …

papi12

Bonjour, Quelqu’un connaît-il le rendement d’une centrale biomasse ? Est-il possible de valoriser l’énergie contenue dans les fumées ? ou celle du système de refroidissement ? Si j’ai bien compris la centrale passerait de 825 MW tout charbon à 750 MW (600 charbon + 150 biomasse) D’avance merci

Kojema

Gardanne c’était 2 mémoires 2 tranches, l’une de 600 MW, l’autre de 250 MW. C’est cette dernière qui passerait donc en biomasse à 150 MW.

Dan1

63 000 – 150 = 62 850 MW. Donc il ne reste plus que 62 850 MW de nucléaire à convertir. A raison de 150 MW par an, dans 419 ans on est sorti du nucléaire !

Cumulocirrus

@Dan1 Calcul pas tout à fait exact… Provence 4 est une tranche de 250MW, qui va etre convertit en une tranche de 150MW. Ca fait donc 100MW supplémentaire à trouver… Sans compter les fermetures d’unité charbon qui se traduisent par une fragilisation de l’équilibre production/consommation et des emplois en moins. Sans condamner la conversion d’une unité de production charbon=>biomasse qui est louable, derrière cette annonce se cache la perte d’une capacité de production thermique d’environ 1000MW (certe charbon pour l’essentiel) qu’il va bien falloir trouver ailleurs, et environ 200 emplois supprimés. Comme quoi, si vous voulez faire passer tout et n’importe quoi, rajoutez-y une touche “verte”. C’est la mode, ça fait bien, les apparences sont sauves.

Dan1

Bon d’accord, alors le bilan c’est : 63 000 – 150 + 100 MW (de déficit) = 62 950 MW. Donc, à bilan nul en puissance, il ne reste plus que 62 950 MW de nucléaire à convertir. On a gagné 50 MW dans l’opération. A raison de 50 MW par an, dans 1 259 ans on est sorti du nucléaire ! J’espère que d’ici là on en sera à la 4ième voire 5ième génération.

Dan1

Il est bien normal qu’on se préoccupe de foyer dans une centrale thermique. Donc 150 MW alimentent 440 000 foyers français. J’en conclue que les 63 000 MW du parc nucléaire doivent pouvoir alimenter 420 fois plus soit 185 millions de foyers. Le hic, c’est que la France ne comporte qu’environ 27 millions de foyers. Alors le parc nucléaire français alimente plus d’un tiers de l’Europe ? En plus, les 150 MW économise l’émission de 600 000 tonnes de CO2. Logiquement, le parc nucléaire économise 420 fois plus soit : 252 millions de tonnes de CO2. Vous vous rendez compte, le parc nucléaire français économise presque autant que les émissions de CO2 électrogène de l’Allemagne.

Sicetaitimple

Enfin une bonne idée! Garder la partie classique des centrales nucléaires, et remplacer le réacteur par une (ou des…) chaudière(s) biomasse! On va faire quelques quelques calculs très simples, en supposant qu’une telle installation à le même rendement que la conversion de Gardanne 4: Gardanne 4, 150MWe, environ 1MT de biomasse par an (je simplifie; Eon annonce 940.000)… Prenons 5000 MW ( Gravelines ou Paluel pour simplifier aussi), et supposons qu’on arrive au même rendement: 5000/150*1= 33Mt/an = 3800t/heure. Environ 1t/seconde…..de bois. un semi-remorque toute les 30secondes. Et là, on a fait une centrale de 5000MW, il n’y a plus que 12 fois plus à faire. Vous connaissez le potentiel de biomasse de la France ( ce qu’on peut-prélever en assurant le renouvellement du stock?) Si c’était simple…..

climax1891

En 2011, la France a consommée 480 TWh d’électricité. Le nucléaire a fournit 421,1 TWh Avec les économies d’énergie et l’amélioration de l’hydraulique, il reste à produire au maximun 250 TWh. Avec des centrales thermiques ayant un rendement de 42%, cela fait 600 TWh de biomasse ou environ 51-52 millions de TEP. La France métropolitaine a une superficie de 55 millions d’hectares. Donc 18,5 millions d’hectares de surfaces cultivées. 2.5 millions de terres agricoles non cultivées. 11 millions d’hectares de prairies. 15,6 millions d’hectares de forêts. Sachant que, par an, 1 hectares peut produire de 2,5 TEP (forêt classique) à 7 TEP (miscanthus giganteus), il faudrait utiliser les 5 millions d’hectares utilisés pour les exportations agricoles. Evidemment, avec les centrales à gazéification avec pile à combustible, les rendement seront encore meilleurs. Source RTE Le bilan électrique 2011

Sicetaitsimple

Excusez moi, je ne comprends pas le passage de 480TWh situation actuelle à “avec les économies d’énergie et l’amélioration de l’hydraulique, il reste à produire au maximum 250TWh”….Vous pouvez expliquer?

Oeildecain

. Et oui, vous trichez : 3 800 T/h = 11 400 MWH 11,4 GWH X 7 500 heures = 85,5 TWH ! et non pas les 32 TWH que produirait Gravelines Rien que les souches et houpiers qui sont actuellement perdus représentent de 5 à 7 tranches nucléaires …. Pour remplacer le nucléaire, il faudrait 9 millions d’has de forêts standards et moins de 6 millions d’ has d’agroforesterie … ! Et si l’on compte toutes les ENR qui vont arriver… Et si l’on compte toutes les économies enclenchées … le nucléaire est dores et déjà condamné ….

climax1891

En 2011, la France a consommée 480 TWh d’électricité. Le nucléaire a fournit 421,1 TWh. Avec les économies sur l’éclairage, le chauffage et la réfrigération, on peut économiser 140-150 TWh. Selon un rapport du Ministère de l’économie, l’hydraulique pourrait fournir 30 TWh supplémentaires. “Au total, les capacités actuelles combinées avec le rapport Pintat conduisent à un potentiel de nouveaux développements de près de 30 TWh/an”. Au total, les économies d’énergie et de nouvelles capacités de production hydraulique permettraient de réduire de 170-180 TWh les besoins en électricité nucléaire. Soit une baisse d’environ 40% sur 421,1 TWh. Donc, il reste 60% de la production d’électricité nucléaire soit environ 252,6 TWh. Ce sont ces 252,6 TWh d’électricité qu’il faudrait produire avec des centrales thermiques biomasses afin de remplacer les 252,6 TWh l’énergie nucléaire restant. Rapport sur les perspectives de développement de la production hydroélectrique en France.

Oeildecain

. Et que fait-on du potentiel hydraulique du fil de l’eau chaque mètre linéaire de fleuves et rivières de france a un potentiel moyen électrique de 7 MWH/an … Il suffit de multiplier par les longueurs totales de nos ruisseaux à fleuves … Le projet n’a pas été choisi par DCNS qui a préféré le cercle sous-marin, et EDF n’a même pas voulu en entendre parler, mais cela finira par sortir en Chine ou ailleurs … C’était un flotteur-turbine qui entrainait une génératrice que l’on pouvait mettre sur n’importe lequel flux d’eau … Combien de tranches ? ..

Dan1

Si cela est si facile de sortir du nucléaire en France, pourquoi nos amis Allemands n’utilisent-ils pas la même technique pour sortir du FOSSILE chez eux : On constate toujours un accroissement significatif de la production thermique FOSSILE avec un nouveau record absolu pour un mois de juillet. – janvier 2012 = 35,73 TWh fossiles. – février 2012 est le record absolu avec 38,87 TWh fossiles – mars 2012 = 34,59 TWh fossiles (chiffre provisoire mis à jour). – avril 2012 = 29,77 TWh – mai 2012 = 27,19 TWh – juin 2012 = 29,95 TWh – juillet 2012 = 29,73 TWh Au bilan, les sept premiers mois de 2012 représentent toujours un record pour la production d’électricité FOSSILE en Allemagne avec un total de 227,6 TWh FOSSILE. ” que fait-on du potentiel hydraulique du fil de l’eau chaque mètre linéaire de fleuves et rivières de france a un potentiel moyen électrique de 7 MWH/an …” Ben alors, ils ont pas de rivières nos voisins ?

climax1891

Le rendement moyen des centrales au charbon allemandes est de 38% contre 30% en moyenne dans le monde. Le rendement des nouvelles centrales allemandes est de 43%. Ces centrales à 43% de rendement émettent 27% de CO2 en moins pour chaque kWh produit.

Ambiel

Et pour rebondir là dessus, voici ma réponse à Dan1 sur le même sujet sur un autre post : On peut dire ce que l’on veut, les ENR sont à presque 20% en Allemagne, leur objectif 2020 qui est de 35% vient d’être remonté à 40% et chauque KWh ENR remplace du fossile ou du fissile qui devrait être produit sans cela. Le Gaz remplace aussi du charbon et c’est tant mieux, ça pollue 2 à 3 fois moins. Vous regrettez une seule chose, par idéologie, c’est qu’ils envoient le signal au monde d’un abandon possible du nucléaire. Vous faites exprès de faire l’amalgame gaz/charbon pour ne pas reconnaître la chute très importante de la part du charbon alors même que la conso a un peu augmenté. Si vous regardez le doc de la DENA, vous verrez qu’ils ont prévu la fermeture d’ici 2030 en net de 20GW de charbon (les nouvelles construction en compensent que pour moité les fermetures) et de 4GW de fioul mais par contre ils ont prévu de constuire 30GW de gaz, pour l’essentiel des pickers (quelques centaines d’heures de fonctionnement par an – moins de 2000H- pour compenser les ENR). Et 20GW de nucléaire en moins. En 2020 il y aura déjà en net 10GW de charbon en moins, 4GW de fioul en moins, 15 GW de gaz en plus et 12GW de nucléaire en moins. p80 : … ion_EE.pdf Au final le nucléaire et le charbon vont être remplacés par des ENR et du gaz. On atténue 2 problèmes : les déchets radioactifs et la pollution du charbon.

Dan1

C’est sûr qu’avec plus de 300 millions de tonnes de CO2 (et autres polluants) émises par an pour produire de l’électricité, l’Allemagne est, en absolu, le pays européen qui a le plus gros potentiel de réduction des émissions électrogènes. La France est beaucoup plus mal lotie avec seulement 27 millions de tonnes de CO2 en 2011. Paradoxalement, la France possède un fort potentiel d’augmentation des émissions de CO2 électrogène…. si on fait n’importe quoi.

Ambiel

Et dans 10ans quand il faudra prendre la décision de remplacer le parc de production actuel, on fera quoi? On suivra une logique économique et on fera donc du charbon et du gaz ou alors on fera exploser la facture en faisant du nucléaire ou des ENR?

Dan1

Selon vous, faire des EnR fera exploser la facture ? Pour ce qui concerne le parc de production nucléaire actuel, on peut aller au-delà de 2022.

Sicetaitsimple

Mais OeildeCain= amateur.. Je ne triche pas, c’est juste vous qui ne savez pas que dans une centrale , l’énergie thermique est convertie en energie electrique avec un rendement variable selon les technologies…disons environ 33% dans une centrale nucléaire. Mon exemple n’avait pour but que de démontrer l’absurdité complète des discours qui voudraient prouverr que la biomasse pourrait remplacer la production electrique centralisée de gande puissance, qu’elle soit nucléaire, charbon ou gaz…. Je maintiens donc qu’une tonne/seconde de biomasse bois permet de produire environ 5000MW d’électricité et qu’il suffit juste pour ça d’avoir un semi-remorque de 30t déchargé toutes les 30s à Gravelines ou Paluel reconfigurés. Fastoche donc. Mais si vous le faites en unités de 10MW décentralisées, ça ne change pas grand chose au total….Les camions sont justes mieux répartis sur le territoire. Avant de traiter les gens de tricheurs, réfléchissez, merci.

Sicetaitsimple

“En France, on a consommé 480 TWh. Avec les économies sur le chauffage, la réfrigération, l’éclairage, on peut économiser 140-150TWh. Et l’hydraulique peut faire 30TWh de plus”. Ben voyons, vachement simple….Du moment que vous dites “on peut”, vous croyez qu’on va vous croire? Allez-y, expliquez-nous.

Sicetaitsimple

C’est vrai qu’avec vous tout est simple… Donc 7MWh/an potentiel ( en plus) pour chaque mêtre linéaire de fleuve? Expliquez nous….

Sicetaitsimple

J’imagine qu’on peut ausi économiser un tiers ( c’est en gros votre ratio pour l’electricité) pour les combustibles liquides en général, transport et domestique, et le gaz naturel dans tous les autres domaines… Si vous pouviez nous expliquer comment on fait tout ça en même temps ( avec des chiffres, bien entendu, sinon on est dans l’irrationel), je pense que ça interesserait beaucoup de monde. PS: votre rapport sur l’hydraulique en France date de 2006. Depuis, il y a eu la Directive cadre sur l’eau, les débits réservés,….Aujourd’hui, la tendance est plus (en France) à réduire la production qu’à l’augmenter.Faut suivre….Mais si vous voulez vous lancer dans la construction de nouvelle retenues, bravo! Bon courage quand meme.

climax1891

Prenons la consommation d’électricité en France en 2008 Eclairage 45,5 TWh Chauffage électrique : 72,5 TWh Eau chaude sanitaire : 24,5 TWh Climatisation : 16 TWh Réfrigération 24,6 TWh Economie sur l’éclairage 30 TWh (En utilisant les solutions proposées par L’Agence internationale de l’énergie) Arrêt du chauffage électrique, une économie de 80-90 TWh Economie sur la réfrigération et la climatisation 30 TWh (Les nouveaux réfrigérateurs A+++ consomment 3 fois moins que les réfrigérateurs class B) Soit au total une économie de 140 à 150 TWh Source

Dan1

“Arrêt du chauffage électrique, une économie de 80-90 TWh” Je trouve assez curieux de raisonner comme cela, car arrêter de faire du chauffage électrique dans le résidentiel (environ 50 TWh) et le tertiaire, outre que c’est irréaliste, ne résoud rien au niveau du bilan énergétique global car il faut le remplacer par autre chose (du gaz ?). Ce qui existe déjà ne sera pas si facilement réorienté (on ne gagnera donc pas 50 TWh et encore moins 90). Dans la construction neuve, le chauffage électrique à effet joule a déjà décliné. De toute façon, il s’agit d’un transfert d’usage qui risque de pénaliser la facture énergétique de la France. Mais pourquoi donc vouloir réduire à marche forcée la consommation d’électricité, alors que l’on sait que ce vecteur d’énergie pourrait au contraire bénéficier de transfert d’usages lors du développement progressif de l’électrification des transports. D’autres part,vouloir réduire drastiquement la consommation d’électricité c’est manifester un manque de confiance évident dans le développement massif des EnR électrogènes dont les plus emblématiques (l’éolien et le photovoltaïque) nous promettent des lendemains qui chantent. Encore une fois, le débat énergétique est électrocentré pour des raisons dogmatiques et ne permet pas d’élevé le débat au niveau où il doit se trouver le mix énergétique avec une priorité absolue pour la France : réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Sicetaitsimple

A Dan1: pas mieux…. A climax: je repose ma question d’hier à 22h38. Pourquoi faites vous un focus sur l’electricité? Pourquoi ne pas interdire le chauffage au gaz, puisque vous voulez interdire le chauffage electrique? Quelles sont les consommations de chauffage, d’ECS assurés par du gaz ou du fioul. Quelle est la consommation de produits pétroliers dans le transport? Il faudrait peut-être arréter d’autoriser cette consommation. Je disais hier sur un autre fil qu’il m’étonnerait fort que nos voisins allemands (ou Danois) soient dans un scénario Négawatt…Eux au moins ont la cohérence de penser que si ils veulent continuer à faire de plus en plus de renouvelable intermittent, il va leur falloir substituer des consommations fossiles par des consommations electrogènes. PS:Sur la diminution de consommation de l’éclairage ou des consommations des frigos, ça se fera quelque soit le bouquet énergétique, il n’y a pas de débat de ce point de vue.

Dan1

A Sicetaitsimple : Je me suis permis de répondre car j’avais quelques éléments. Je suis évidemment d’accord avec vous sur le fait que les pays de la vertu électrique n’ont pas envie de réduire leur confort et qu’ils utiliseront à leur guise les énergies fossiles qu’ils jugeront nécessaire. Rappelons que le Danemark est un pays qui : – produit 10 fois plus de pétrole que la France, – produit 10 fois plus de gaz que la France, – a 13 fois moins d’habitants que la France, Accessoirement, ce pays alimente la mondialisation via ses porte conteneurs. Il reconnaît lui-même que les émissions de CO2 induite par ces activités sont énormes per capita : Pour l’Allemagne : On voit bien depuis longtemps que les Allemands n’ont aucune envie de se restreindre en matière énergétique surtout si cela doit avoir une répercussion négative sur l’économie et notamment sur le solde exportateur qui leur permet de ne pas creuser de déficit. L’intensité énergétique de l’industrie peut progresser à condition que la production ne fléchisse pas. Ils font tout pour faire croire qu’ils sont déjà verts alors qu’ils sont, comme les autres, noirs à 90% de leur mix énergétique. Ils espèrent être seulement noirs à 80% en 2020… malgré les énormes efforts entrepris ! Pendant ce temps là, ils continuent bien évidemment à exploiter le lignite national dont ils ont 350 ans de réserve et qu’ils n’envisagent pas une minute d’abandonner. Je vous redonne le lien vers le rapport parlementaire qui synthétise cela : Je reprends la passage intéressant du rapport : “Le lignite : pilier de la production électrique allemande Mais si la part du gaz – de 14 % en 2010 – dans la production électrique allemande augmentera inexorablement dans les prochaines années, celle du charbon – de 43 % en 2010, dont 24 % pour le lignite et 19 % pour la houille – demeurera encore longtemps prépondérante. En effet, si l’Allemagne, faute de réserves suffisantes de houille (estimées en fin 2008 à 99 millions de tonnes exploitables), importe les deux tiers de sa consommation annuelle (49 millions de tonnes en 2009), le charbon allemand provient majoritairement (à hauteur de 170 millions de tonnes en 2009) des mines de lignite rhénanes. Nous avons pu constater directement, à quelques kilomètres de Cologne, sur le site d’extraction de Garzweiler et dans la centrale de Niederaussem, les efforts considérables déployés pour assurer une exploitation optimale de cette importante ressource nationale dont les réserves sont garanties pour 350 ans. Nous avons, dans un premier temps, été impressionnés par le bouleversement des paysages, sur une étendue de plusieurs dizaines de kilomètres carrés, résultant de l’exploitation de cette mine rhénane à ciel ouvert par la société RWE, l’un des quatre grands producteurs d’électricités allemands. La technique progressivement développée depuis les débuts, voici près d’un siècle et demi, de cette activité, permet l’accès à des veines d’une épaisseur de soixante-dix mètres par endroits, parfois recouvertes de strates d’argile et de gravier plus profondes encore. Des excavateurs à godets gigantesques, longs de plus de deux cents et haut de près de cent mètres, pesant plus de treize mille tonnes, peuvent chacun déplacer, en une seule journée, deux cent mille tonnes de minerai, acheminé sur des convoyeurs, puis un réseau ferré dédié, jusqu’aux centrales électriques. Rien ne semble devoir s’opposer à l’activité d’excavation de ces titans, pas même lesvillages ou les routes situés sur leur chemin, déplacés avant leur passage pour être reconstruits, quasi à l’identique, un peu plus loin, alors que le reboisement permanent permet de recréer le paysage en quelques années. Cette acceptation par nos voisins d’une activité industrielle traditionnelle, dont l’empreinte sur les paysages et sur les vies pourrait pourtant apparaître insupportable de ce côté-ci du Rhin, s’explique pour partie par les quelques 11.600 emplois directs et 100.000 emplois indirects créés dans la région. Elle est aussi confortée par les techniques de réaménagement de l’environnement élaborées au fil des décennies qui permettent de retrouver, à terme, un cadre propice au développement de la flore et de la faune de la région. Nous avons, dans un deuxième temps, trouvé, dans la dernière chaudière, entrée en fonction en 2003, de la centrale électrique au Lignite de Niederaussem un nouveau témoignage des capacités d’innovation de l’industrie allemande. Fonctionnant à une température (600º C) et une pression (250 bar) élevées, cette chaudière, d’une puissance de 1.000 MW, dotée d’un système filtrant 99 % des rejets soufrés, atteint un rendement de 43 % (contre moins de 40 % pour la génération précédente). L’opérateur RWE expérimente sur le site plusieurs technologies destinées à en réduire encore les rejets : déshydratation préalable du lignite, capture du gaz carbonique en post-combustion, ou encore réutilisation de celui-ci comme accélérateur de croissance d’algues. L’opérateur prévoit d’ores et déjà, pour 2015 et 2020, deux nouvelles générations de chaudières au lignite, toujours plus performantes et moins polluantes. Les investissements réalisés dans cette technologie et ceux déjà prévus démontrent que l’Allemagne n’est pas prête à renoncer à la sécurité procurée par une réserve de plusieurs siècles, au rythme actuel de production, en lignite, qui peut lui permettre de faire face avec confiance aux imprévus de l’approvisionnement en gaz ou aux retards éventuels dans le développement des énergies renouvelables.” On peut donc raisonnablement espérer une exploitation moins polluante du lignite… pour les siècles prochains.

Sicetaitsimple

Vous connaissez mon avis sur le lignite allemand depuis longtemps. Il converge avec le votre sur le fait que nos voisins ne sont pas prêts de s’en priver. Il diverge un peu sur l’impact de cette exploitation en termes de pollution compte-tenu des progrès faits sur les centrales en matière d’équipements de contrôle ( si on met à part les émissions de CO2 mais là même nos amis allemands sont de plus en plus des petits joueurs dans la cour des émissions mondiales, cf l’animation de l’EIA d’il y a quelques jours). Les impacts locaux liés à l’extraction me paraissent également à peu près maitrisés.Bien entendu comme rappelé dans le rapport parlementaire c’est relativement “”visible” et certainement traumatisant pour quelques villages, même si les conditions matérielles de déplacement et les indemnisations qui vont avec sont particulièrement confortables . Mais les Allemands gèrent et assument, après tout c’est certainement plus vertueux que d’importer du charbon russe,colombien ,indonésien ou sud-africain sans trop se préoccuper des conditions dans lesquelles il est extrait. Il n’en demeure pas moins et là nous nous rejoignons complètement que le décalage entre la représentation qu’ont certains de la situation énergétique allemande et la réalité des chiffres globaux est effectivement une source d’étonnement permanent!

climax1891

En France, le chauffage (donc le chauffage au fioul, au gaz naturel et électrique) représente environ 25% de l’énergie consommée en France (environ 43 millions de TEP sur 170 millions de TEP consommés). Chauffage au gaz : 15 millions de TEP Chauffage au fioul : 10 millions de TEP Chauffage électrique : 8,5 millions de TEP Chauffage au bois : 7-8 millions de TEP 85% du chauffage concerne le chauffage des espaces (37 millions de TEP) contre 15% le chauffage de l’eau sanitaire (6 millions de TEP). Donc, à terme, avec la généralisation de l’isolation, il y a de quoi largement se passer du chauffage électrique, du chauffage au gaz et du chauffage au fioul, ceci jusqu’à la fin des temps. En attend, les chaudières biomasses (20 millions de TEP de biomasse en 2020), les chauffe-eau solaires (4,5 TEP de chaleur par an pour 100 m2 à Lyon) et les pompes à chaleur récupérant la chaleur des eaux usées (un COP de 6) permettent déjà de faire de grosses économies.

Dan1

Pour Sicetaitsimple. Le lignite Allemand est plus vertueux qu l’importation de charbon, soit… mais les Allemands jouent sur les deux tableaux à la fois car l’importation de charbon n’est pas négligeable : Selon l’AGEB, en 2009, l’Allemagne à produit 1 528 713 TJ (425 TWh) de lignite. Dans le même temps, elle a produit 414 577 TJ de charbon (115 TWh) et en a importé 1 013 162 TJ (281 TWh) soit au total 396 TWh de charbon. Bien sûr, tout ce charbon noir et brun ne sert pas exclusivement à la production électrique (je vous laisse découvrir les usages dans le tableau).

Dan1

Pour climax1891. Bon d’accord à la fin des temps, les français n’auront plus besoin de chauffage. En attendant, la priorité, elle est où ? Eradiquer le chauffage électrique ou le chauffage au fioul ? la fondation Nicolas Hulot a déjà répondu à cette question !

Sicetaitsimple

vos chiffres sont interessants mais comme souvent il serait mieux d’avoir un lien vers la source, ça permet d’avoir un dialogue plus constructif . au delà de la remarque judicieuse de Dan1, j’ajouterais qu’on pourrait même se passer de chauffage biomasse à terme, non? Yaka donc isoler, le problème c’est que la durée moyenne de renouvellement d’un parc immobilier fait que les choses ne vont pas aussi facilement de soit et que pour l’existant c’est pas donné. Sur les 20MTEP de biomasse en 2020, etes vous sûr que c’est homogène aux 7-8 que vous citez dans les usages chauffage? J’ai juste un peu peur que la même biomasse ne soit vendue 3 fois ( chauffage, electricité, agrocarburants de 1er, 2eme ou 3eme génération). Des sources SVP.

Sicetaitsimple

Vous avez raison concernant la situation actuelle. Mais je pense qu’au delà des constructions déjà engagées, dont nous avons déjà parlé, il y aura peu de place pour de nouvelles centrales “hard coal”, parce que simplement elles ne seront plus rentables, car pas assez souvent appelées. Ce n’est pas à quelqu’un qui consulte régulièrement “EEX transparency” (sur les conseils de qui?) que je vais apprendre que le “hard coal” en Allemagne est de moins en moins en base. La solution de remplacement pour la semi-base, ce sera le gaz. Et pour la vrai base, ca continuera sur du vrai lignite home made.

dede29

Il ne faut pas arreter une centrale nucléaie en France tant qu’il y aura une centrale à lignite en allemagne !

Luis

Du 16e au 19e siècle, c’est l’avancée des glaciers qui obligeait a déplacer les villages … sans indemnisations confortables. Après la période de recul des glaciers du Moyen âge, on va assister à une nouvelle phase de refroidissement nommée “Petit Age glaciaire” qui correspond à une période allant de 1550 à environ 1850 (combien de CO2 au Moyen âge ?). Les populations redescendent dans les vallées. Du bas, ils contemplent ces montagnes et ces glaciers d’un air plutôt effrayé. Les archives de Chamonix témoignent, de façon documentée depuis 1580, des avancées et des reculs des glaciers, avec villages menacés ou ensevelis. En 1860, le glacier se trouvait aux portes du village d’Argentière. Réchauffement climatique ? La teneur en CO2 a-t-elle beaucoup varié entre 1580 et 1860 ?

climax1891

Voici les chiffres détaillés du chauffage dit “de confort” pour 2007. C’est à dire, le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la chaleur pour la cuisson. Pour le résidentiel : 40,3 millions de TEP. – Chauffage : 32,6 millions de TEP donc gaz naturel : 12,4 millions de TEP Fioul : 7,5 millions de TEP Bois : 7,2 millions de TEP Electrique : 4,3 millions de TEP – Eau chaude sanitaire : 4,8 millions de TEP donc gaz naturel : 1,8 millions de TEP Fioul 0,8 millions de TEP Electrique : 1,9 millions de TEP et 3 millions de TEP pour la cuisson Pour le tertiaire : 16,2 millions de TEP – Chauffage : 12,5 millions de TEP Donc gaz naturel : 5,6 millions de TEP Fioul : 2,7 millions de TEP Electrique : 2,8 millions de TEP – Eau chaude sanitaire : 2,3 millions de TEP donc gaz naturel : 1 million de TEP Fioul 0,6 millions de TEP Electrique : 0,6 million de TEP et 1,5 million de TEP pour la cuisson. Soit au total 20,8 millions de TEP pour le gaz naturel 11,6 millions de TEP pour fioul 9,6 millions de TEP pour l’électrique Enfin, pour la biomasse, sa consommation finale thermique s’élève à 8,23 Mtep en 2007. Voir Programmation pluriannuelle des investissements de production de chaleur DIRECTION GENERALE DE L’ENERGIE ET DU CLIMAT Ces chiffres sont un peu élevés que ceux de l’ADEME, surtout pour le chauffage au gaz.

Dan1

A Luis. Sacré climat ! pour ce qui concerne les glaciers de Chamonix, je vous conseille vivement la lecture de l’histoire du climat depuis l’an mil d’Emmanuel Le Roy Ladurie. La destruction des villages y est très bien décrites, mais il y avait peu d’habitants. Et je ne vois pas trop le rapport avec la destruction des villages Allemands pour creuser des gigantesques mines de lignite.

Luis

Pour ma part, j’ai déjà lu l’histoire du climat depuis l’an mil d’Emmanuel Le Roy Ladurie. Version de poche et version intégrale. Certains numéros de l’Annuaire du Bureau des longitudes présentent aussi de l’intérêt. La plupart des journalistes et autres commentateurs sur le “réchauffement climatique” pourraient tirer profit de telles lectures pour relativiser leurs propos alarmistes.

Sicetatsimple

C’est beaucoup mieux avec des sources. Ca permet au moins de confirmer que les 20MTEP de biomasse que vous citiez ne sont pas homogènes aux 7-8 de chauffage. On remarquera au passage que le chauffage electrique est un petit joueur, sauf dans la production d’ECS et là on peut souhaiter que sa part augmente si le pourcentage de PV ou d’éolien dans la production d’électricité fait de même Alors on commence par quoi, au-delà des mesures d’isolation qui vont toucher l’ensemble? Pas vraiment de doute…. C’est bien le fioul qui doit être la première cible, pour son coût, pour ses performances environnementales médiocres, pour un réequilibrage du raffinage en France ( le FD, c’est du gasoil) et de la balance commerciale. Etes vous d’accord pour considérer que c’est une priorité par rapport à l’éradication du chauffage electrique?

climax1891

En 2006, la biomasse fournissait 10 millions de TEP d’énergie finale Le Grenelle de l’environnement prévoit 22 millions de TEP d’énergie finale en 2020. Soit 16,4 millions de TEP de chaleur en 2020 contre 9,25 millions de TEP en 2006 Avec aussi 4 millions de TEP de biocarburants en 2020. A titre personnel, je préfère que l’on développe le fret ferroviaire et le transport fluvial par péniche (le moyen de transport qui consomme le moins d’énergie et, en plus, il ne cause pas d’usure des routes et des rails). Ceci afin de réduire la consommation du transport routier de fret soit environ 20 millions de TEP en 2000 Potentiel d’évolution de la biomasse en consommation énergétique finale à l’horizon 2020 en France CO MOP n°10 du Grenelle de l’environnement

Sicetaitsimple

Je n’avais pas vu cette contribution de dernière minute.. “la consommation de base est vouée à disparaitre” vous dites nous..Bah non, mais vous vouliez peut-être parler de la production et non de la consommation? Je vous rassure dans ce cas là pour le lignite, il faudrait d’abord que les energies renouvelables électrogènes absorbent d’ici 2022 l’arrêt de plus de 10000MW de nucléaire en base. C’est déjà un challenge conséquent. On ne pourra eventuellement envisager une baisse du lignite home made qu’après cette échéance.

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