Le développeur américain Energy Vault a sécurisé un contrat de services énergétiques pour un système de batteries de 100 MW/870 MWh à Ebor, en Nouvelle-Galles du Sud. Ce projet, évalué à 310 millions de dollars australiens, s’inscrit dans la stratégie d’expansion du groupe sur le marché australien et devrait entrer en service en 2028, générant jusqu’à 60 emplois directs pendant la phase de construction.
Dans le paysage énergétique australien en pleine mutation, la Nouvelle-Galles du Sud accueille un nouveau projet de stockage par batteries qui témoigne de l’accélération des investissements dans les infrastructures de flexibilité. Energy Vault, société américaine spécialisée dans les solutions de stockage d’énergie, vient de franchir une étape décisive avec la signature d’un contrat de services énergétiques à long terme pour son projet Ebor, d’une capacité de 100 mégawatts pour 870 mégawattheures.
Une stratégie d’expansion méthodique
L’annonce s’inscrit dans une séquence d’implantations successives pour Energy Vault sur le territoire australien. L’année dernière, le groupe avait déjà acquis le projet Stoney Creek, d’une puissance de 125 MW pour 1 000 MWh, également situé en Nouvelle-Galles du Sud. Leur approche progressive permet à l’entreprise de consolider sa présence sur un marché en forte croissance, où les besoins en capacité de stockage augmentent parallèlement au développement des énergies renouvelables intermittentes.
Le projet Ebor représente un investissement de 310 millions de dollars australiens. Energy Vault détient une option exclusive d’acquisition et de construction, qu’elle prévoit d’exercer après l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. La société travaille en partenariat avec Bridge Energy, son partenaire local de développement, qui a mené les phases initiales du projet.
Une réponse aux défis du réseau
Situé dans la région de la Nouvelle-Angleterre, le système de batteries d’Ebor est conçu pour fournir huit heures de capacité acheminable. La caractéristique technique le positionne comme un outil de renforcement du réseau électrique, particulièrement utile dans un contexte de fermeture progressive des centrales à charbon vieillissantes. Le système se rechargera pendant les périodes de surproduction d’énergie renouvelable et se déchargera lors des pics de demande, contribuant ainsi à stabiliser le réseau.
La technologie employée repose sur l’architecture B-VAULT d’Energy Vault, associée au logiciel de gestion Vault-OS. Leur combinaison vise à optimiser la valeur des actifs tout en garantissant des performances élevées sur des cycles de charge et décharge répétés. « Nous allons continuer à mettre en œuvre notre stratégie de croissance en Australie en sécurisant des projets d’infrastructure de stockage d’énergie attractifs et à long terme », explique Robert Piconi, président et directeur général d’Energy Vault.
Un modèle économique intégré
Energy Vault développe une approche originale dans le secteur du stockage d’énergie. Plutôt que de se contenter de vendre des équipements, l’entreprise privilégie un modèle « posséder et exploiter » via sa plateforme Asset Vault. Leur stratégie lui permet de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis le développement jusqu’à l’exploitation, en passant par la construction et la maintenance.
Ce modèle présente plusieurs avantages. Il génère des revenus récurrents sur la durée de vie technique des installations. Il permet également à Energy Vault d’optimiser les performances de ses systèmes grâce à une connaissance approfondie de leur fonctionnement. Enfin, il offre une visibilité financière à long terme, attrayante pour les investisseurs.
Des retombées locales significatives
Le projet Ebor n’est pas seulement une infrastructure technique ; il s’accompagne d’un volet social et économique important. La phase de construction devrait générer jusqu’à soixante emplois directs, une manne non négligeable pour une région rurale comme la Nouvelle-Angleterre. Mais au-delà de ces emplois temporaires, le projet prévoit des contributions continues à un fonds dédié au développement local, baptisé « New England Future Fund ».
« Le BESS d’Ebor est un projet de haute qualité qui fournira une énergie fiable tout en apportant des avantages économiques à long terme aux communautés locales », souligne Daniel Hamel, directeur général de Bridge Energy. La dimension sociale répond à une exigence croissante des autorités australiennes, qui conditionnent de plus en plus l’octroi des autorisations à l’impact positif des projets sur les territoires.
Un contexte réglementaire favorable
Le développement du projet Ebor s’inscrit dans le cadre de la Feuille de route relative aux infrastructures électriques de la Nouvelle-Galles du Sud. Ce document stratégique, publié par le gouvernement de l’État, vise à accompagner la transition énergétique en identifiant les besoins en nouvelles infrastructures et en créant un environnement réglementaire propice aux investissements.
Le contrat de services énergétiques à long terme (LTESA) signé pour Ebor constitue un élément clé de leur stratégie. Ce type de contrat garantit aux développeurs une rémunération stable sur une période prolongée, réduisant ainsi les risques financiers et facilitant le financement des projets. Il s’agit d’un mécanisme de plus en plus utilisé par les autorités australiennes pour attirer les investisseurs dans le secteur des énergies renouvelables et du stockage.
Une expansion internationale
L’Australie n’est qu’une pièce du puzzle pour Energy Vault. La société développe simultanément des projets en Amérique du Nord, avec notamment le SOSA Energy Center (150 MW/300 MWh) et le BESS de Cross Trails (57 MW/114 MWh). La diversification géographique permet à l’entreprise de répartir ses risques et de bénéficier de différentes dynamiques de marché.
La plateforme Asset Vault, qui sous-tend leur stratégie d’expansion, se présente comme un modèle évolutif pouvant être déployé dans différents contextes réglementaires et techniques. Son succès dépendra de sa capacité à s’adapter aux spécificités locales tout en maintenant une approche standardisée sur les aspects technologiques et opérationnels.
Le projet Ebor devrait entrer en service en 2028, après une phase de développement et de consultation locale actuellement en cours. Son implantation en Nouvelle-Galles du Sud confirme l’attractivité de cette région pour les investissements dans le stockage d’énergie, attirée par ses ressources renouvelables abondantes et son réseau électrique en transition. Dans un pays où la question de la sécurité d’approvisionnement reste prégnante, ces infrastructures de flexibilité joueront un rôle déterminant dans la stabilité future du système électrique.



















